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La présidence belge de l'UE

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Publié 28 juin 2010, mis à jour 18 février 2011

La Belgique va  prendre la tête de la présidence tournante de l'Union européenne le 1er juillet avec un gouvernement intérimaire à sa tête, à la suite des élections nationales qui ont conduit le dirigeant séparatiste flamand Bart De Wever en tête des scrutins.

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Résumé

La Nouvelle alliance flamande (N-VA), parti nationaliste, a obtenu une victoire écrasante dans la partie néerlandophone de la Belgique lors des élections nationales qui ont eu lieu le 13 juin 2010, ouvrant la voie à une délégation de pouvoirs plus forte vers les régions, dans le pays qui accueille les institutions européennes.

Les voix des nationalistes flamands ont été assorties d'une large victoire des socialistes dans la Wallonie francophone, les deux partis devant désormais mener des discussions pour un gouvernement de coalition.

Les élections ont été déclenchées suite à la décision du parti libéral flamand Open-VLD de quitter le gouvernement en raison d'une dispute entre les parties françaises et néerlandophones concernant les frontières électorales autour de la capitale, Bruxelles (EurActiv 27/04/10).

Le roi belge Albert II a demandé au premier ministre Yves Leterme de rester dans une position intérimaire jusqu'à ce qu'un nouveau gouvernement soit formé.

Enjeux

Programme

Les objectifs identifiés par la Belgique ont largement fait écho aux priorités dévoilées par la présidence espagnole de l'UE pendant le premier semestre 2010 (EurActiv 09/12/09). Ils s'accordent aussi étroitement sur le programme conjoint sur 18 mois, que la Belgique a présenté aux côtés de l'Espagne et de la Hongrie dans le cadre du nouveau "trio" de présidences (EurActiv 26/01/10). 

Le programme final de la présidence belge de l'UE a été formellement adopté par le gouvernement du premier ministre et les régions de Belgique lors d'une rencontre le 16 juin (voir "summary"):

  • Questions socio-économiques: Restaurer la croissance en combattant l'actuelle crise économique, avec un paquet de mesures pour accroître la surveillance des marchés financiers; promouvoir les emplois verts, l'innovation et la transition à une "économie verte du savoir".
  • Question sociales : Promouvoir la cohésion sociale en combattant la pauvreté, question qu'Yves Leterme a qualifiée de "très importante à [leurs] yeux"; progresser sur les services d'intérêt général; mettre l'accent sur la valeur ajoutée de l'UE en termes de santé et de vieillissement, y compris les réformes sur les pensions.
  • Environnement et changement climatique : Passer à une économie verte; préparer la conférence climatique des Nations unies de décembre à Cancun; ajuster les impôts pour correspondre avec les autres objectifs de l'UE sur l'emploi, l'énergie, les transports et les réductions d'émissions.
  • Justice et affaires intérieures : Mettre en place le programme de Stockholm lancé en 2009 sous la présidence suédoise; établir une reconnaissance mutuelle des décisions des tribunaux.
  • Relations extérieures : Poursuivre la politique d'élargissement de l'UE et mettre en place le nouveau corps diplomatique de l'UE, le service européen pour l'action extérieure (SEAE).

Le programme devait demeurer inchangé même si un nouveau gouvernement arrivait au pouvoir durant la présidence, car il s'agissait du résultat d'un long processus de négociation entre l'Etat fédéral, les régions du pays et les partis politiques à différents niveaux du gouvernement.

En Belgique, approuver le programme de la présidence de l'UE revient presque à approuver un programme politique national, a dit Olivier Chastel, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, dans un entretienavec EurActiv.

La gouvernance économique et l'euro

La stabilité de la zone euro devait faire la une lors du sommet des dirigeants de l'UE des 28 et 29 octobre, lors duquel le président du Conseil de l'UE Herman Van Rompuy devait remettre le rapport final de son groupe de travail sur la gouvernance économique.

Le sommet de juin 2010 avait déjà aplani quelques obstacles, les dirigeants de l'UE s'étant mis d'accord pour une plus grande surveillance et coordination des budgets nationaux suite à la crise de la dette grecque.

