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La Commission doit annoncer aujourd'hui le retrait de 70 propositions législatives dans le cadre de sa stratégie d' "amélioration de la réglementation" communautaire. Tandis que certains représentants du secteur privé jugent déjà insuffisante la liste de textes que s'apprête à présenter l'exécutif européen, d'autres voix s'élèvent pour estimer que l'équipe Barroso s'engage sur la voie d'une entreprise de "dérégulation".
Réduire le niveau de réglementation et alléger les contraintes bureaucratiques au sein de l'UE : telle est aujourd'hui, aux yeux de la Commission Barroso, l'une des solutions miracles pour renforcer la compétitivité de l'économie européenne et reconquérir la confiance des citoyens de l'Union. Déjà, à l'époque de la Commission Prodi, des initiatives avaient été prises en matière d'amélioration de la réglementation européenne, sans que celles-ci débouchent sur des résultats notables.
Principaux développements intervenus lors du mandat de l'équipe Prodi :
Dès le début de son mandat, la Commission Barroso a fait part de son intention de simplifier et de rationaliser la législation communautaire. Dans le cadre de la relance de la stratégie de Lisbonne, cette ambition a été mise au service du renforcement de la compétitivité économique de l'Union. En mars 2005, la Commission publiait une communication
intitulée "Améliorer la réglementation en matière de croissance et d’emploi dans l’Union européenne".
La Commission a, au cours de ces derniers mois, passé au crible près de 200 propositions législatives introduites depuis le 1er janvier 2004. Elle a notamment évalué la "pertinence globale", "l'impact sur la compétitivité" ainsi que "divers autres effets" de ces propositions, en utilisant trois critères principaux :
Plusieurs responsables de la DG Entreprises ont confirmé à EurActiv que ces propositions avaient été évaluées au regard des "objectifs politiques" de croissance économique et d'emploi, tout en affirmant que les deux autres dimensions de la stratégie de Lisbonne (politique sociale et environnement) avaient également été prises en compte.
La liste finale des propositions législatives retirées par la Commission doit être présentée au Parlement, ce mardi 27 septembre, par le Commissaire en charge du portefeuille des entreprises et de l'industrie, Günter Verheugen.
EurActiv a pu avoir accès à un document préliminaire de la DG Entreprises dans lequel est effectué un classement thématique (en fonction des domaines de compétence de l'UE) des principaux textes devant être retirés par la Commission :
Dans le domaine de l'environnement, deux propositions législatives importantes (l'une portant sur les gaz fluorés, l'autre sur l'acheminement des déchets ) sont pour l'heure conservées, mais la Commission a souligné qu'elles seraient soumises à une nouvelle étude d'impact économique.
La liste présentée mardi 27 septembre marque la première étape d'un effort de longue haleine visant à simplifier la législation européenne. En octobre, la Commission présentera un programme de travail dont l'objectif principal sera de ramener l'acquis communautaire de 80 000 à 50 000 pages.
Plusieurs députés européens se sont déclarés inquiets des répercussions de l'initiative prise par la Commission. Bien que la Commission soit parfaitement habilitée à retirer ses propositions dans le courant du processus législatif, certains députés jugent que l'exécutif européen aurait dû consulter le Parlement sur un sujet aussi crucial.
Monica Frassoni, co-présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement, a mis en garde la Commission contre la tentation "d'enterrer des propositions législatives européennes à la va-vite". "Le President de la Commission ne devrait pas se laisser influencer par l'attitude du Conseil, par le sensationalisme des tabloïds ou les propos alarmistes de l'industrie et des porte-paroles de celle-ci au sein du PPE", a déclaré Mme Frassoni.
Le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, a estimé que l'initiative de la Commission relevait davantage d'une entreprise de "dérégulation" que d'un effort visant à améliorer la qualité de la législation européenne.
Le secteur privé a lui aussi émis des réserves, estimant que la Commission n'allait pas assez loin. L'association représentant les intérêts des petites et moyennes entreprises européennes, l'UEAPME, a jugé que la liste préparée par l'exécutif européen ne constituait pas une panacée". Le secrétaire-général de l'UEAPME, Hans-Werner Müller, a souligné que l'amélioration de la réglementation "ne devait pas seulement consister à retirer des textes caducs ; il s'agit d'un processus global, visant à améliorer les textes législatifs avant leur adoption, mais aussi après leur entrée en vigueur."
EurActiv se propose d'inclure d'autres réactions d'Acteurs européens dans un futur article consacré au même thème (publié après la présentation de la liste de la Commission devant le Parlement). Vous pouvez envoyer vos réactions, prises de position et communiqués de presse à : editor@euractiv.com .