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30 novembre 2009
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Selon Margot Wallström, "la communication ne doit pas être l'affaire de Bruxelles" [FR][en][de

Publié: jeudi 2 février 2006   

La Commission a mis en place la troisième et dernière pièce de son nouveau puzzle sur la communication en adoptant son Livre blanc sur la politique de communication. La conférence tenue le même jour et qui comptait de nombreux participants a démontré que la Commission n'est pas la seule responsable de la stratégie de communication de l'UE. 

Contexte:

Après son Plan d'action de 2005 et son "Plan D" comme démocratie, dialogue et débat, la Commission a adopté le 1er février 2006 le Livre blanc de sa vice-présidente Margot Wallström sur une politique de communication européenne (voir également EurActiv 27 janvier 2006). 

Le Livre blanc a l'ambition d'instaurer une politique de communication qui soit "une politique à part entière". Il s'éloigne de l'idée selon laquelle la communication est largement "l'affaire de Bruxelles" et a l'intention de se concentrer sur les citoyens et non sur les institutions. Mme Wallström a ainsi évoqué le passage "du monologue au dialogue". 

Cependant, le Livre blanc n'est pas encore un plan d'action à part entière mais le début d'une phase de consultation ou "d'écoute" de six mois, au cours de laquelle les institutions, les gouvernements, les entreprises, les ONG, les think tanks et les citoyens pourront faire des commentaires sur les principales idées contenues dans ce document. 

Le Livre blanc définit cinq domaines d'action en partenariat avec d'autres institutions, les gouvernements et la société civile : 

  • Pour ancrer le droit d'information dans l'UE et les institutions nationales, il suggère d'établir une Charte européenne ou un Code de conduite sur la communication. Un site Internet spécialisé sur l'Europe accueillera les réactions des citoyens à ce document;
  • Pour "impliquer les citoyens", il propose de créer des outils et des instruments pour améliorer l'éducation civique (ex : un réseau d'enseignants, des bibliothèques européennes connectées de façon numérique les unes aux autres), relier les gens entre eux (ex : des lieux de réunion virtuels et physiques) et renforcer la relation entre les citoyens et les institutions (ex : normes minimales de consultation);
  • Le Livre blanc souhaite mieux collaborer avec les médias et utiliser davantage les nouvelles technologies comme l'Internet, mais ne parvient pas à définir exactement comment y parvenir. L'idée d'une agence européenne d'informations spéciale (qui figurait dans les anciennes versions du Livre blanc) a disparu dans sa version finale mais le document parle toujours de "moderniser Europe by Satellite" et "d'examiner l’opportunité de disposer d’un service interinstitutionnel doté d’un mode de fonctionnement répondant aux normes professionnelles";
  • Mieux comprendre l'opinion publique européenne : un réseau d'experts nationaux en matière d'enquêtes d'opinion publique et un Observatoire indépendant de l'opinion publique européenne sont les deux idées proposées dans ce document;
  • enfin, le Livre blanc souligne la nécessité "d'agir ensemble" en établissant un partenariat entre les institutions européennes, les Etats membres, les autorités locales et régionales, les partis politiques et les organisations de la société civile. Les propositions du Livre blanc sont particulièrement faibles dans ce chapitre car elles ne consistent qu'en des recommandations générales et consensuelles. 

Positions:

Lors d'une conférence intitulé "Will it work?", organisé le même jour par Friends of Europe, ECAS et EurActiv, un panel d'acteurs de la société civile et d'intervenants a en général accueilli le Livre blanc avec prudence. 

Giles Merritt, directeur de Friends of Europe, a mis en garde contre la tentation de considérer la participation des électeurs comme l'expression d'un soutien au projet européen. M. Merritt a ainsi rappelé qu'un fort taux de participation avait entraîné le rejet retentissant du projet de constitution européenne en France et aux Pays-Bas alors que le "oui" en Espagne a été obtenu grâce à un faible taux de participation.  

Willy De Backer, rédacteur en chef d'EurActiv.com a exprimé sa déception quant à l'absence d'une dimension politique qui impliquerait également les partis politiques : "Il est très peu politique. Il contient très peu d'informations sur l'orientation que nous souhaitons donner au projet européen. Il faut intensifier la relation entre la sphère publique européenne et la politique nationale." 

Maria João Rodrigues, conseiller spécial de la Commission européenne sur la stratégie de Lisbonne, a indiqué qu'il fallait utiliser des "multiplicateurs" pour communiquer sur l'Europe, allant du monde des entreprises au monde académique. 

Claes de Vreese, professeur de communication politique et directeur de l'école d'Amsterdam de recherche sur les communications (Amsterdam School of Communications Research, ASCoR) a demandé à l'UE de cesser de se victimiser. Avoir mauvaise presse fait partie du jeu, a-t-il indiqué, et les informations sont, selon lui, toujours motivées par le conflit. Il a ainsi déclaré: "l'euroscepticisme n'est pas si mauvais pour la visibilité du projet européen". Il a également demander à la Commission de cesser de rêver quant à la création d'une sphère publique européenne. "On ne peut que parvenir à européaniser les sphères publiques nationales."

Correspondant pour le quotidien français Libération, Jean Quatremer  a indiqué que la Commission se préoccupe uniquement de la communication lorsque les choses vont mal, comme par exemple lors des référendums sur la constitution. Il a ensuite critiqué le fait que tout ce que la Commission a à dire sur l'OPA hostile de Mittal sur Arcelor est qu'elle appliquera les règles européennes de concurrence, et ce malgré le fait qu'il s'agisse d'une question ne concernant pas que les emplois des gens mais également l'industrie sidérurgique, qui se trouve depuis toujours au coeur du projet européen. 

Giles Merritt a conclu la conférence en indiquant que les quatre organisateurs non institutionnels organiseront en parallèle une série de débats sur la politique de communication européenne. Dans ce contexte, la Fondation EurActiv a présenté un projet de Livre jaune en réponse à l'ensemble des propositions de la Commission relatives à la communication (voir EurActiv 1 février 2006)

D'autres acteurs ont également réagi au Livre blanc. Les Jeunes Européens Fédéralistes (JEF) ont en général accueilli de façon positive le Livre blanc, mais ont posé la question de savoir si l'UE était prête à financer ces initiatives : "Nous soutenons les principales caractéristiques du document, et nous saluons notamment la décision d'approfondir les programmes qui existent sur l'implication des citoyens européens. Cependant, étant données les restrictions budgétaires contenues dans la proposition sur les perspectives financières pour la période 2007-2013, on peut se demander si ces annonces ne resteront pas comme de nouveaux trous dans le gruyère," a déclaré Jan Seifert, président des JEF. 

Graham Watson, chef du groupe des Libéraux-Démocrates au Parlement européen, a salué le nouvel objectif de Margot Wallström d'adopter une approche centrée sur les citoyens : "Les citoyens se sentent ignorés, sont peu sûrs des motivations des politiques à Bruxelles et ne savent plus vraiment à quoi sert l'Union européenne. Si l'UE veut devenir plus pertinente, elle doit davantage se pencher sur les véritables préoccupations des citoyens."

Prochaines étapes:

  • De février à juillet 2006, la Commission écoutera les commentaires des parties concernées et des citoyens postés sur le site Internet dédiée à la consultation sur le Livre blancexternal ;
  • La Commission organisera une série de débats à Bruxelles, qui porteront chacune sur l'un des cinq domaines d'action;
  • Une série spéciale de sondages Eurobaromètre sera lancée au printemps 2006 pour alimenter le débat. 

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