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L’accord sur la TTF déclenche un débat sur l’allocation des fonds

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Publié 22 janvier 2013, mis à jour 24 janvier 2013

Des organisations d’aide au développement ont accueilli favorablement un accord, approuvé par 11 États membres de l’UE aujourd’hui (22 janvier), sur la mise en place d’une taxe sur les transactions financières (TTF). Elles ont invité la Commission européenne à suivre l’exemple de la France en allouant 10 % des recettes « au profit des plus pauvres du monde ».

Les ministres européens des finances ont donné le feu vert à 11 pays afin qu'ils lancent une TTF harmonisée, ce qui ouvre un débat délicat sur l'utilisation de ces recettes.

Ces pays sont l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, l'Italie, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie. Conformément à la procédure de « coopération renforcée », d'autres États membres peuvent les rejoindre à n'importe quel moment.

>> Lire : Onze États de la zone euro en faveur d’une taxe sur les transactions financières

Algirdas Šemeta, le commissaire européen en charge de la fiscalité, a considéré l'accord comme « une étape importante dans l'histoire de l'impôt mondial ».

La Commission européenne doit maintenant soumettre une proposition sur la répartition des recettes. L'aide au développement à l'étranger et les pays de la zone euro fortement endettés sont en pôle position pour recevoir ces recettes.

M. Šemeta a déclaré que « les nouvelles recettes considérables » générées par la taxe « pourraient être utilisées pour des investissements en faveur de la croissance » et pour le soutien aux engagements politiques élargis tels que l'aide aux pays pauvres.

Il est toutefois difficile de déterminer la manière de dépenser les nouvelles recettes. Un institut allemand a estimé ces recettes à 37 milliards d'euros par an si les 11 pays appliquent la taxe.

Contribution au budget de l'UE ?

La France, l'un des plus grands partisans de la nouvelle taxe, a indiqué qu'elle était disposée à allouer 10 % de ces nouvelles recettes à l'aide à l'étranger.

Gaël Veyssière, le porte-parole de la représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne à Bruxelles, a déclaré à EurActiv que Paris était prêt à consacrer une partie des recettes fiscales au budget de l'UE, « sous une forme pas encore déterminée ».

L'eurodéputé français Alain Lamassoure (Parti populaire européen), qui préside la commission parlementaire sur le budget et qui a joué un rôle prépondérant dans la promotion de la TTF, a formulé la même idée. Il a déclaré qu'une taxe commune devrait financer des politiques communes.

« L'étape suivante est maintenant d’affecter les revenus de cette taxe au financement du budget communautaire. C’est une urgence vitale, pour soulager les budgets nationaux obérés par la crise, alors qu’ils continuent par le biais de contributions nationales de financer la quasi-totalité du budget européen », a-t-il indiqué.

Au Parlement européen, le groupe Verts/ALE a appelé la Commission à présenter des propositions sans tarder sur le fonctionnement de la TTF. Les recettes de la TTF pourraient jouer un rôle déterminant dans le système des ressources propres pour le budget de l'UE, notamment pour le climat et l'aide au développement, a déclaré l'eurodéputée danoise Émilie Turunen, la porte-parole du groupe des Verts à la commission des affaires économiques.

ONE, une organisation mondiale de campagne et de plaidoyer fondée par Bono, le chanteur du groupe rock U2, a publié un communiqué dans lequel elle accueille la décision de lancement d'une TTF comme « une bonne occasion de trouver des ressources supplémentaires pour l'aide au développement ».

« La France se trouve dans une position avantageuse, car un pourcentage de ses recettes [générées] par sa TTF nationale est déjà réservé au développement », a déclaré Eloise Todd, la directrice d'ONE Bruxelles. « Le ministre allemand du développement, Dirk Niebel, s'est également déclaré en faveur de l'idée, mais ses mots devront être traduits en actes. Tous les pays qui ont ratifié la TTF de l'UE doivent s'assurer que les plus pauvres du monde en bénéficieront. »

Réactions : 

Le président du Parti socialiste européen (PSE), Sergueï Stanichev, a déclaré :

« Aujourd'hui marque une étape importante dans la réparation de certaines injustices de la crise financière. Cinq ans après que la crise a frappé pour la première fois les marchés mondiaux, nous disposons d'une taxe qui vise directement les spéculateurs dont l’avidité a provoqué ces conséquences catastrophiques. »

M. Stanishev a ajouté : « Tous les États membres de l'UE devraient prendre note de cette étape positive et se rappeler que les citoyens ordinaires attendent toujours que ceux qui ont provoqué la crise contribuent financièrement et de manière importante à la solution. »

Le président du PSE a également indiqué que la responsabilité reposait maintenant sur la Commission européenne qui devrait présenter immédiatement une proposition législative mise à jour sur la mise en oeuvre de la TTF.

Le groupe de centre-droit du Parti populaire européen (PPE) a également accueilli favorablement le feu vert du Conseil sur la TTF. L'eurodéputé français Jean-Paul Gauzès, le porte-parole du PPE à la commission des affaires économiques, a déclaré :

« Il s'agit d'une année cruciale pour la stabilité et la croissance de l'Europe. [...] C'est d'une importance majeure pour nous que le secteur financier contribue, comme tout autre secteur économique, à l'effort collectif afin de sortir de la crise. Il s'agit de la prochaine étape pour sortir de la crise. »

M. Gauzès a également appelé la Commission européenne à présenter rapidement une nouvelle proposition de directive.

« J'espère que la coopération renforcée lancée par 11 États membres ouvrira la voie à un accord européen et ensuite mondial sur la taxe sur les transactions financières. La valeur ajoutée est incontestable. La TTF luttera contre la spéculation, introduira davantage de justice dans le système fiscal et devrait, à long terme, permettre le renforcement des ressources propres de l'UE », a-t-il indiqué.

La Chambre de commerce américaine auprès de l'UE (AmCham EU) a déploré la décision prise mardi d'autoriser 11 États membres à progresser dans l'introduction d'une taxe sur les transactions financières grâce à une coopération renforcée.

« AmCham EU s'oppose à une telle taxe parce qu'elle n'atteint pas un certain nombre d'objectifs apparents et nuira à la croissance », peut-on lire dans un communiqué de la Chambre.

EurActiv.com - Article traduit de l'anglais
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Contexte : 

En septembre 2011, la Commission a publié une proposition détaillée relative à une taxe sur les transactions financières.

Selon cette proposition, la TTF s'appliquerait à toute transaction portant sur des instruments financiers, sauf sur le marché primaire, et des prêts bancaires. Les transactions impliquant des actions et des obligations seront taxées à 0,1 % et les produits dérivés à 0,01 %. La TTF devra être payée si au moins l'une des parties est basée dans l'UE.

L'Allemagne et la France, les plus grands partisans de cette taxe, souhaitaient une application à l'échelle de l'UE dès 2014, mais elles ont dû se résigner à lancer une procédure de coopération renforcée. Le 9 octobre 2012, 11 États membres, deux de plus que le minimum requis, ont exprimé leur intention d'enclencher une procédure de « coopération renforcée » conformément au traité de l'UE afin de lancer la TFF [plus d'infos].

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