L’écart de compétitivité de l’Europe du Sud « se réduit rapidement »

Publié: 30 janvier 2013

L’Espagne, la Grèce et le Portugal compensent rapidement la perte de compétitivité des salaires, une cause importante de la crise de la zone euro, ont révélé de nouvelles données aujourd’hui (30 janvier). Le rapport examine également l’évolution des coûts de la main‑d’œuvre en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne.

Background

Les coûts du travail en Europe peuvent varier considérablement d'un pays à l'autre, selon des données récentes de l'office statistique européen, Eurostat.

En 2011, les coûts horaires de la main-d'oeuvre étaient compris entre 3,5 euros en Bulgarie et 39,3 euros en Belgique, le coût le plus élevé dans l'Union européenne.

En Allemagne, le coût horaire de la main-d'oeuvre est de 30,1 euros contre 34,2 euros en France. L'austérité des Allemands en matière de salaires a souvent été critiquée en France, où elle est assimilée à une mesure de concurrence déloyale.

Selon The Conference Board, une organisation de recherche sur l'entreprise, les coûts salariaux unitaires, qui mesurent ce qu'un travailleur gagne par heure pour la quantité produite, a chuté de 9,2 % en Grèce entre le deuxième trimestre de 2011 et celui de 2012.

En Espagne et au Portugal, les coûts ont chuté respectivement de 2,1 % et de 5,9 %, ce qui rend leurs exportations encore plus concurrentielles et accroît leur intérêt en tant que destination d'investissements.

Les économies en difficulté de la périphérie de la zone euro ont également dépassé les tableaux de croissance de la productivité au cours de la même période, alors que les entreprises fragiles sont au pied du mur, peut-on lire dans le rapport de Conference Board.

Bert Colijn, un économiste à Bruxelles de l'organisation de recherche et l'un des auteurs de l'étude, a déclaré que les conclusions démentaient l'idée présente dans certains cercles selon laquelle les pays débiteurs évitaient de s'engager dans des réformes et des ajustements difficiles.

« L'écart de compétitivité se réduit rapidement, ce qui est un signe très positif », a-t-il indiqué lors d'un entretien téléphonique.

La diminution radicale des coûts de main-d'oeuvre en supprimant des emplois ou en réduisant des salaires n'est toutefois pas soutenable en fin de compte. Le Conference Board, dont le siège principal se situe à New York, a indiqué qu'à un certain moment, les économies concernées entreraient dans une spirale descendante qui réduirait leur potentiel de croissance à long terme et intensifierait les pressions politiques et sociales.

Les pays du sud de la zone euro doivent donc s'appuyer sur leur compétitivité salariale retrouvée en relançant la production. Cette relance nécessitera à son tour une reprise des dépenses d'investissements, qui s'était volatilisée en raison des doutes sur l'avenir de l'euro.

« Ces pays attendent désespérément un retour de l'investissement. Le problème est que le crédit des banques est plutôt limité et que la confiance des entreprises est faible. C'est la raison pour laquelle l’investissement des entreprises diminue par deux chiffres dans des pays comme l'Espagne, la Grèce et le Portugal », a déclaré M. Colijn.

Carte des scores

Examinant les pays un par un, le rapport indique :