L'exécutif de l'UE affirme que les paiements aux agriculteurs sous la nouvelle politique doivent être distribués de manière plus juste afin que les nouveaux Etats membres d'Europe centrale et de l'Est qui ont rejoint l'Union en 2004 puissent en bénéficier.
« La PAC n'a jamais été aussi proche d'une crise de légitimité qu'aujourd'hui », a dit le Commissaire chargé de l'agriculture, Dacian Ciolos, aux décideurs politiques de l'UE à Bruxelles.
« C'est un moment opportun pour recentrer [la PAC] sur les attentes de la société », a-t-il ajouté en faisant référence à des défis comme la sécurité alimentaire et le changement climatique.
L'élément central de la proposition de la Commission est de réviser les critères de distribution des financements pour les agriculteurs afin de prendre en compte l'élargissement à l'Est de l'UE.
Les critères actuels sont hérités du passé, explique la Commission, ajoutant que les montants de l'aide sont calculés en fonction des volumes de production des « anciens » Etats membres en 2000-2002.
Les financements entre les anciens et les nouveaux Etats membres varient actuellement de 500 euros par hectare en Grèce à 100 euros en Lettonie. « Nous devons à présent rendre ce mécanisme plus objectif et plus juste pour tous les agriculteurs et tous les Etats membres », a expliqué l'exécutif de l'UE dans une note d'information.
La Commission a exclu une subvention fixe à l'échelle de l'UE mais a affirmé que les agriculteurs de tous les pays pourraient recevoir un pourcentage minimum du taux moyen de l'UE, actuellement environ 250 euros par hectare.
Un plafond pour les paiements pourrait également être introduit afin d'éviter que les fonds soient détournés par de grandes fermes industrielles au détriment d'exploitations plus modestes.
Les propositions révélées hier (18 novembre), ne comprennent pas de détails sur l'ampleur du budget de la PAC à l'avenir qui représente environ 55 milliards d'euros sur les 130 milliards d'euros du budget annuel de l'UE.
Le débat débutera en juillet de l'année prochaine lorsque la Commission fera ses propositions pour le budget long terme de l'UE (2014-2020.
Soutenir la diversité dans l'agriculture
L'autre grande priorité de la Commission est d'en faire plus pour soutenir la diversité de l'agriculture européenne avec une dimension rurale qui comprendrait « une composante verte ».
Les pratiques agricoles qui pourraient être soutenues sous ce schéma pourraient par exemple inclure le maintien des couvertures végétales durant l'hiver pour enrichir le sol, la rotation des cultures, la création de jachères écologiques ou de pâturages permanents, a dit la Commission. Une évaluation de l'impact est actuellement en cours pour déterminer lesquelles de ces options seront possibles.
Les subventions doivent être basées sur des critères environnementaux avec un soutien ciblé pour les agriculteurs actifs qui en ont réellement besoin, a déclaré la Commission.
L'exécutif de l'UE souligne également l'importance des marchés locaux et des ventes directes pour soutenir les agriculteurs innovateurs. « Les petits agriculteurs ne doivent pas forcément devenir plus grand pour devenir plus efficaces », a dit le commissaire de l'UE pour l'agriculture, Dacian Ciolos. « Ils répondent parfois mieux aux demandes du marché », a-t-il dit.
« Un ensemble d'outils pour la gestion de risque permettrait de gérer les incertitudes du marché et la volatilité des revenus en fournissant un filet de sécurité aux agriculteurs », a dit M. Ciolos.
Trois options
Dans sa communication, la Commission européenne a proposé trois options pour la future politique agricole de l'UE :
1. Une option minimaliste impliquant une distribution plus équitable des financements pour que les nouveaux Etats membres en bénéficient avec une réorientation de la politique afin de relever les nouveaux défis. Toutefois, il n'y aurait pas de changements sur le système de paiement direct actuel.
2. Une option réformiste qui impliquerait également une distribution plus équitable des financements pour que les nouveaux Etats membres en bénéficient. Une aide additionnelle d'office serait liée aux objectifs « verts » spécifiques alors qu'un nouveau schéma serait introduit pour les petits agriculteurs. Le soutien serait davantage focalisé sur les objectifs environnementaux et climatiques.
3. Une option plus radicale qui supprimerait complètement à terme les paiements directs en faveur des objectifs environnementaux et climatiques.
Une consultation publique qui avait eu lieu plus tôt cette année avait identifié la sécurité alimentaire, la protection de l'environnement et la diversité rurale comme les trois principaux objectifs de la future politique.




