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22 novembre 2008
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Entretien : l’UE a besoin d’une « âpre bataille » pour les élections de 2009 [FR][en][de

Publié: jeudi 31 juillet 2008   

Il faut que les partis basent les élections européennes de juin prochain sur des questions véritablement européennes et qu’ils se mènent une âpre bataille afin de raviver l’intérêt des électeurs indifférents. C’est ce qu’a déclaré l’eurodéputée italienne Monica Frassoni, co-présidente du groupe Les Verts/Alliance libre européenne, dans un entretien à EurActiv. 

Mme Frassoni estime que ce sont les gouvernements nationaux et le désintérêt des médias qui sont responsables de la chute du taux de participation aux élections européennes. « En Europe, la politique représentative souffre d’un problème d’ensemble [et] en général, on assiste à une baisse de la participation à toutes les élections », fait-elle remarquer. Elle estime en outre que la situation est « encore plus marquée au niveau européen ». 

D’après Mme Frassoni, le problème tient en partie au fait que les gens n’ont pas l’impression de pouvoir influencer l’UE, perçue comme trop distante et puissante. Ils ne se rendent dès lors pas vraiment compte des différences entre le Parlement, la Commission européenne ou le Conseil des ministres, trois institutions qui sont en effet appréhendées comme une seule et même entité. 

« Les gens ne se rendent pas compte qu’ils peuvent avoir un impact au Parlement », regrette Mme Frassoni. « Le Parlement a beau avoir plus de pouvoir, cela n’affectera pas les électeurs tant qu’ils ne perçoivent aucune différence. A mon avis, le meilleur moyen d’amener les électeurs aux urnes est de les aider à comprendre qu’il y a un pouvoir à partager ».

Mais Mme Frassoni a également critiqué les gouvernements nationaux. Elles les considèrent comme largement responsables pour le faible taux de participation aux élections européennes. « Quand on dit aux gens que ce sont les gouvernements et les Parlements nationaux qui fournissent le véritable travail et que l’Europe ne fait que de mauvaises choses, il n’est évidemment pas facile de les motiver à aller voter ».

Election du président de la Commission ?

Afin de raviver l’intérêt des électeurs, Mme Frassoni aimerait voir la campagne de l’année prochaine « débattre de problèmes concrets, pas des questions générales, mais plutôt des positions concrètes de politique partisane qui soient importantes aux yeux des gens ». 

Elle a à nouveau exposé l’idée radical des Verts de tenir une élection véritablement européenne : « J’aimerais tellement assister à de formidables campagnes avec des listes transnationales pour les partis européens et un candidat à la présidence de la Commission européenne en tête de liste. Nous devons nous rapprocher de cette situation ».

Alors que Mme Frassoni a admis que cela ne sera probablement pas le cas en 2009, elle a toutefois souligné que « les différents partis, même s’ils ne présentent qu’une liste nationale, pourraient faire campagne les uns contre les autres en proposant différents candidats à la présidence de la Commission. Cela donnerait un vrai sens politique à l’ensemble du processus et placerait le débat dans une sphère plus européenne ». 

Elle a ensuite mentionné la campagne paneuropéenne du parti des Verts de 2004. Au niveau national, les candidats avaient alors pu choisir d’adopter un « look » et des messages de campagne communs. « Je crois que les partis [écologistes nationaux] qui ont décidé d’avoir recours à cette dimension européenne lors des élections de 2004 y ont vraiment gagné. C’est le cas des partis français et allemand ». Cependant, Mme Frassoni ne s’est pas montrée tendre à l’égard des partis qui ont refusé d’adopter la campagne européenne commune : « Ceux qui ne l’ont pas fait, comme les Italiens, ont fait une erreur. Selon moi, c’était stupide de leur part ». 

Surfer sur la vague du « vert »

Mme Frassoni a également critiqué les autres partis européens qui surfent sur la vague du « vert » sans avoir fait le nécessaire pour que leur discours soient suivis d’actions concrètes. « La réalité, c’est que les gens parlent, mais leurs politiques ne vont pas assez loin. Lorsqu’ils abordent ces sujets, tout ce qu’ils proposent, ce sont des politiques « fades » qui font consensus. Le message qu’ils transmettent est : ”En effet, le changement climatique est en cours, mais au lieu de faire ce que les Verts nous disent de faire, comme réduire la consommation, développer de nouvelles technologies automobiles ou investir dans les renouvelables, nous réduisons les taxes sur les produits pétroliers, rendons les voitures un peu moins polluantes ou avançons le calendrier nucléaire” ». 

Pour lire la version complète de l’entretien, cliquez ici.

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