A partir de 2011, les Etats membres présenteront leurs données budgétaires à Bruxelles pendant le premier semestre afin que la Commission européenne et les autres Etats membres puissent évaluer les prévisions économiques sous-jacentes au plan.

En plus d'élever le niveau de la révision par les pairs, les dirigeants de l'UE ont convenu de mettre en place un tableau d'affichage afin de mieux évaluer la compétitivité des développements et les déséquilibres, et de permettre de détecter au plus vite les tendances dangereuses ou non durables.

Les sanctions pour les pays qui contreviennent de façon répétée au déficit et aux niveaux de dette de l'UE sont susceptibles de se voir confrontés à des sanctions financières en vertu du Pacte de stabilité et de croissance révisé. Jusqu'à maintenant, l'UE se concentrait sur les déficits et négligeait l'état de la dette, ce qui sera corrigé grâce au Pacte révisé.

Toutefois, les pays de l'UE sont toujours divisés sur la solution, certains craignant que les sanctions financières n'exacerbent les problèmes économiques (EurActiv 17/06/10).Le groupe de travail de M. Van Rompuy a étudié la question de savoir si déduire les fonds régionaux de l'UE pourrait être une solution pour punir les gouvernements contrevenants, tandis qu'une précédente proposition de suspendre les droits de vote des pays a reçu une réponse froide des autres Etats membres. Par ailleurs, des sanctions qui vont aussi loin exigeraient des changements au traité de l'UE, ce qui réjouirait peu les Etats membres, mis à part l'Allemagne.

Le Royaume-Uni ayant insisté, l'accord final du sommet ajoute qu'il prendra en compte les procédures des budgets nationaux – satisfaisant ainsi le désir du premier ministre David Cameron d'informer les chambres du parlement britannique avant de partager les détails budgétaires avec l'Europe.

Politique de l'innovation

La politique de l'innovation devait être l'une des principales priorités de la présidence belge, qui devait consacrer le sommet européen d'automne à cette question.

Les dirigeants de l'UE devaient débattre du nouveau "plan pour l'innovation et la recherche" lors de leur rencontre à Bruxelles les 28 et 29 octobre, qui devait se concentrer sur la propriété intellectuelle, le financement de la recherche et l'infrastructure de l'innovation.

La R&D a fait l'objet d'une attention particulière, les Etats membres devant approuver les objectifs nationaux individuels pour la dépense dans la recherche. La Commission européenne souhaitait que les gouvernements dépensent en moyenne 3 % du PIB dans la R&D, mais les Etats membres plus avancés devraient remplir des objectifs plus élevés que ceux qui ont habituellement un faible niveau d'investissement.

Des sources diplomatiques ont dit que les gouvernements avaient insisté pour qu'il n'y ait pas d'élément de partage de la charge pour atteindre l'objectif proposé par la Commission de 3 % pour toute l'UE - ce qui veut dire que le nombre moyen des objectifs nationaux pourrait au final être inférieur à 3 %.

La version finale du projet devait être approuvée lors d'un sommet à venir en décembre, laissant largement assez de temps aux ministres de la recherche et de l'industrie pour étoffer en détail la proposition de la Commission.

Rôle de second plan

Olivier Chastel, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, a dit que la Belgique marquerait une rupture par rapport à l'ancienne pratique suite à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en décembre 2009, qui a créé deux nouveaux hauts postes – un responsable des affaires étrangères de l'UE et un président permanent du Conseil de l'UE, qui rassemble  les chefs d'Etats et de gouvernements.

Il a dit que cela signifiait que la présidence belge aurait un rôle de second plan par rapport à la Haute représentante aux affaires étrangères Catherine Ashton et au président du Conseil Herman Van Rompuy.

Les deux auront l'entière responsabilité pour tout leur domaine de compétences, a-t-il dit, ajoutant que la présidence belge ne resterait pas à l'écart mais mettrait en œuvre le traité de Lisbonne, tout le traité et rien que le traité.

En d'autres termes, ceux qui ont l'habitude de se mettre en avant : le chef de l'Etat, dans notre cas le premier ministre et le ministre des affaires étrangères, seront moins visibles, a-t-il expliqué.

