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L’autorité de sécurité des aliments met en doute le rapport de la France sur les OGM

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Publié 05 octobre 2012, mis à jour 08 octobre 2012

Jeudi (4 octobre), l’autorité européenne de sécurité des aliments a blâmé l’étude d’un biologiste français qui met en doute la sécurité du maïs génétiquement modifié de Monsanto et du désherbant Roundup. Dans un rapport préliminaire, elle affirme que l’enquête est « de qualité scientifique insuffisante ».

Le rapport de l'EFSA a été publié neuf jours après que la Commission européenne a exigé une révision de l'étude controversée de l'université de Caen.

Cette étude française a révélé que des rats nourris avec des OGM NK603 (une variété de graines conçue pour tolérer l'aspersion du désherbant Roundup de Monsanto) ou abreuvés avec de l'eau mélangée à du Roundup à un niveau toléré aux États-Unis, étaient décédés plus tôt que ceux nourris normalement.

Selon le premier examen réalisé par l'autorité de sécurité des aliments, l'analyse contenue dans l'étude, menée par le biologiste Gilles-Éric Séralini, était insuffisante. L’agence a donc demandé des données supplémentaires à présenter avant le 12 octobre.

« Étant donné que les objectifs de l'étude ne sont pas clairs [...] et que la conception, l'analyse et le rapport sont inadéquats, l'EFSA estime que la qualité scientifique de ces recherches est insuffisante pour évaluer la sécurité », peut-on lire dans ce rapport.

« Lorsque l'on réalise une étude, il est essentiel de s'assurer qu'un cadre approprié soit mis en place », a déclaré Per Bergman, le responsable des travaux au nom de l'EFSA. « Définir des objectifs clairs ainsi qu'une conception et une méthodologie appropriées crée une base solide pour des données précises et des conclusions valides. Sans ces éléments, il est peu probable que l'étude se révèle fiable et valide. »

Moratoire sur les OGM

Les conclusions de l'EFSA ont toutefois suscité de nouvelles critiques, selon lesquelles l’agence, basée à Parme en Italie, favoriserait le secteur de la biotechnologie dans ses évaluations sur la sécurité et l'approbation des produits.

« Au cours des dix dernières années, l'EFSA a systématiquement donné raison au secteur de la biotechnologie au mépris des problèmes que les cultures génétiquement modifiées causent à la santé et à l'environnement », a expliqué Mute Schimpf, militant de la cause alimentaire pour les Amis de la Terre Europe. « Au lieu de relever des incohérences dans une recherche examinée par des pairs, ils devraient prendre au sérieux les inquiétudes de la population. »

Marco Contiero, directeur de la politique agricole européenne à Greenpeace EU a exigé un moratoire sur les cultures génétiquement modifiées, ajoutant : « L'UE doit redéfinir ses procédures d'essais de sécurité pour évaluer les conséquences à long terme. »

L'EFSA est critiquée depuis des années parce qu'elle pencherait en faveur d'intérêts commerciaux.

En février, un rapport rédigé par deux associations, le Corporate Europe Observatory et Earth Open Source, accusait l'agence d'avoir à plusieurs reprises compté sur des scientifiques et sur des informations du secteur dans des évaluations des risques utilisées par les institutions européennes et les gouvernements nationaux.

« Les décisions de l'EFSA sur la sécurité alimentaire sont trop souvent fondées sur des sources scientifiques non indépendantes, sur des informations tirées d'entreprises », selon ce rapport intitulé « Conflicts on the menu ».

Bien que l'agence, fondée il y a dix ans, ait défendu ses décisions, elle a annoncé en mars qu'elle clarifierait ses règles de divulgation d'information et des lignes directrices claires sur le choix des experts scientifiques. Le but est de répondre aux critiques quant à ses évaluations des produits, notamment pour la sécurité des cultures génétiquement modifiées.

Des fonctionnaires de l'EFSA ont expliqué que cette politique d'indépendance avait pour objectif de consolider les lignes directrices existantes plutôt que de revoir toutes les normes.

« Ce n'est pas nouveau, ce qui est nouveau, c'est que nous mettons cette politique en avant », avait déclaré à EurActiv Dirk Detken, le responsable des affaires juridiques de l'EFSA. « Cela ne mènera pas à une révision complète de la liste des experts qui travaillent à l'EFSA pour le moment. »

EurActiv.com - Article traduit de l'anglais

COMMENTS

  • Ce qui est très inquiétant dans le système actuel c'est que seul la firme qui produit les OGM fait les études de toxicité sur seulement 90 jours, ce qui n'a aucun sens en matière de santé et d'environnement. L'Efsa qui traite 800 dossiers par an n'en fait aucune. Le CNRS et l'Inra interrogés répondent que ce n'est pas leur rôle et qu'ils interviennent seulement en amont pour améliorer les protocoles d'études mais ne font aucune étude de toxicité. Des équipes publiques autrichiennes sur d'autres souris et sur 4 générations de ces dernières ont obtenus des résultats au moins aussi inquétants que ceux de l'équipe du Pr Séralini. On vend donc des produits OGM non testés qui sont largement répandus dans de multiples produits et on attend 20 ou 30 ans pour pouvoir faire un bilan dont plusieurs éléments inquiétants font craindre qu'il sera catastrophique au plan santé et environnement. Espérons que l'on pourra faire machine arrière avant.

    By :
    Energie+
    - Posted on :
    07/10/2012
Contexte : 

Le biologiste Gilles-Éric Séralini et ses collègues de l'université de Caen ont nourri des rats de laboratoire avec des OGM NK603, une variété de graines de maïs conçue pour tolérer l'aspersion du désherbant Roundup, ou ont bu de l'eau mélangée à du Roundup à un niveau toléré aux États-Unis.

Ces animaux souffraient de tumeurs mammaires ainsi que de graves lésions au foie et aux reins, selon l'étude examinée par des pairs, publiée le mois dernier par la revue Food and Chemical Toxicology.

Les chercheurs ont indiqué que 50 % des mâles et 70 % des femelles étaient décédés prématurément, contre 30 et 20 % dans le groupe témoin.

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