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Les auditions de confirmation menacent de déraper [FR]

Publié 14 janvier 2010
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Mis en difficulté par la faible performance de Rumiana Jeleva lors de son audition parlementaire plus tôt cette semaine, le Parti populaire européen (PPE) de centre droit menace de contre-attaquer en demandant à ce qu’une tête socialiste tombe.

Le groupe PPE a déclaré mercredi (13 janvier) qu’il rechercherait une explication concernant une déclaration faite par le commissaire candidat slovaque Maroš Šefčovič contre la minorité Rom de son pays en 2005.

Nous sommes très inquiets à propos de la déclaration de M. Maroš Šefčovič, qu’il a faite le 19 janvier 2005, lorsque la Commission organisait une conférence sur les droits de l’homme et les politiques migratoires de l’UE, a déclaré József Szájer, un eurodéputé hongrois en charge de superviser les auditions parlementaires des commissaires pour le PPE.

Lors de cette réunion, M. Šefčovič avait expliqué que ses compatriotes roms exploitaient le système social slovaque, a affirmé M. Szájer aux journalistes à Bruxelles.

Je ne pense pas que le futur vice-président de la Commission européenne, responsable de questions aussi sensibles que le recrutement, l’égalité des chances, la parité, devrait avoir une vision si discriminatoire sur cette question, a déclaré le représentant du PPE, ajoutant qu’il était inacceptable de coller une étiquette sur un groupe ethnique sur la base de la culpabilité collective.

Maroš Šefčovič, socialiste slovaque, est actuellement commissaire à l’Education et a été nommé vice-président en charge des relations interinstitutionnelles et de l’administration dans l’équipe Barroso II (2009-2014).

Toutefois, M. Szájer a averti que le Slovaque allait être malmené lorsqu’il fera son apparition devant le Parlement la semaine prochaine. Lors de son audition lundi, nous serons très intéressé d’entendre ce que M. Šefčovič a à dire sur cette question, ce qu’il peut répondre, et nous serons également intéressé de savoir ce qu’en pense le président de la Commission, si de telles personnalités peuvent être membres de son cabinet, à un niveau aussi élevé que celui de vice-président, a dit M. Szájer.

Interrogé par EurActiv pour savoir si cette manœuvre était une réponse du tac au tac à l’égard des socialistes, qui ont appelé à ce que la commissaire candidate bulgare Rumiana Jeleva soit débarquée au regard de sa faible performance mardi, M. Szájer a admis qu’il pouvait se dégager une fausse impression de cette affaire.

En effet, les positions de M. Szájer semblent être en contradiction avec des déclarations antérieures du PPE affirmant que cette formation était contre les attaques personnelles et les chasses à l’homme. Selon des sources au Parlement, le PPE avait conservé la petite phrase de M. Šefčovič bien au chaud dans l’hypothèse om le groupe de centre droit se trouverait dans une position difficile.

Faible preuve

Cependant, les accusations contre M. Šefčovič ne semblent pas être basées sur des preuves solides. En réalité, EurActiv a découvert que cette citation n’avait pas été récupérée d’un texte officiel de l’OSCE, mais d’une présentation de 11 pages  d’un activiste de la minorité Rom, qui accuse de nombreux dirigeants européens de racisme anti-gitan, y compris des personnalités du PPE comme le président roumain Traian Basescu, l’ancien premier ministre slovaque affilié au PPE Mikulas Dzurinda, une eurodéputé de haut niveau du parti chrétien démocrate allemand Doris Pack, et bien d’autres.

L’ancien ambassadeur de la Commission européenne auprès de la Slovaquie Eric Van der Linden et l’ancien premier ministre britannique Tony Blair sont également accusés de racisme anti-gitan.

Entre temps, la controverse a continué à grandir concernant la faible performance de Mme Jeleva mardi.

La commission développement du Parlement, qui a mené l’audition de Mme Jeleva, est déjà arrivée à la conclusion que la Bulgare avait échoué à répondre de manière satisfaisante aux questions, si l’on en croit un document interne vu par Dnevnik, la partenaire d’EurActiv en Bulgarie.

Le document note également que Mme Jeleva n’avait pas d’idées concrètes des « zones chaudes » comme l’Afghanistan, le Congo, le Soudan et Gaza, et qu’apparemment, ignore où se trouve certaines zones de conflit.

Le représentant du PPE M. Szájer a déclaré qu’il n’avait aucune connaissance d’un tel examen, ajoutant que son groupe espérait que l’évaluation de Mme Jeleva n’inclurait pas uniquement des allégations infondées mais également son expertise et sa volonté de maîtriser ce domaine.

Dans des circonstances normales, elle aurait fait preuve de ses compétences, mais elle n’a pas reçu un traitement équitable. 

Réactions : 

Le commissaire candidat Maroš Šefčovič, nommé vice-président responsable des relations interinstitutionnelles et de l’administration dans l’équipe Barroso II, a d’ores et déjà répondu aux accusations, a rapporté la presse tchèque tard mercredi.

M. Šefčovič a déclaré à l’agence tchèque ČTK que la conférence en question avait eu lieu cinq ans en arrière et qu’il ne se rappelait plus de ce qu’il avait dit à cette occasion. S’il a fait des commentaires qui ont offensé des personnes, il les regrette profondément, a-t-on rapporté.

J’ai toujours soutenu tous les efforts pour aider la communauté rom, aurait dit M. Šefčovič, ajoutant qu’il avait personnellement aidé à créer un système européen spécial de subventions dont 200 millions d’euros vont aux Roms de Slovaquie.

L’agence tchèque ČTK ajoute que sa source a affirmé que le PPE voulait essayer de rechercher un équilibre des forces en présence et envisageait de rejeter un candidat socialiste. Des eurodéputés socialistes ont rejeté deux commissaires désignés liés au PPE, la candidate bulgare Rumiana Jeleva et le Lituanien Algirdas Šemeta, selon l’agence.

Contexte : 

En se fondant sur les candidatures suggérées par chaque pays, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a distribué les portefeuilles dans sa nouvelle équipe, qui comprendra 27 commissaires, soit un pour chaque Etat membre (EurActiv 27/11/09).

La prochaine étape sera une session de questions et réponses de trois heures avec chaque candidat dans le (les) commission(s) parlementaire(s) responsable(s) du portefeuille concerné. Dans leur évaluation, les eurodéputés prennent en compte les compétences générales des commissaires désignés, leur engagement européen et leur indépendance personnelle.

Le parlement votera sur l’intégralité du collège de commissaires le 26 janvier. Bien qu’il ne puisse pas rejeter les commissaires de manière individuelle, il peut néanmoins faire pression pour que les portefeuilles soient redistribués.

Dans certains cas, les pays sont forcés de changer celui ou celle qu’ils ont nommé afin d’éviter que l’intégralité de la Commission ne soit rejetée. En 2004, le commissaire désigné M. Buttiglione avait été rejeté et M. Barroso avait été forcé de présenter un autre candidat pour éviter la crise.

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