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Les ministres des Affaires étrangères de l’Union ont discuté hier, 16 juin, des options qui pourraient sauver le traité de Lisbonne malgré le « non » irlandais vendredi dernier. L’une des options consisterait à proposer à l’Irlande certaines garanties du respect de sa souveraineté et à organiser un nouveau vote sur le traité l’année prochaine.
Après la réunion, les ministres des Affaires étrangères ont avoué que stopper le processus de ratification ne doit pas constituer une option, le seul cas limite étant la République tchèque, où le traité est actuellement examiné par la Cour constitutionnelle (EurActiv 16/06/08).
Cependant, les ministres n’on pas réussi à s’accorder sur la marche à suivre.
Suite à la réunion, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a déclaré que la pire solution pour Bruxelles serait d’imposer quoi que ce soit à l’Irlande.
Selon M. Frattini, trois scénarii devraient être évités à tout prix : une longue période de réflexion identique à celle qui avait suivi l’échec de la constitution, une renégociation du traité de Lisbonne et la suspension du processus de ratification.
Trois options semblent être actuellement analysées. Tout d’abord, un petit groupe de pays plus ambitieux pourrait progresser sous la forme d’une coopération renforcée. Dans l’hypothèse où aucune solution commune ne peut être trouvée avec l’Irlande, cette approche est plus particulièrement privilégiée par le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker et devrait obtenir l’appui de l’Allemagne et de la France.
Mais elle est également certaine de rencontrer l’opposition des petits et des nouveaux Etats membres, qui sont contre une Europe « principale » ou à « deux vitesses ». Le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a rejeté les négociations sur la question, estimant qu’elles sont prématurées à ce stade.
Une deuxième option serait d’appliquer le traité à 26 pays seulement, en accordant un statut spécial à l’Irlande. Cette perspective a été proposée par le Ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui a même envisagé la possibilité d’écarter provisoirement l’Irlande du processus d’intégration.
La dernière option serait de faire voter l’Irlande une nouvelle fois sur une version révisée du texte une fois le processus de ratification achevé dans tous les autres Etats membres. Ce texte révisé pourrait accorder au pays certains opt-outs et certaines garanties comme ce fut le cas pour le Danemark qui avait voté en faveur du traité de Maastricht en 1992 après un premier référendum qui s’était soldé par un échec.
Le ministre irlandais des Affaires étrangères Micheál Martin a déclaré qu’il a senti un sens de la solidarité en rencontrant ses homologues européens. Il a en effet affirmé que tous les pays lui avaient assuré qu’ils collaboreraient avec l’Irlande pour trouver une solution commune au problème.
M. Martin a indiqué que l’Irlande ne veut pas rester à la traîne et que le pays a toujours apporté son soutien pour renforcer l’impact de l’UE dans la vie de ses citoyens.
Il a néanmoins admis que les ministres n’ont pas de solutions rapides pour sauver le traité. Après la réunion, il a déclaré qu’aucune option n’avait encore été envisagée.
Le ministre slovène des Affaires étrangères Dimitrij Rupel, dont le pays occupe la présidence de l’UE jusqu’au 30 juin, a insisté sur le fait que l’UE n’était pas en crise. Il s’est dit confiant et a affirmé que tôt ou tard, les réformes envisagées par le traité de Lisbonne verraient le jour. Il a néanmoins ajouté qu’il serait risqué d’affirmer que les dirigeants européens allaient redonner vie au traité alors que l’UE est face à une impasse.
Parallèlement, le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn, a encore rassuré les pays candidats à l’UE en leur promettant que l’élargissement n’est pas menacé par le « non » irlandais. Il a rejeté les appels comme ceux du président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, qui a déclaré que la Croatie serait le dernier pays à rejoindre l’UE tant que le traité ne sera pas en vigueur.
L'UE devrait ouvrir deux nouveaux chapitres dans les négociations de pré-adhésion avec la Croatie et la Turquie lors des conférences d'adhésion aujourd'hui.