Les principaux domaines de la PAC visés par cette réforme sont les suivants :
- Paiements directs :
Le système unique de paiements autorise encore de nombreuses exceptions selon les situations spécifiques à certaines régions. Mme Fischer Boel souhaite mettre fin à ces dispositions particulières pour réduire les démarches administratives.
De plus, la transparence accrue concernant les bénéficiaires des subventions européennes a révélé que les fonds destinés à soutenir les agriculteurs européens ne sont pas toujours gérés de façon efficace et effective. En effet, certaines études ont montré que les fonds européens profitaient avant tout aux grandes entreprises, qui reçoivent des montants très excessifs, tandis que les coûts administratifs augmentent en raison des milliers de petits paiements que les exploitations agricoles plus modestes doivent effectuer.
Ainsi, dans un discours en juillet 2006, la commissaire a envisagé "d'imposer des plafonds supérieurs et inférieurs aux subventions que les agriculteurs peuvent recevoir dans le cadre du système de paiements unique," lors de la révision de la PAC sur le long terme.
- Organisations communes de marché :
Les organisations communes de marché (OCM) correspondent à un ensemble de règles qui régissent les marchés européens pour des produits agricoles donnés, comme le boeuf ou les céréales. Il existe actuellement 21 OCM, mais la Commission présentera en décembre 2006 une proposition destinée à les remplacer par une organisation unique, avec des règles harmonisées en matière d'intervention, de contingents tarifaires pour les importations, de restitutions à l'exportation, de mesures de sauvegarde et d'aides d'Etat.
Ces nouvelles règles pourraient entraîner la suppression des quotas de production qui subsistent dans certaines organisations de marché, comme les quotas de lait. Mme Fischer Boel a expliqué : "Si nous ne donnons pas la possibilité aux producteurs d'accroître leur production sans avoir à investir [dans des quotas de lait onéreux]... nous créons des contraintes pour le développement du secteur et sa compétitivité à l'avenir."
- Réformes sectorielles :
Certains secteurs sensibles ne sont pas concernés par cette réforme, comme le sucre, le vin, les bananes et autres fruits et les légumes. Cependant, des règles dépassées, des quotas de production excessifs et des subventions trop généreuses ont encouragé les agriculteurs non compétitifs à produire des surplus conséquents, obligeant l'UE à dépenser des fortunes pour conserver et tranformer les stocks.
Cette situation a également donné lieu à de nombreuses plaintes au sujet du 'dumping' pratiqué par les partenaires commerciaux de l'UE.
Ainsi, malgré la vive opposition des agriculteurs européens (voir EurActiv, 22 novembre 2005), dont le revenu diminuera énormément en raison de la baisse des subventions européennes, le secteur du sucre a déjà été réformé. Le nouveau régime est entré en vigueur en juillet 2006.
L'UE se penche actuellement sur les secteurs du vin, des bananes et autres fruits et des légumes.



