Le "plan D" vise notamment à encourager et à faciliter l'organisation, dans chaque Etat membre, de débats sur l'avenir de l'Union européenne. S'appuyant sur les exemples de l'Irlande et de l'Espagne - deux pays dans lesquels la population a pu, dans le passé, participer à de larges débats sur l'Europe -, Mme Wallström souhaite que des discussions impliquant parlements nationaux, société civile médias puissent aboutir à la création d'une "sphère publique européenne". "L'Europe est, depuis l'origine, un projet conçu par et pour les élites politiques", souligne MmeWallström, pour qui "aujourd'hui, le grand public est mieux éduqué et informé [et doit donc être davantage impliqué]".
Le plan D repose sur 13 initiatives spécifiques devant contribuer à structurer et à stimuler ces débats nationaux : les Commissaires se rendront dans les Etats membres et auront des discussions avec les parlementaires nationaux ; des "ambassadeurs de bonne volonté" auront pour mission de vanter les mérites de l'intégration européenne ; les citoyens auront davantage leur mot à dire dans les consultations sur les futures initiatives politiques prises au niveau européen ; etc.
Un processus de retour d'information est par ailleurs mis en place. Une première synthèse sur les résultats des débats nationaux aura lieu en avril 2006, et le 9 mai sera organisée une "Conférence sur l'avenir de l'Europe".
Soulignant une fois de plus que le plan D ne doit pas être considéré comme "un plan de sauvetage de la Constitution", Mme Wallström a par ailleurs fait part de ses doutes quant au caractère réaliste des projets de relance du projet constitutionnel présentés par plusieurs parlementaires européens.
Défis :
L'exécutif européen s'est fixé des objectifs très ambitieux avec ce plan D. Mais, un peu comme dans le cas de la stratégie de Lisbonne, son pouvoir réel est extrêmement limité, et le succès de l'entreprise dépend avant tout du degré d'implication et de détermination des Etats membres. L'absence de réel débat citoyen au moment de la Convention sur l'avenir de l'Europe n'incite guère à l'optimisme sur l'issue de ce projet.
La difficulté de la tâche de la Commission ne pouvait être mieux illustrée que par le refus du parlement néerlandais (le jour même où Margot Wallström présentait son plan D) d'organiser un débat sur l'Europe après l'échec du référendum sur la Constitution organisé aux Pays-Bas en mai dernier.



