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Un tir de missile balistique par la Corée du Nord a semble-t-il changé la position du président américain Barack Obama, qui était en visite officielle à Prague dimanche (5 avril). Il souhaite désormais la construction du bouclier antimissile en Europe centrale.
L’administration Obama est restée sereine à l’égard d’un accord conclu par son prédécesseur, George W. Bush, visant à installer un radar en République tchèque et des fusées interceptrices en Pologne, afin de détruire des missiles lancés depuis des pays tels que l’Iran et la Corée du Nord.
Des analystes s’attendaient à ce que M. Obama ne prenne pas une position claire lors du sommet UE-Etats-Unis, qui s’est tenu à Prague le week-end dernier (EurActiv 03/04/09 ).
En République tchèque, la question du radar a pris une dimension particulière. En effet, au Sénat tchèque, les législateurs ont averti qu’ils ne sauraient ratifier le traité de Lisbonne sans la ratification concomitante d’un accord visant à l’installation d’un système de radar avec les Etats-Unis (EurActiv 19/03/09).
Mais la Corée du Nord semble désormais disposer d’une arme pouvant atteindre le territoire américain, lui permettant pour la première fois de menacer directement son principal adversaire, ont indiqué des analystes.
Il s’agit d’un missile rudimentaire à plusieurs étages, doté d’un piètre système de guidage et nécessitant des semaines de préparation avant son lancement. Il est connu sous le nom de Taepodong-2. Les satellites espions américains peuvent facilement surveiller la préparation et à l’avenir, il devrait être relativement aisé de le détruire avant son lancement, si cette option est choisie.
La Corée du Nord, qui a testé un dispositif nucléaire en 2006, n’est pas capable de miniaturiser une arme atomique afin d’en faire une ogive, selon des experts.
Les Etats-Unis développeront un bouclier antimissile aussi longtemps que la menace nucléaire iranienne persiste, et la Corée du Nord doit être prête à changer après son tir de fusée, a déclaré le Président Obama à Prague lors d’un discours
phare portant sur la non-prolifération nucléaire.
La question a fait la une des journaux hier, après que la Corée du Nord a lancé un missile à longue portée, ce qui lui a valu la condamnation de la communauté internationale ; toutefois, Pyongyang affirme n’avoir fait que mettre un satellite en orbite.
Dimanche, lors d’une visite dans la capitale tchèque, M. Obama a déclaré que Washington continuerait ses projets aussi longtemps que l’Iran maintiendrait son programme nucléaire.
« Tant que la menace présentée par l'Iran persistera, nous continuerons de travailler à ce système antimissile », a déclaré M. Obama dans son discours.
« Si la menace iranienne est éliminée, nous disposerons d'une base plus solide en faveur de la sécurité et le besoin de constituer un bouclier en Europe ne se fera plus sentir ».
Auparavant, le coordinateur de la Maison Blanche du contrôle des armements, Gary Samore, a affirmé que le tir de missile nord-coréen signifiait que la défense antimissile resterait une priorité.
Le test nord-coréen montre l’importance de continuer à développer la défense antimissile afin de protéger à la fois notre pays et nos alliés en Asie, a déclaré M. Samore aux journalistes.
Selon M. Samore, l’unité internationale resterait le moyen de plus efficace de faire face à la Corée du Nord. Il a affirmé que ce tir de missile était non seulement une menace pour les voisins sud-coréens et japonais, mais portait également atteinte à la Russie et à la Chine.
D’après une déclaration ultérieure d’un représentant américain, M. Obama aurait affirmé aux leaders polonais que les Etats-Unis poursuivraient la recherche et le développement du bouclier antimissile. Selon lui, le président aurait mis en avant son soutien à une défense antimissile, dans la mesure où elle est rentable et dans la mesure où la menace à laquelle elle répond, c’est-à-dire l’Iran, subsiste. Le président a déclaré vouloir continuer la recherche et le développement de la défense antimissile, a conclu le représentant.
Les Tchèques et les Polonais ont signé des traités avec Washington sur le projet de projet de défense antimissile, suscitant la colère de leur ancien maître soviétique, la Russie.
Pour le gouvernement tchèque, le bouclier est nécessaire
Une majorité de Tchèques sont opposés au projet de défense antimissile. Pour l’opposition socialiste, celui-ci ferait de l’Europe centrale une cible plutôt qu’il ne la protégerait.
Mais le gouvernement tchèque sortant a fait du projet une priorité et a indiqué qu’il était crucial de contrer l’influence continue de la Russie à l’Est de l’UE.
Le ministre tchèque des Affaires étrangères a déclaré que les commentaires américains confirmaient le fait que le projet de défense antimissile était nécessaire.
Moscou a accusé les Etats-Unis de tenter de s’immiscer dans son ancienne sphère d’influence. Elle a menacé de diriger des armes nucléaires vers Prague et Varsovie, et de stationner des missiles dans son enclave européenne de Kaliningrad.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a déclaré que le tir de la Corée du Nord était inopiné.
Si nous avions constaté que ce tir avait constitué une menace pour les Etats-Unis d’Amérique, nous aurions pris les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité du peuple américain.
(EurActiv avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EurActiv.)