La compagnie gazière russe Novatek a renouvelé sa demande de longue date de commercialiser directement le gaz naturel liquéfié (GNL) sur le marché étranger sans passer par le géant gazier de l’exportation Gazprom.
Leonid Mikhelson, le directeur général de Novatek, a déclaré au quotidien financier allemand Handelsblatt que la construction d'installations de GNL dans la péninsule de Yamal (Océan arctique) avec Gazprom serait facilitée si sa compagnie pouvait exporter directement.
« Les exportations directes faciliteraient le financement du projet [Yamal] gigantesque et réduiraient les risques », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il attendait une décision dans quelques mois. « Une décision positive serait très utile pour l'industrie du gaz en Russie. »
Gazprom et Total détiennent des parts de Novatek. Ce dernier et Gazprom ont signé un accord la semaine dernière afin de construire un terminal de GNL en partenariat avec Total d'une capacité annuelle initiale de 16,5 millions de tonnes.
Le Kremlin s'inquiète du déclin des marchés du gaz, qu'il envoie sur les marchés européens en passant par des gazoducs. Ce secteur constitue une source importante de recettes pour Gazprom. La Russie souhaite donc construire des terminaux de GNL afin d'acheminer du gaz par bateau dans le monde.
M. Mikhelson a également indiqué qu'il était nécessaire pour Novatek que l'UE soit prête à soutenir des contrats à long terme de livraison de gaz ainsi que le projet Yamal, car les engagements financiers considérables ne pourront être endossés sans avoir la garantie que le gaz sera vendu.
Il a ajouté que les entreprises européennes en bénéficieraient si le projet Yamal allait plus vite. « Des sociétés telles que BASF et Siemens veulent répondre aux appels d’offre [de Yamal] et devenir des partenaires contractuels », a-t-il poursuivi.
L'UE souhaite cependant éviter des contrats gaziers à long terme, car elle veut que l'industrie bénéficie de prix au comptant bon marché de l’approvisionnement en gaz.
Novatek a signé en juillet dernier un contrat d'approvisionnement de 10 ans avec l’entreprise publique allemande EnBW. L'entreprise russe a ainsi mis un pied dans le marché gazier lucratif de l'UE en esquivant la situation de monopole russe par le réseau de commerce basé en Suisse, qui n'achemine pas de gaz officiellement par bateau.