L’avis final de l’EFSA sur les répercussions du clonage animal sur la sécurité alimentaire, la santé et le bien-être des animaux et l’environnement a été adopté le 15 juillet dernier. D’après cet avis, il n’y a pas de craintes à avoir concernant la sécurité alimentaire des bovins et des porcins clonés.
Toutefois le texte reconnaît les difficultés rencontrées par le comité scientifique en raison d’un manque de données sur le sujet.
Cet avis ne tient compte que des évaluations faites sur les clones de bovins et de porcins, ainsi que leur progéniture. Selon le comité, les connaissances actuelles ne sont pas suffisantes pour émettre un avis sur les clones d’autres animaux.
Lors de la présentation de l’avis le 24 juillet dernier, Vittorio Silano, qui dirige le comité scientifique de l’EFSA, a tenu à souligner les incertitudes qui caractérisent cette évaluation des risques. Selon lui, le nombre limité d’études disponibles, la taille réduite des échantillons testés et l’absence d’une approche uniforme des données nécessaires pour prendre en compte tous les aspects pertinents de la question sont à l’origine de ces incertitudes.
M. Silano a ajouté que l’avis devait donc être mis à jour et réexaminé à la lumière des nouvelles données et des derniers développements dans le domaine du clonage.
L’avis insiste tout particulièrement sur la santé et le bien-être des animaux. Le comité remarque par ailleurs qu’en matière de santé et de bien-être, les animaux clonés sont mieux lotis que les animaux élevés selon des méthodes traditionnelles.
Il est intéressant de constater qu’une directive de l’UE concernant la protection des animaux dans les élevages indique que « les méthodes d'élevage naturelles ou artificielles qui causent ou sont susceptibles de causer des souffrances ou des dommages aux animaux concernés ne doivent pas être pratiquées ».
Commentant cette opinion, John Collins, membre du comité scientifique de l’EFSA, a déclaré qu’en réalité, toutes les personnes concernées comprennent qu’une nourriture saine implique des animaux sains.
Le comité recommande entre autres de poursuivre les études quant à la prédisposition des clones et de leurs progénitures aux maladies et aux agents transmissibles dans les conditions d’élevage traditionnelles.
Le comité a en outre indiqué qu’aucun impact environnemental n’est prévu, soulignant le manque de données disponibles sur la question. Pour ce qui est de la biodiversité, il a affirmé que le clonage ne semble pas avoir d’effet direct sur la diversité génétique dans la mesure où il n’implique aucune nouvelle modification génétique. Il pourrait toutefois y avoir un effet indirect en raison de l’utilisation excessive d’un nombre limité d’animaux dans les programmes d’élevage.
Début 2008, la Food and Drug Administration (FDA) des Etats-Unis a émis une opinion positive par rapport à l’autorisation de commercialisation de produits alimentaires issus de clones. Interrogé sur la santé et le bien-être des animaux, M. Silano a déclaré que la FDA ne s’intéresse pas vraiment à ces aspects, qui ne rentrent pas dans son mandat.
Il a ajouté que les systèmes réglementaires de l’UE et des Etats-Unis relatifs au bien-être des animaux dans le secteur alimentaire sont pour le moins différents. Il a reconnu que cette situation pourrait entraîner des différences d’approche face à la gestion du risque.