Transition au sommet

Pendant ce temps, les discussions de coalition en Belgique ont démarré le 17 juin, lorsque le roi a nommé Bart De Wever en tant qu'"informateur" pour explorer différentes possibilités pour la formation d’un nouveau gouvernement.

Notre but est qu'un gouvernement soit mis en place avant octobre, lorsque le travail vraiment important de la présidence commencera, a dit M. De Wever après avoir rencontré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso le 23 juin (EurActiv 24/06/10).

Elio Di Rupo, le leader du parti socialiste (PS) qui a remporté les élections dans la partie francophone du pays est largement perçu comme le plus à même de devenir le prochain premier ministre belge car les socialistes - avec leurs homologues flamands - détiennent le plus grand nombre de sièges dans le nouveau parlement.

M. De Wever a lui-même dit qu'il était prêt à laisser le poste de premier ministre à M. Di Rupo, mettant la pression sur les partis francophones pour qu'ils assument l'entière responsabilité dans les discussions de réforme de l'Etat à venir que les partis néerlandophones demandent depuis des années.

M. De Wever et Di Rupo ont convenu de rester discrets pendant toute la durée des discussions, qui devait inclure un projet détaillé pour déléguer plus de pouvoirs aux régions, y compris la question sensible de redéfinir les frontières électorales aux alentours de la capitale de la Belgique, Bruxelles.

D'autres dossiers sensibles devaient aussi être traités, notamment le transfert de plus de pouvoirs socio-économiques aux régions, comme l'ont demandé les partis flamands. Toutefois, la pilule pourrait être difficile à avaler pour la Wallonie, région plus pauvre, où le taux de chômage est deux fois plus élevé que dans le nord, région plus riche

Rapport sur la présidence belge de l'UE

Malgré la situation nationale complexe et les complications rencontrées dans les réformes du traité de Lisbonne, la Belgique est parvenue à mener la présidence de l'UE avec relativement de succès. Le seul échec qui saute aux yeux est le blocage des négociations avec la Turquie sur une éventuelle adhésion à l'UE.

Voici les principales réalisations de la présidence belge de l'Union :

-          Développements nationaux et rôle de second plan de la Belgique

Les efforts du leader socialiste, Elio Di Rupo, pour former un nouveau gouvernement se sont effondrés début septembre. Bart De Wever, le leader séparatiste flamand, n'est pas parvenu le 18 octobre à rapprocher les parties sur la réforme de l'Etat belge. M. De Wever a déclaré qu'il se sentait « humilié » par la décision des partis francophones de rejeter sa proposition de compromis présentée le 17 octobre. Dans la partie francophone du pays, le parti socialiste a accusé M. De Wever de mener délibérément la Belgique dans l'impasse afin de provoquer des élections dans un climat de tensions entre les communautés. M. Di Rupo a souligné que son parti était fermement opposé à de nouvelles élections.

Les dirigeants francophones n'ont pas exclu un scénario dans lequel la Belgique se diviserait, mais ils ont insisté sur le fait que cette division du pays devrait également être négociée.

Cela peut sembler surréaliste, mais ces évènements dramatiques pour la Belgique n'ont pas eu d'impact su la présidence de l'UE. L'échec des négociations  a en fait coïncidé avec un sommet entre l'UE et l'Asie qui rassemblait les dirigeants de 48 pays et qui a été accueilli par le Roi et le premier ministre par intérim, Yves Leterme.

En outre, selon le Traité de Lisbonne, les Belges devait jouer un rôle de facilitateur via des négociations entre la Commission, le Parlement et le Conseil des ministres afin de faire passer la législation. Ils se sont montrés particulièrement bons à cet exercice.

Grâce à la structure fédérale de la Belgique, les représentants des trois gouvernements régionaux (Flandres, Wallonie et Bruxelles) sont parvenus à prendre plus de responsabilités afin d'agir en complément du rôle du gouvernement intérimaire de Yves Leterme, Ils ont organisé de nombreuses conférences avec l'objectif d'impliquer un maximum de décideurs politiques et de parties prenantes au sein d'un large éventail de débats.

