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Šefčovič passe haut la main son audition et fait taire les accusations [FR]

Publié 19 janvier 2010
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Le commissaire candidat slovaque Maroš Šefčovič a fait preuve de son assurance sur les questions relatives à son futur portefeuille en tant que vice-président responsable des relations interinstitutionnelles et de l’administration, tout en repoussant les accusations de racisme anti-gitan lors de son audition devant le Parlement européen hier (18 janvier).

Si vous essayez de me diffamer, je me sens offensé, a répondu avec éclat M. Šefčovič à son accusateur József Szájer (PPE, Hongrie), lors de son audition à Strasbourg. Il a ajouté que les organisations Roms le connaissaient et le soutenaient plus que n’importe qui d’autre.

Lors de cette audition de trois heures, M. Szájer a réitéré sa requête (voir « Contexte ») consistant à voir M. Šefčovič expliquer pourquoi il avait attendu cinq ans pour exprimer des regrets sur ses commentaires sur ses compatriotes roms. Il aurait dit que cette partie de la population slovaque exploitait le système social du pays.

Ces déclarations sont issues d’un document écrit par l’activiste rom Valeriu Nicolae et font partie de notes qu’il a pris en tant que stagiaire lors d’une conférence organisée par la Commission européenne le 19 janvier 2005.

M. Šefčovič a déclaré aux eurodéputés qu’il ne se rappelait pas des mots exacts qu’il avait prononcé à l’occasion de cette conférence, ajoutant que ses commentaires n’avaient causé aucune controverse à l’époque.

Cette citation date de cinq ans, consiste en six mots et a été clairement sortie de son contexte […]. Je ne souhaitais offenser personne. Et si je l’ai fait, je le regrette sincèrement, a-t-il dit.

Valeriu Nicolae, qui est désormais président du Centre politique pour les Roms et les minorités, une ONG internationale basée en Roumanie, a déclaré à notre site Internet qu’il était incroyable que le PPE attaque M. Šefčovič sur la base d’un document qu’il a écrit dans le passé.

M. Nicolae a ajouté que les dirigeants du PPE avaient fait des déclarations anti-gitans bien pires, et a notamment parlé du parti hongrois affilié au PPE, Fidesz, dont M. Szájer est membre, comme figurant parmi les pires coupables.

C’est drôle de voir M. Szájer attaquer M. Šefčovič. M. Szájer s’est montré très dur envers les Slovaques, a ajouté M. Nicolae, parlant au téléphone depuis Bucarest.

M. Nicolae a expliqué que M. Šefčovič avait prouvé qu’il pouvait faire avancer les choses pour les Roms. Contrairement à d’autres politiciens, M. Šefčovič a réussi à convaincre le gouvernement de Slovaquie, qui n’est pas un gouvernement facile selon lui, de s’attaquer aux problèmes urgents de la communauté Rom, a-t-il affirmé.

Ce que la Slovaquie a fait pour les Roms doit être fait par tous les pays où il y a une population Rom importante, a expliqué M. Nicolae.

M. Szájer s’est vu questionné par la presse pour savoir pourquoi il n’avait pas révélé plus tôt ces commentaires controversés de M. Šefčovič, par exemple avant sa confirmation en tant que commissaire à l’éducation. Le vice-président du PPE a répondu qu’il n’était pas en charge des auditions parlementaires à cette époque.

Eduard Kukan, ancien ministre des affaires étrangères slovaque qui est affilié au PPE, a déclaré à EurActiv que, de son point de vue, M. Šefčovič avait impressionné les eurodéputés lors de son audition grâce à ses compétences, ajoutant qu’il s’attendait à ce que le candidat soit confirmé en tant que commissaire.

Interrogé pour savoir s’il fallait s’attendre à d’autres attaques contre lui dans les prochains jours, il a affirmé que seuls les eurodéputés hongrois devraient continuer cette bataille jusqu’au vote final en plénière.

En substance

L’eurodéputé Andrew Duff (ADLE, Royaume-Uni) a tenté de piéger M. Šefčovič en lui demandant s’il se qualifierait lui-même de fédéraliste. Apparemment, M. Šefčovič a hésité à donner sa réponse, sachant qu’il s’attirerait les foudres de certains eurodéputés s’il admettait de telles convictions.

Je soutien avec force une Union encore plus étroite, a-t-il répondu.

M. Duff l’a également interrogé sur la réforme électorale des élections européennes. M. Šefčovič s’est dit en faveur d’une réforme destinée à augmenter la participation lors de ces élections. Il a ajouté qu’il soutiendrait des listes transnationales et qu’il pourrait être plus avantageux d’avoir deux jours d’élection en mai plutôt que quatre jours en juin.

Plusieurs questions ont porté sur ses futures tâches au regard de la mise en place du Service européen d’action extérieure (SEAE) et sur la réforme du processus de recrutement, qu’il devrait réviser.

Je n’ai qu’un but – que le SEAE soit un succès, a déclaré M. Šefčovič. Il a dit qu’il espérait qu’une décision sur la réglementation du staff du SEAE serait prise après la procédure législative ordinaire, impliquant ainsi le Parlement, tout en notant que les contraintes temporelles étaient énormes.

Gerald Häfner (Verts/ALE) et Stanimir Ilchey (ADLE, Bulgarie) ont demandé au candidat sa vision de l’initiative citoyenne introduite par le traité de Lisbonne.

M. Šefčovič a déclaré qu’il ferait pression pour que des progrès soient réalisés sous présidence espagnole (EurActiv 14/01/10). En ce qui concerne l’admissibilité des initiatives, il a dit qu’il ne soutiendrait pas une intervention trop précoce de la Commission.

M. Šefčovič a fait référence aux registres institutionnels pour les lobbyistes, expliquant qu’il n’était pas juste pour de grosses consultances et cabinets juridiques d’avoir la possibilité d’éviter les standards imposés à d’autres. Si ils sont lobbyistes, ils doivent être enregistrés.

Le commissaire candidat slovaque a aussi exprimé sa volonté d’améliorer le code de conduite des commissaires.

Contexte : 

Maroš Šefčovič, socialiste slovaque, est actuellement commissaire européen à l’éducation et il a été nommé pour devenir vice-président de la Commission en charge des relations interinstitutionnelles et de l’administration sous Barroso II (2009-2014).

József Szájer (PPE, Hongrie), responsable de la surveillance des auditions parlementaires des commissaires pour le compte de son groupe, a récemment accusé M. Šefčovič d’avoir dit, il y a cinq ans, que les fonds sociaux de son pays avaient été vidés par la minorité Rom (EurActiv 14/01/10).

Dans le même temps, les organisations Roms de son pays ont soutenu M. Šefčovič, expliquant qu’il avait toujours été enclin à soutenir des projets en faveur de la plus importante minorité d’Europe (EurActiv 15/01/10).

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