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24 novembre 2009
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L'UE se porte « moyennement » alors que la France reprend la présidence [FR][en][de

Publié: mardi 1 juillet 2008   

Dans la nuit du 30 juin, à minuit, la France a repris la présidence tournante de l’UE pour une durée de six mois. Le président Nicolas Sarkozy appelle à de « profonds changements » dans la façon de construire l’Europe suite au « non » irlandais au traité de Lisbonne.

Contexte:

Du 1er juillet au 31 décembre 2008, la France organisera et présidera les réunions du Conseil européen avec pour thème central « une Europe plus protectrice » (EurActiv 06/11/07). 

Les principales priorités de la présidence française ont été définies précédemment comme étant l’énergie et le changement climatique, l’immigration, la défense et une révision de la politique agricole européenne.

Avec son programme extrêmement ambitieux, Nicolas Sarkozy espérait mener l’Union européenne vers une nouvelle ère de force et d’unité.

Mais le rejet du traité de Lisbonne phare pour la réforme institutionnelle de l’UE par les électeurs irlandais au cours d’un référendum en juin a modifié ces priorités, l’objectif numéro un pour la France étant désormais de sauver le traité.

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La cérémonie officielle de passage de relais a eu lieu dans la ville slovène de Nova Gorica, où le ministre des Affaires étrangères de la Slovénie Dimitrij Rupel a symboliquement transmis un bâton de relais et un drapeau de l’UE à son successeur, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

Aujourd’hui, les Slovènes remettent l’Union européenne entre les mains des Français, a déclaré M. Rupel à M. Kouchner, en ajoutant qu’au moment de ce passage de relais, l’UE se porte bien. Mais le ministre français a rétorqué que selon lui, l’UE se porte « moyennement ».

En s’adressant à la télévision française à la veille de la reprise de la présidence, Nicolas Sarkozy a fait écho au sentiment de son ministre des Affaires étrangères suite au « non » irlandais au traité de l’UE, affirmant : « ça ne va pas. Ça ne va pas du tout ».

« L'Europe inquiète et, pire, je trouve que peu à peu nos concitoyens se demandent si finalement l'échelon national n'est pas mieux à même de les protéger que l'échelon européen », a-t-il expliqué.

Tout en appelant une telle approche « un retour en arrière », il l’a également justifié en affirmant : « il y a eu erreur dans la façon de construire l’Europe ».

Il a conclu : « il faut donc changer profondément notre façon de construire l'Europe ».

La principale priorité de la présidence française de l’UE sera de limiter le problème à l’Irlande, a déclaré M. Sarkozy, en insistant sur le fait que les autres pays de l’UE doivent continuer le processus de ratification du traité.

Il a affirmé qu’il ne faut pas se précipiter, mais qu’en même temps, il n’y a beaucoup de temps, rappelant ainsi que les dirigeants de l’UE ont fixé les élections du Parlement européen en juin 2009 comme date limite pour l’approbation du traité de Lisbonne.

Mais l’humeur ne semble pas au beau fixe dans l’Union, notamment suite aux annonces des présidents polonais et allemand qui ont déclaré hier, 30 juin, qu’ils ne ratifieraient pas le traité pour le moment.

Plus de protection

Selon M. Sarkozy, l’idée européenne sera menacée aussi longtemps que les Européens ne seront pas protégés. Il a ajouté qu’il ne faut pas avoir peur du mot « protection ».

Il a affirmé qu’il souhaite y contribuer. L’une des idées présentées pour contribuer à « protéger » les citoyens européens est une réduction de la taxe sur la valeur ajoutée, appliquée à l’ensemble de l’Europe, sur les factures de restaurant et le carburant afin d’aider les consommateurs à faire face à la flambée actuelle des prix des produits alimentaires et de l’énergie. Mais jusqu’à présent, son appel n’a reçu que peu de soutien des autres Etats membres.

Positions:

Pendant la cérémonie de passage de relais, le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, a déclaré que l’Union européenne que la France est sur le point de présider est une institution saine. Elle a été créée afin d'éviter aux Européens d’affronter une troisième guerre mondiale et de réduire en cendres le vieux continent. Elle est très efficace, a-t-il ajouté.

Il a néanmoins souligné que l’issue du référendum irlandais était un signe avertissant l’ensemble des dirigeants européens qu’ils avaient été incapables de transmettre la vision d’un avenir commun à la population. Selon lui, il faut prendre cette situation au sérieux.

En s’adressant à EurActiv, Sylvie Goulard, qui préside le Mouvement européen en France, a déclaré que les responsables du mécontentement général « sont plutôt dans les capitales nationales ».

« Un Premier ministre a déclaré qu’il n’avait pas lu le traité, un commissaire européen irlandais a affirmé la même chose. Les dirigeants partisans du « oui » ont été incapables de garantir aux citoyens qu’ils étaient dans l’attente pour certains sujets et de transmettre un message de responsabilité à la population », a-t-elle déclaré.

Il serait une « grave erreur » d’ignorer le message irlandais, a-t-elle renchéri, cela donnerait une image négative de l’Europe – une Europe « coercitive » qui n’écoute pas l’opinion de ses citoyens.

Il existe bien un « divorce entre les citoyens et l’Europe », a déclaré le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet. « Il n’est pas nouveau mais a été mis en lumière par le référendum irlandais ».

La présidence française s’efforcera de simplifier les méthodes utilisées pour prendre des décisions au niveau européen – en particulier au sein du Conseil européen – pour qu’elles soient plus à la portée des citoyens. Elle étudiera également des mesures concrètes et visibles destinées à rassurer ses citoyens. « L’Europe ne doit pas inquiéter mais rassurer. Elle doit lutter contre le réchauffement climatique, favoriser des tarifs énergétiques acceptables, avec des opérateurs compétitifs (…), offrir un espace de circulation plus sûr, avec une gestion des flux migratoires et enfin garantir la sécurité sanitaire et environnementale (…) Des progrès sont aussi nécessaires en matière de défense. L’Europe ne doit pas être seulement économique et commerciale ». 

Prochaines étapes:

  • 1er juillet 2008 : le président français Nicolas Sarkozy doit rencontrer le président du Parlement Hans-Gërt Pöttering, suivi par le président de la Commission José Manuel Barroso.
  • 1er janv. 2009 : la République tchèque reprend la présidence de l’UE.

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