-          Supervision financière et gouvernance économique

L'UE s'est finalement mise d'accord en septembre sur une série de mesures pour une meilleure supervision et une meilleure réglementation du secteur bancaire. Quatre nouveaux organes de surveillance (autorités européennes de surveillances ou AES) ont commencé à travailler sur la supervision des marchés financiers de l'UE le 4 janvier.

Lors du sommet de décembre, un compromis a été annoncé sur la question d'une modification limitée du traité qui permettra la création d'un mécanisme de sauvetage permanent destiné à calmer les marchés financiers et à sauvegarder la stabilité de la zone euro dans son ensemble. Le pacte de stabilité et de croissance est en cours de révision pour y inclure des mécanismes de sanctions à l'intention des pays qui enfreindraient les limites concernant leur dette ou leur déficit. Le paquet est actuellement débattu au Parlement.

En outre, des discussions qui ont duré une année sur la réglementation des fonds spéculatifs et des sociétés de capital-investissement se sont terminées en octobre. Les décideurs européens ont approuvé une directive sur les gestionnaires de fonds d'investissement alternatifs, y compris les fonds spéculatifs, ainsi que de nouvelles réglementations pour les agences de notation de crédit.

-          Budget 2011

Après six semaines de désaccord public entre le Parlement et les États membres, l'UE est parvenue à un accord en décembre sur une augmentation de 2,9% pour le budget de l'année prochaine afin de financer les responsabilités croissantes de l'Union.

Les membres du Parlement avaient initialement demandé une augmentation de 6,2% mais ils ont dû céder sous le poids des critiques des gouvernements qui devaient déjà se serrer la ceinture avec leurs budgets nationaux pour réduire le déficit et attirer les investisseurs méfiants.

-          Brevet européen

Une autre réalisation en termes d'innovation fut une avancée vers un brevet à l'échelle de l'UE pour protéger le design des produits vendus au-delà des frontières. Les négociations pour un brevet unique stagnaient depuis plus de dix ans à cause de conflits linguistiques et juridiques.

Les sociétés européennes passent dix fois plus de temps sur les brevets que leurs concurrents américains ou japonais. Le brevet unique est un élément clé de plusieurs stratégies de l'UE, y compris le marché unique, la politique industrielle et l'« Union pour l'innovation ».

Plusieurs présidences tournantes avaient promis de résoudre ce problème pour finalement échouer. Toutefois, sous la présidence belge, le concept de brevet unique s'est précisé : alors que le ministre de l'économie, Vincent van Quickenborne, ne parvenait pas à obtenir un accord unanime, il a réussi à ce que 23 États membres décident de travailler ensemble en suivant une tactique rarement utilisée connue sous le nom de « coopération renforcée ».

Cela a intensifié la pression sur l'Italie et l'Espagne, les opposants les plus féroces, ainsi que deux autres membres hésitants. La République tchèque a demandé une évaluation de l'impact de cette coopération renforcée alors que le gouvernement a déclaré qu'il espérait toujours une décision unanime.

-          Relations extérieures

Mettre en place le service européen pour l'action extérieure était une priorité du Traité de Lisbonne. L'objectif était de donner à l'Union une voix unique et plus forte sur la scène internationale.

En reprenant le travail débuté par la présidence espagnole, les Belges ont pu obtenir un accord sur un nouveau service diplomatique européen. En octobre, la Belgique a également obtenu un compromis sur le recrutement, les finances et le budget 2010. Ces accords ont ouvert la voie à Mme Ashton pour nommer son équipe dirigeante qui a officiellement débuté ses opérations le 1er décembre.

En ce qui concerne l'élargissement de l'UE, la présidence belge s'est révélée être un « médiateur honnête ».

En juillet, les négociations d'adhésion ont été officiellement lancées avec l'Islande. Les négociations avec la Croatie ont débuté sur cinq domaines clés et cinq autres chapitres ont été clos. Quant à la Serbie, les discussions sont entrées dans une autre phase dans la mesure où la Belgique a dû laisser tomber sa précédente opposition nationale, ce qui a mis la pression sur les Pays-Bas pour qu'ils fassent de même.

