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Bruxelles: les perspectives économiques pour l’Italie sont moroses

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Publié 10 novembre 2011, mis à jour 16 novembre 2011

Dans ses projections semestrielles pour l’UE et la zone euro, publiées aujourd’hui  (10 novembre), la Commission européenne va revoir à la baisse ses prévisions économiques pour l’Italie. Cette révision pourrait entraîner de nouvelles mesures d’austérité pour le pays, dont l’avenir politique reste incertain.

Cette revue à la baisse s'inscrit dans des prévisions générales pessimistes que la Commission rendra publiques aujourd'hui, conjointement à ses prévisions économiques d'automne.

« Je peux déjà vous dire qu'il n'y aura guère lieu de se réjouir », a déclaré mardi le commissaire aux affaires économiques, Olli Rehn, suite à une réunion des ministres européens des finances à Bruxelles.

La situation de l'Italie est le plus grand sujet d'inquiétude dans la zone euro depuis que les marchés mondiaux ont accentué leurs pressions, poussant ainsi Rome à marcher sur les traces d'Athènes vers un défaut de paiement.

L'Italie avait fait miroiter à ses partenaires européens la perspective d'un budget équilibré en 2013, grâce à de nombreuses réductions des dépenses publiques et à des mesures pour stimuler la croissance.

Mais la lenteur des réformes, la croissance économique anémique et l'envolée des prix demandés par les marchés pour le refinancement de la dette italienne ont rendu cet objectif impossible à atteindre.

Début novembre, M. Rehn a envoyé un questionnaire aux autorités italiennes, dans lequel la Commission demandait des clarifications quant aux ajustements budgétaires promis par le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, lors du dernier sommet de l'UE. 

Dans cette lettre, consultée par EurActiv, la Commission évoque la mise en oeuvre de mesures d'austérités supplémentaires probablement nécessaires, dans la mesure où « dans le contexte économique actuel, la stratégie budgétaire prévue ne garantit pas l'objectif de budget équilibré pour 2013 ».

Bruxelles s'inquiète tout particulièrement de l'absence de croissance en Italie, et a ouvertement reconnu que le scénario « avait empiré » depuis les dernières prévisions, selon le porte-parole de M. Rehn, Amadeu Altafaj.

En septembre, la Commission avait déjà revu les prévisions de croissance de l'Italie à la baisse, en prévoyant un taux de croissance annuelle du PIB médiocre de 0,7 % pour 2011, contre 1,6 % dans la zone euro. En mai, les prévisions pour l'Italie s'élevaient à 1%. Elles devraient à nouveau baisser.

Avec une croissance nulle, les objectifs budgétaires audacieux de l'Italie s'avèrent aujourd'hui irréalistes. Les réductions des dépenses en deux temps par le gouvernement italien se révèleront sans doute insuffisantes si l'économie ne redémarre pas.

L'incertitude politique ajoute de l'huile sur le feu

Les pressions exercées par Bruxelles touchent l'Italie en pleine période de trouble et d'incertitude quant à son avenir politique.

Après avoir perdu sa majorité au parlement, M. Berlusconi a annoncé mardi (8 novembre) son intention de démissionner. Mais cela ne pourra se produire qu'après l'adoption du premier paquet de mesures promis à l'Europe pour redresser l'économie italienne. Ces mesures devraient être adoptées samedi.

En outre, M. Berlusconi a lancé un appel à de nouvelles élections sans attendre les résultats des consultations menées par le président Giorgio Napolitano visant à aboutir à un consensus sur la marche à suivre.

Les marchés financiers sont clairement favorables à la création d'un gouvernement d'unité nationale qui pourrait faire passer les mesures nécessaires au parlement dans les plus brefs délais. À l'annonce de la volonté de M. Berlusconi d'organiser des élections, les bourses ont chuté et le spread entre les taux d'intérêt des obligations italiennes et allemandes a atteint un niveau record.

Des élections anticipées pourraient rétablir un certain équilibre, alors que des campagnes électorales sur plusieurs mois laisseraient l'Italie dans l'attente, en la rendant plus vulnérable face aux attaques des spéculateurs.

La rumeur circule à Rome que dans l'éventualité où les élections n'auraient pas lieu, un gouvernement de transition mené par un membre du parti de M. Berlusconi pourrait prendre le pouvoir. Les noms qui circulent sont ceux de son héritier politique et ancien ministre de la justice, Angelino Alfano, et de son influent secrétaire d'Etat, Gianni Letta. Il est également possible que le choix du président s'arrête sur une personnalité respectée à l'échelle internationale, comme l'ancien commissaire européen Mario Monti.

Dans le même temps, hier, M. Napolitano a nommé M. Monti sénateur à vie, une initiative qui pourrait indiquer sa préférence.

Pour le moment, la Commission européenne ne s'est pas exprimée sur le sujet. « Je n'ai aucun commentaire à faire à l'heure actuelle sur une situation qui évolue au niveau national. Je n'ai rien à ajouter sur ce qui doit être fait », a déclaré hier (9 octobre) Pia Ahrenkilde, une porte-parole de la Commission européenne.

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Contexte : 

La conjugaison d'une croissance lente, d'une énorme dette publique de 1840 milliards d'euros (120 % du PIB) et d'une coalition en difficulté au pouvoir n'a de cesse d'alarmer les marchés financiers.

L'Italie, un pays instable sur le plan politique, aurait besoin de minimum 600 milliards d'euros dans le cas d'un renflouement, une somme trop importante pour le fonds de sauvetage de la zone euro.

Le premier ministre, Silvio Berlusconi, a adopté le mois dernier un ensemble de mesures d'austérité s'élevant à 60 milliards d'euros, ce qui lui a permis d'avancer d'un an son objectif d'équilibre budgétaire initial, en échange du soutien de la BCE sur son marché obligataire.

Cependant, nombreux sont ceux qui doutent que M. Berlusconi soit capable de mettre en œuvre ces mesures d'austérité.

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