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30 août 2008
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La politique étrangère de l’UE fragilisée par une vague d’initiatives nationales [FR][en][de

Publié: vendredi 23 mai 2008   

Suivant l’exemple de la France avec la proposition d’Union méditerranéenne, la Pologne et la Suède sont sur le point de présenter une « initiative orientale » lors d’une réunion la semaine prochaine. Selon les diplomates, cette initiative pourrait ruiner les efforts laborieux de l’UE consistant à élaborer une politique extérieure commune.

Contexte:

La politique européenne de voisinage (PEV) a été lancée en 2004 afin d’empêcher l’émergence de divisions avec les nouveaux voisins de l’UE après son élargissement à dix nouveaux pays, principalement localisés en Europe centrale et orientale.

La politique s’applique à la Moldavie, l’Ukraine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Georgie à l’Est, et au Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, la Jordanie, Israël et les territoires palestiniens occupés et le Liban au Sud.

Le processus de Barcelone, lancé en 1995, s’applique à l’Algérie, l’Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Maroc, l’Autorité palestinienne, la Syrie, la Tunisie et la Turquie.

La Commission européenne a récemment présenté ses propres propositions avant le sommet UE-Méditerranée qui doit se dérouler à Paris le 13 juillet dans le cadre de la présidence française de l’UE (EurActiv 21/05/08).

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Autres articles:

La tentative de la Commission visant à établir une politique européenne de voisinage avec les pays situés à ses frontières australes et orientales recevra un autre coup lorsque la Pologne et la Suède présenteront leur proposition commune en faveur d’une « initiative orientale » lors d’une réunion de ministres des Affaires étrangères lundi prochain, le 26 mai.

La Pologne et la Suède projette d’améliorer leurs relations avec l’Ukraine, la Moldavie, l’Arménie, la Georgie, l’Azerbaïdjan et peut-être la Biélorussie. 

Au début de la semaine, Benita Ferrero-Waldner, la commissaire en charge de la Politique européenne de voisinage, a durement lutté pour ramener les propositions françaises en faveur d’une Union méditerranéenne dans le cadre européen en vigueur : le processus de Barcelone.

Dans un communiqué formulé avec précaution, elle a admis que le processus de Barcelone avait ses lacunes et a reconnu la nécessité de l’améliorer en mettant en place un partenariat plus cohérent fondé sur une copropriété du processus.

Cependant, avant que la crise ne s’installe, la Pologne et la Suède avaient présenté leur propre « initiative orientale ». Les mauvais exemples sont toujours contagieux, d’après une source diplomatique, qui a ajouté que Mme Ferrero-Waldner commençait à en faire une affaire personnelle. Un porte-parole a déclaré à EurActiv que suite à la présentation de l’initiative par la Pologne, la commissaire était sur le point de donner une réponse lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères lundi prochain.

Au centre de la PEV figurent des plans d’action bilatéraux décidés entre la Commission européenne et les pays partenaires. Mais contrairement à ces accords bilatéraux, les nouvelles initiatives régionales, bien que très différentes les unes des autres, ont tendance à se concentrer plus sur un cadre multilatéral. 

La Moldavie par exemple s’est déjà engagée dans une initiative régionale : le processus de coopération en Europe du Sud-Est. De plus, ce pays est un membre actif du pacte de stabilité pour l’Europe orientale – une initiative se concentrant principalement sur les Balkans orientaux et qui doit être bientôt remplacée par un conseil régional de coopération.

A long terme, néanmoins, le pays souhaite que son statut dans la PEV soit substitué par le statut plus formel de pays candidat à l’adhésion de l’UE. Une source a fait remarquer que la PEV est visiblement une option qui n’est pas séduisante.

Positions:

Le professeur Jean-Michel de Waele responsable du Centre d’études de la vie politique (CEVIPOL) à l’ Université Libre de Bruxelles a déclaré à EurActiv que « la PEV a toujours été une coquille vide de toute façon », parce que l’UE ne peut pas développer une politique adéquate avec ses voisins avant de répondre à des questions essentielles sur son propre avenir, ses institutions et ses limites géographiques.

Il a décrit l’initiative polonaise comme étant « intéressante », mais a ajouté qu’à l’instar de l’initiative méditerranéenne de M. Sarkozy, elle est « vide, dépourvue des moyens nécessaires, manque de substance et ne peut pas satisfaire les pays visant l’adhésion à l’UE plutôt qu’un autre partenariat ». M. de Waele a affirmé que de telles initiatives « affaiblissent l’UE, parce qu’elles sont introduites par certains pays d’une manière tout à fait égotiste ».

Amanda Akcakoca, une analyste politique au European Policy Centre, a déclaré à EurActiv que bien que les détails de l’initiative de la Pologne et de la Suède reste encore inconnus, il n’est pas surprenant que la Pologne tente d’insister davantage sur la dimension orientale. Il y a eu d’autres initiatives polonaises par le passé, notamment quand Jacek Sariusz-Wolski (aujourd’hui eurodéputé) était ministre des Affaires européennes.

Mme Akcakoca, a déclaré que la nouvelle initiative polonaise semble relativement similaire à la proposition initiale d’Union méditerranéenne de M. Sarkozy, même si cette dernière a maintenant été assouplie. Elle a déclaré que les développements sont « une mauvaise nouvelle pour la PEV », bien que les perspectives pour les nouvelles initiatives restent incertaines. L’Ukraine, par exemple, ne soutient pas l’initiative, parce que le pays ne souhaite pas que sa perspective européenne soit « substituée par autre chose ».

Prochaines étapes:

  • 26 mai : réunion du Conseil Affaires générales et relations extérieures (GAERC).
  • 19-20 juin : sommet européen à Bruxelles pour convenir de la version finale de l’Euromed.
  • 13 juillet : sommet UE-Méditerranée à Paris, dans le cadre de la présidence française de l’UE.

Liens

Lettres à l'éditeur
Law is not a tool box for politics to indulge in
<a href="http://www.eurac.edu" rel="nofollow">Gabriel N. Toggenburg, EURAC</a>
Not feasible: CEPS Plan B for saving the Lisbon Treaty
Jim Murray, Former Director, BEUC
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