Les Belges espéraient débuter les discussions avec la Turquie sur les questions de concurrence, mais aucun progrès n'a été réalisé sur ce point et les discussions prévues pour le 22 décembre ont été annulées. Steven Vanackere, le ministre belge des affaires étrangères, a déclaré à European Voice que la mise en application des nouvelles règles sur la concurrence en Turquie était « un peu trop lente ».

Dans ses relations commerciales, l'UE a décidé en septembre de signer un pacte d'exonération des taxes avec la Corée du Sud et d'accorder des concessions commerciales au Pakistan suite aux inondations destructrices qui ont eu lieu dans le pays.

Les fonctionnaires de l'UE affirment que cet accord, le plus ambitieux jamais conclu par l'Union, générera environ 19 milliards d'euros de nouvelles exportations pour les producteurs européens. Le commerce combiné entre l'UE et la Corée du Sud a atteint environ 53 milliards d'euros en 2009 selon les chiffres avancés par l'UE.

-          Environnement et santé

Malgré l’opposition en coulisses, les projets envisageant de permettre aux Européens d’obtenir un traitement médical dans les 27 États de l’Union ont fait un bond en avant en décembre, lorsque les pays de l’UE ont donné leur approbation.

Les nouvelles règles aideraient en particulier les retraités qui vivent à l’étranger, les personnes atteintes de maladies rares et celles vivant dans des régions frontalières, à recevoir le meilleur traitement médical. Actuellement, environ 1 % seulement, soit 10 milliards, des budgets de santé publique est dépensé pour les traitements médicaux transfrontaliers par an, un chiffre qui pourrait augmenter avec des règles normalisées concernant les autorisations et les remboursements.

L’accord, conclu au niveau des ambassadeurs (Coreper), ouvre la voie pour un vote au Parlement le 19 janvier et accroît les chances d’entrée en vigueur d’une directive sur le traitement médical transfrontalier dès 2013.

Dans le domaine de l’environnement, les Belges sont parvenus à un compromis en octobre, pour que les États membres puissent augmenter les péages routiers pour les camions chargés de produits et de matériaux parce qu’ils brûlent plus d’essence et augmentent la pollution. Les négociations sur la dite directive Eurovignette s’étaient ralenties depuis deux ans, mais les changements ont déchaîné les passions.

Le secteur du fret a dénoncé les taxes supplémentaires en affirmant que cela augmenterait seulement le prix des produits livrés par camions, alors que les Verts ont critiqué l’accord qui ferait trop de concessions en faveur des entreprises.

Les nouvelles règles sur les produits chimiques toxiques dans les appareils électriques constituent une autre avancée pour l’environnement. Les révisions de la directive sur la limitation des substances dangereuses a laissé peu de place aux exemptions et a listé un certain nombre de substances à soumettre à un contrôle scientifique plus poussé.

Réactions

Dans un discours devant le Parlement européen le 7 juillet, l'eurodéputé français Joseph Daul, président du Parti populaire européen (PPE), a insisté sur l'importance de mettre en place des objectifs plus réalistes pour la présidence de l'UE. Bien trop souvent, nous accueillons une nouvelle présidence tournante dans cet hémicycle, promettant un changement total de l'Europe, a-t-il dit.

Six mois plus tard, nous sommes forcés de constater que peu de ce qui avait été annoncé a été réalisé. Il faut que la présidence belge du Conseil européen concentre ses efforts sur nos véritables priorités : la croissance et l'emploi, une économie durable, la sécurité et la liberté. Les citoyens européens attendent des résultats concrets de notre part. M. Daul a mit l'accent sur l'importance d'identifier la croissance économique et la génération d'emplois comme la question la plus importance à laquelle est confrontée la présidence. Si la stratégie "Europe 2020" est prise au sérieux et financée de façon adéquate par tous les Etats membres, ce peut être un puissant outil pour une Europe plus compétitive et plus durable, a-t-il dit.

En même temps, nous devons réaliser des progrès concrets sur la réglementation du secteur financier. L'Europe, comme nous pouvons le voir, ne peut pas permettre la spéculation, mais l'entreprenariat et le travail honnête, a-t-il ajouté.

Steven Van Hecke et Peter Bursens de l’Université d'Anvers ont soutenu que la présidence belge de l'UE serait largement affectée par la crise politique interne.

