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Le groupe des sages de l’UE hésite à s’ouvrir au public [FR]

Publié 22 janvier 2009
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Le groupe de réflexion établi par les dirigeants de l’UE pour examiner l’avenir de l’UE doit désormais décider s’il travaillera à huis clos ou s’il s’ouvrira au public en demandant des contributions via Internet. C’est ce qu’a indiqué hier (21 janvier) le président du groupe Felipe Gonzalez.

M. Gonzalez, un éminent ancien homme d’Etat espagnol, a été « mis sur la sellette » par la commission des Affaires constitutionnelles du Parlement européen, de nombreux eurodéputés le pressant de consulter les citoyens européens pour leur faire regagner confiance en le projet européen. 

Les eurodéputés lui ont également conseillé de maintenir des contacts étroits avec les institutions européennes, et en particulier avec le Parlement. 

Parlant en espagnol et insistant sur le fait qu’il ne présentait que son point de vue personnel, M. Gonzalez a expliqué que le groupe n’a tenu qu’une seule réunion jusqu’à présent et que des doutes demeuraient encore quant à la question de savoir si sans être secret, son travail devait être discret ; ou, au contraire, devait être ouvert à l’ensemble de la société, de manière interactive. 

Une partie de ces doutes a déjà été levée, dans la mesure où nous souhaitons avoir un dialogue avec les institutions, avec la Commission et en particulier avec le Parlement, comme moyen d’avoir un dialogue avec les représentants des citoyens, a-t-il déclaré. 

M. Gonzalez a également indiqué que le groupe des sages tentera de répondre à deux grandes questions : comment l’Union peut-elle gagner en pertinence à l’égard de ses citoyens et envers le reste du monde. Il a déclaré qu’il avait proposé un certain nombre de priorités, qu’il a exposé comme suit :

  • comment maintenir le modèle social européen de cohésion sociale au XXIème siècle, fondé sur l’agenda de Lisbonne, dont il estime les résultats insatisfaisants ;
  • l'énergie et le changement climatiques, qui requièrent de son point de vue une révolution dans l’utilisation des sources d’énergie. Il s’est également prononcé fortement en faveur de l’énergie nucléaire ;
  • les flux de migration, dans la perspective de répondre aux besoins démographiques du Vieux Continent ;
  • la réponse aux défis du terrorisme et du crime organisé ;
  • la réponse aux défis provenant des zones de conflit et d’Etats en déliquescence. A cet égard, il mentionne le Caucase et plusieurs scénarios possibles si l’Ukraine refuse à la Russie le renouvellement de son contrat de location pour le port de la mer Noire de Sebastopol, qui expire en 2017. 

M. Lambert a déclaré que son groupe offrira également des conseils sur la manière de tirer au mieux profit de la nouvelle administration américaine, et réfléchira aux notions d’identité et de valeurs européennes. 

Le président du groupe de réflexion s’est également prononcé fermement contre les projets de la précédente administration américaine visant à déployer un bouclier anti-missile dans des pays européens, déclarant qu’il n’avait personnellement jamais cru qu’un tel projet soit destiné à combattre des missiles provenant d’Iran. Il a également déclaré que ce serait une faute stratégique de pousser la Russie vers une nouvelle guerre froide. 

Par rapport aux récentes crises géorgienne et gazière, il a indiqué que le fléau de la gérontocratie soviétique était au moins prévisible. Il a qualifié la situation actuelle de suffisamment alarmante. 

Felipe Gonzalez a également indiqué que ceux qui ne souhaitent pas être dans l’Europe devraient pouvoir la quitter. Il a toutefois ajouté que les pays qui ont hésité à rejoindre l’UE savent qu’il fait plus froid dehors.

Contexte : 

Le Conseil européen du 14 décembre 2007 a décidé de mettre en place un « groupe de réflexion » composé de neuf personnes au maximum. Sélectionnés dans toute l’Union sur la base de leur mérite, ses membres tâcheront d’identifier les principales questions et évolutions auxquelles l’UE devrait faire face à l’avenir tout en analysant des solutions potentielles. 

C’est l’ancien Premier ministre espagnol Felipe González qui a été désigné président du groupe. Quant à la vice-présidence, elle est détenue par Vaira Vike-Freiberga, ancienne présidente de la Lettonie, et par Jorma Ollila, ancien PDG de Nokia. 

Lors du sommet des 15-16 octobre 2008, il a été décidé que le groupe consistera de 12 personnes au lieu de neuf (EurActiv 14/10/08). Les autres membres du groupe sont les suivants : 

  • Lech Walesa, leader historique du mouvement anti-communiste polonais Solidarnosc et ancien président de la Pologne ; 
  • Mario Monti, ancien commissaire à la Concurrence italien
  • Richard Lambert, directeur général de la Confederation of British Industry et ancien rédacteur en chef du Financial Times ;
  • Lykke Friis, de l’Université de Copenhague ;
  • Nicolas Notat, ancienne dirigeante du syndicat français CFDT ;
  • Wolfgang Schuster, conservateur allemand et maire de Stuttgart;
  • Rainer Muenz, économiste autrichien ;
  • Rem Koolhaas, architecte néerlandais ;
  • Kalypso Nicolaidis, professeur grec. 

Le secrétaire général du groupe est le docteur slovène Ziga Turk, qui tient une chronique quotidienne sur Blogactiv. 

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