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Mettre une annonceAprès des semaines de querelles à propos du successeur à leur leader sortant François Hollande, les Socialistes français éliront un nouveau chef de file demain 20 novembre. Quel que soit le résultat du vote, le parti en sortira divisé, tandis que l’impact sur sa politique européenne et sur les prochaines élections européennes sera considérable.
Le Parti socialiste français (PS) doit choisir un nouveau dirigeant ce jeudi (20 novembre) pour remplacer son premier secrétaire sortant François Hollande.
Les délégués se sont réunis à Reims pour leur congrès annuel de trois jours (14-16 novembre). Pour le parti, il s’agissait de se lancer sur un nouveau chemin en vue de devenir une force politique alternative lors des prochaines élections de 2012.
Or, les rivalités et les politiques factieuses ont empêché les délégués d’aboutir à un consensus clair quant aux plateformes politiques et de s’unir derrière un candidat potentiellement fort.
Les trois candidats au poste de premier secrétaire sont Benoît Hamon, leader de la faction de gauche du parti, Martine Aubry, maire de Lille et fille de l’ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, ainsi que Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidence et présidente de la région de Poitou-Charentes.
Avant le congrès socialiste du week-end dernier et la nomination imminente de leur chef de file, les Socialistes français se sont réunis pour présenter leurs visions quant à l’avenir de la politique européenne du parti lors d’une « université d’été », a indiqué EurActiv France.
La question européenne sème quelque peu la discorde au sein du Parti socialiste. Alors que de nombreux parlementaires affichent un soutien résolu au projet européen, d’autres membres du parti préfère omettre totalement la question.
Rapprocher l’Europe des citoyens…
La plupart des Socialistes ont convenu qu’il y avait toujours des divergences entre l’UE et ses citoyens. Mme Royal, candidate au poste de leader du parti, a d’ailleurs rejeté la notion selon laquelle le projet européen pourrait aboutir sans les citoyens européens. A la place, il faudrait une « consultation européenne, s’adressant directement aux peuples des 27 Etats membres », a-t-elle estimé.
« L’Europe ne peut se construire sans les peuples », a affirmé le parlementaire socialiste Marc Dolez. Quant à Pierre Moscovici, il a évoqué la « crise d’identité » de l’Europe et le « divorce avec ses citoyens ».
De leur côté, Jean-Luc Mélenchon et Gérard Filoche souhaitent que les élections au Parlement européen de juin 2009 aboutissent à la création d’une « Assemblée constituante européenne » qui « permettra une véritable réappropriation populaire du projet européen ».
D’autres estiment qu’il est temps pour les leaders européens d’arrêter de s’enliser dans les questions institutionnelles. « Le problème posé à l’Europe aujourd’hui est donc moins le comment faire mais le quoi faire, il est le contenu de ses politiques », a indiqué Gérard Collomb.
…en promouvant une « Europe sociale »
Un grand nombre de Socialistes français se sont ralliés à la notion « d’Europe sociale », déclarant que les mesures de l’UE en matière de politique sociale devraient mieux répondre aux préoccupations actuelle des citoyens. Pour Marylise Lebranchu, il faut que l’Europe soit « capable de réguler le capitalisme et ses méfaits », faisant ainsi écho au récent appel du président Nicolas Sarkozy à une « refonte du capitalisme » (EurActiv 22/10/08).
La candidate au poste de secrétaire Mme Royal définit l’Europe sociale comme « une Europe qui n’empêche pas les Etats de décider du niveau de solidarité qu’ils souhaitent ».
Mais le membre du PS Pascal Jacquemin va plus loin en exigeant une « Europe sociale où […] des lois d’uniformisation permettraient l’égalisation progressive des salaires, la hausse du pouvoir d’achat des salariés et une moralisation des profits de l’entreprise ». « Seule l’Europe sociale peut assurer l’avenir de l’Europe », a déclaré Gérard Filoche, appelant à ce qu’un salaire minimum unique soit fixé.
Stimuler la gouvernance économique européenne
Marylise Lebranchu a appelé à l’intégration de la Banque central européenne (BCE) dans « un gouvernement économique européen ». Benoît Hamon, quant à lui, déplore que l’indépendance de la banque empêche l’Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de l’eurozone, de « conduire la politique de change en Europe ».
D’autres membres souhaitent une hausse du budget communautaire entre 1,5 et 2 % du PIB des Etats membres, contre 1 % aujourd’hui. Le dirigeant sortant François Hollande demande « un vrai budget européen capable d’assurer la solidarité entre les pays et d’investir ».
Stimuler la politique de défense de l’UE
Enfin, au nom de l’Europe de la défense, Marylise Lebranchu a proposé que la France et le Royaume-Uni renoncent à leur siège au Conseil de sécurité de l'ONU au profit du Haut-Représentant pour la PESC, Javier Solana.
« La discussion avec les autres Etats membres de l’Union européenne sera cruciale sur tous ces sujets », a indiqué la parlementaire socialiste française Marylise Lebranchu. A propos du développement durable, la candidate à la présidence du parti Martine Aubry a souligné que « nous voulons aussi que l’Europe se saisisse de cette question ».
La députée européenne Marie-Noëlle Lienemann appelle quant à elle à construire une « autre Europe » en dénonçant des « institutions non élues », comme la Commission européenne, « obsédée par la libre concurrence », ou la BCE, qui « pénalise la croissance et l’emploi ».
Gaëtan Gorce et Louis Gautier souhaitent que le parti socialiste français soit mieux intégré au Parti socialiste européen (PSE). Mais Mme Lienemann suggère quant à elle la naissance d’une plateforme commune entre la Gauche unitaire européenne (GUE) et le PSE.
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé la volonté du PSE de faire du « renforcement du dialogue transatlantique » une priorité politique. « Il faut refuser absolument cette bifurcation du projet européen », a-t-il ajouté.
Sur la question de la politique agricole commune (PAC), Laurent Fabius veut encourager le « déploiement d’une agriculture écologique et rémunératrice pour le monde paysan », alors que Mme Lebranchu pense qu’il faudrait inclure des mesures pour répondre à la crise alimentaire.
Christophe Caresche et Pierre Larrouturou appellent à l’instauration d’un traité de l’Europe sociale.