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Guy Verhofstadt propose une alternative au pacte de compétitivité

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Publié 04 mars 2011, mis à jour 08 mars 2011

Guy Verhofstadt, le dirigeant du groupe libéral au Parlement européen a déposé une proposition pour la convergence économique au sein de l'UE. Il a affirmé qu'il était de plus grande envergure que le récent projet d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy et qu'il placerait la Commission européenne, et non les Etats membres, aux commandes.

Le document, présenté à la presse par M. Verhofstadt au Parlement européen hier (3 mars), est intitulé « Community Act for economic convergence and governance » (Acte communautaire pour la convergence et la gouvernance économiques).

Contrairement à la proposition de Mme Merkel et de M. Sarkozy, qui se limitait à six mesures spécifiques (voir « Background »), celle de M. Verhofstadt est de plus grande envergure.

La philosophie du projet des deux chefs d'Etat est de compléter les stratégies économiques de l'UE (comme Europe 2020 ou le récent Semestre européen) avec les six points proposés, a expliqué M. Verhofstadt.

Mais selon lui, ces politiques de gouvernance économique devraient être intégrées dans une seule politique.

En outre, M. Verhofstadt a expliqué que le projet d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy se basait sur la méthode intergouvernementale, alors que sa proposition à lui se base sur la méthode communautaire, ce qui placerait donc la Commission européenne, et non les Etats membres, aux commandes.

Mettre les Etats membres à la barre ne mènerait qu'à l'échec, a affirmé M. Verhofstadt, citant l'exemple de l'Agenda de Lisbonne en 2000 pour la croissance et l'emploi qui n'avait pas été supervisé par la Commission et n'avait pas obligé les pays membres de l'UE à une mise en application.

L'exécutif de l'UE devrait superviser la convergence et la gouvernance économiques européennes en imposant des mesures correctives, voire des sanctions, aux pays qui ne se montreraient pas conformes à ce qui est demandé, a insisté M. Verhofstadt.

Parmi les sanctions possibles, les pays pourraient perdre des financements dans le cadre de différents programmes, a-t-il précisé.

M. Verhofstadt a également demandé une réorganisation de la structure de la Commission européenne, avec un « regroupement des compétences » et un commissaire aux affaires économiques (actuellement Olli Rehn) en charge de tous les autres commissaires qui détiennent des compétences économiques (actuellement Michel Barnier au marché intérieur, Joaquin Almunia à la compétitivité, Antonio Tajani à l'industrie, Karel de Gucht au commerce, Janusz Lewandowski au budget et Algirdas Semeta à la fiscalité).

Lorsqu'EurActiv lui a demandé s'il avait « comparé ses notes » avec le président de la Commission, José Manuel Barroso, et avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui avaient formulé ensemble leur propre réponse au pacte de Mme Merkel et de M. Sarkozy, Guy Verhofstadt a répondu qu'il leur avait juste envoyé le document adopté par le groupe ALDE la veille.

Des sources au Parlement ont confié à EurActiv que le document de M. Verhofstadt aurait de grandes chances de jouer un rôle dans la définition de la future politique économique de l'UE, à condition que le Parti populaire européen de centre-droit et les Socialistes & Démocrates de centre-gauche soient d'accord.

Prochaines étapes : 
  • 11 mars : les dirigeants de la zone euro débattront des objectifs de compétitivité.
  • 24-25 mars : sommet de l'UE pour trouver un accord concernant un paquet sur la compétitivité et un fonds de sauvetage permanent pour la zone euro.
Contexte : 

Lors du dernier sommet de l'UE, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont présenté un Pacte de compétitivité en six points voué à une harmonisation des politiques fiscales et d'emploi dans la zone euro. Ils affirmaient en effet que la crise avait mis en exergue la nécessité de compléter l'union monétaire par une union économique.

Quelques semaines plus tard, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et son homologue du Conseil européen, Herman Van Rompuy, présentaient un document qui comportait les nouveaux objectifs en matière de compétitivité.

Le pacte Van Rompuy-Barroso est gardé sous clé mais certaines sources laissent entendre qu'il serait largement plus flexible que celui proposé par Mme Merkel et M. Sarkozy.

Le 11 mars, les dirigeants de la zone euro discuteront des objectifs de compétitivité en amont du sommet de l'UE des 24 et 25 mars qui aura pour but d'aboutir à un paquet ainsi qu'à l'établissement d'un fonds de sauvetage permanent pour la zone euro.

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