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Les nouvelles méthodes d’enquête sur l’opinion publique [FR][en][de

Publié: mardi 13 novembre 2007   

Les enquêtes sur l’opinion publique sont un outil de plus en plus employé par les hommes politiques, et ce non seulement pendant les périodes électorales, mais aussi pour s’assurer du soutien du public à leurs principales propositions politiques. La stratégie révisée de communication de la Commission cherche à introduire de nouvelles méthodes d’utilisation de l’Eurobaromètre, au moment où les enquêtes sur l’opinion publique s’adaptent aux nouvelles technologies de communication.

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Le rôle des sondages d’opinion dans le processus européen de prise de décisions a pris de l’importance bien avant l’organisation d’élections européennes. Dès 1970, la Commission a commencé à sponsoriser les sondages d’opinion publique dans les Etats membres de la Communauté européenne. Depuis plus de 30 ans, l’Eurobaromètre permet de mieux connaître l’opinion des citoyens européens et est devenu un point de référence pour l’opinion publique dans l’ensemble de l’UE.

Les enquêtes de l’Eurobaromètre ont lieu simultanément dans toute l’UE et les questions sont identiques dans les 27 Etats membres et pays candidats à l’adhésion à l’UE. Les résultats des enquêtes sont publiés sur un site Internet spécifique et sont accessibles aussi bien aux spécialistes qu’au grand public. 

De plus en plus, les gouvernements et les institutions de l’UE étudient les préférences des citoyens avant de prendre des décisions. Pour leur part, les médias utilisent les informations provenant de ces sondages comme un élément à part entière de la couverture médiatique. 

La stratégie révisée de la Commission sur la communication considère les sondages comme un outil de la démocratie et cherche à renforcer l’utilisation de l’Eurobaromètre. D’après le document de la Commission, « il est essentiel de mesurer l'opinion publique pour savoir ce que les Européens pensent et attendent de l'Union ».

Enjeux:

  • Outils d'enquête qualitatifs

La stratégie révisée de la Commission sur la communication, publiée le 3 octobre 2007, prévoit l’introduction de nouvelles méthodes à utiliser par l’Eurobaromètre « afin de développer son aptitude à écouter l'opinion publique et à réagir en conséquence » et « d’utiliser les sondages de façon plus stratégique au cours des phases pertinentes du processus ». 

A plusieurs reprises, Margot Wallström, commissaire à la Communication, a soutenu l’idée d’introduire des évaluations de l’opinion des citoyens comme élément du processus standard de prise de décisions de l’UE, tout comme le sont les analyses des incidences.

Plus concrètement, tirant profit de l’expérience des débats organisés dans le cadre des projets du plan D, la Commission cherche à intégrer l’usage généralisé d’outils d’enquête qualitatifs. Elle souhaite également utiliser de plus en plus les données quantitatives et les données qualitatives pour obtenir une image plus complète des attentes du public. 

  • Sondages délibératifs 

Parmi les nouvelles méthodes d’analyse de l’opinion publique, on trouve, entre autres, les sondages délibératifs. Cette méthode, développée en 1988 par James Fishkin, professeur à l’université de Stanford, combine la délibération et le sondage traditionnel d’un échantillon de la population sélectionné de manière scientifique pour obtenir une consultation du public sur les questions politiques et électorales. 

Au cours de la première étape, un échantillon représentatif de la population, sélectionné de manière aléatoire, est interrogé sur des questions politiques précises. Puis, les participants sont réunis pour discuter de ces questions. Ils reçoivent des informations sur le sujet et discutent avec des experts et des dirigeants politiques. 

Après les délibérations, les mêmes questions sont posées aux participants. Les résultats reflètent le changement d’opinion du public s’il était plus informé et impliqué dans les questions politiques. Des expériences de sondage délibératif ont eu lieu dans le monde entier. En Europe, cette méthode a été testée par le Royaume-Uni, le Danemark, l’Italie et la Bulgarie. 

  • Nouvelles technologies de communication

Traditionnellement, les sondages d’opinion étaient surtout effectués lors d’entretiens en face à face, mais les enquêtes téléphoniques sont devenues de plus en plus courantes, car elles peuvent être menées dans laps de temps relativement court. 

Les sondages par Internet sont également en constante augmentation. En effet, les sondages en ligne peuvent obtenir un très grand nombre de réponses. Ensuite, les résultats peuvent être pondérés en fonction de critères démographiques afin d’avoir un échantillon représentatif. Cependant, certains affirment que, comparés aux sondages traditionnels, les sondages en ligne sont fondés sur la base du volontariat pour répondre aux questions (ce qu’on appelle les sondages en accès libre), et ne représentent donc pas un échantillon « scientifique » de la population. 

Positions:

Margot Wallström, commissaire à la Communication, a souligné l’importance des sondages en tant qu’outil pour la démocratie. En octobre 2006, elle a déclaré que les sondages et les enquêtes permettaient aux citoyens silencieux de s’exprimer, c’est-à-dire les personnes qui ne votent pas, ne participent pas activement à la vie politique, ne donnent pas leur avis par l’intermédiaire de groupes d’intérêt ou d’organisations de citoyens. 

Dans un discours prononcé à l’occasion du sondage délibératif de Tomorrow’s Europe en octobre 2007,  Sergei Stanishev, le Premier ministre bulgare, a affirmé que la méthode du sondage délibératif était très utile. Son gouvernement envisage d’ailleurs de l’utiliser pour les politiques de l’éducation, des soins de santé et des dépenses publiques. 

Pour Stephen Boucher, du think tank européen Notre Europe, étant donné leur pouvoir de recommandation, les sondages délibératifs peuvent inciter les responsables politiques à agir. Ces sondages, a-t-il expliqué lors d’un entretien à EurActiv, peuvent également permettre de combler le fossé entre les institutions européennes et les citoyens et d’augmenter le soutien aux réformes économiques et sociales.

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