Dans une contributionpubliée sur EurActiv, ils soutiennent que le Traité de Lisbonne, adopté en décembre 2009, a anéanti la présidence tournante avec l'introduction d'un président permanent, Herman Van Rompuy (qui est également belge) et une haute représentante aux affaires étrangères, Catherine Ashton.

Le premier ministre et le ministre des affaires étrangères belges auront tous deux moins de "travail européen" à fournir. Grâce au traité de Lisbonne, ils peuvent se permettre de passer la majeure partie de leur temps à se concentrer sur les questions internes, ont argué MM. Van Hecke et Bursens.

Par ailleurs, une minorité de sommets de l'UE seulement serait présidée au niveau fédéral belge, la plupart du travail étant effectué par les représentants régionaux dont les gouvernements continuent d'être en fonction. Certains soutiennent même que les régions se serviront de cette occasion pour prouver qu'elles sont capables de présider les sommets de l'UE, bien mieux que leurs collègues au niveau fédéral, ont-ils écrit.

Dans les domaines où la présidence tournante a beaucoup de responsabilités - comme l'environnement, l'agriculture et le marché unique - les préparatifs ont été bien gérés et les fonctionnaires et les diplomates ont été formés pour présider des sommets et conclure des accords.

Enfin, ils ont argué que, quelque soit le parti qui finirait par faire partie du nouveau gouvernement fédéral, la position européenne de la Belgique ne changera pas. Le consensus pro-européen est toujours très stable et n'inclut pas seulement les partis traditionnels mais aussi le parti régionaliste N-VA, qui a remporté les élections en Flandre.

Oladiran Bello, expert dugroupe de réflexion FRIDE basé à Madrid, a présenté des arguments différents, affirmant qu'il existait des inquiétudes fondées selon lesquelles la présidence de l'UE du pays imminente risque de perturber les événements internes.

Dans une contribution publiée sur EurActiv, M. Bello dit que deux contes d'avertissement sortent de l'ordinaire par rapport à la présidence espagnole sortante, dont les Belges doivent tirer des leçons. Tout d'abord, la pression liée à la situation économique détériorée et le chauvinisme opportuniste de la part de l'opposition espagnole a conduit son gouvernement à voir de plus en plus la présidence tournante de l'UE comme une plateforme sur laquelle pousser les choses à son avantage et imaginer la "success story" de la présidence espagnole. Ni la diversion espérée de l'audience interne ni l'enjolivement ni la vantardise diplomatique élaborée n'ont réussi à tromper un public espagnol déjà avertit.

Enfin, concernant les discussions sur la pertinence en déclin de la présidence tournante post-Lisbonne, adopter une approche plus basée sur la substance et moins rhétorique peut aider la Belgique à démontrer la valeur ajoutée durable de la présidence tournante.

Avec le recul, les évaluations de la présidence belge de l’UE sont positives dans l’ensemble. Pour résumer ses six mois à la barre, Steven Vanackere, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères, a déclaré : « Lorsque l’Union a fait face à de nombreux défis importants, la Belgique a opté pour une approche pragmatique et ciblée : le programme de la présidence était destiné à aboutir à un maximum de résultats concrets dans les différents domaines hautement prioritaires d’action, en fonction de l’agenda législatif du Conseil et du Parlement européen.

Steven Van Hecke et Peter Bursens, du groupe de recherche européen sur les politiques européennes et internationales à l’Université d'Anvers, ont observé : « La Belgique est probablement l’un des États membres dans lesquels il existe encore un consensus permissif concernant l’intégration européenne. Les élites politiques et l’opinion publique restent très en faveur de l’UE, pour ne pas dire de l’Europe fédérale… Il ont agit en intermédiaires honnêtes, en ne défendant pas leurs intérêts personnels mais avec le but de conclure le plus d’accords possibles avant le 31 décembre.

Le Bureau européen de l’environnement a également publié sa propre évaluation de la présidence belge. Elle a soulevé des critiques quant à la gestion de certaines questions environnementales : « Pendant la présidence belge, l’aggravation de la crise de l’euro, un problème à résoudre de manière immédiate, a pris beaucoup de place dans les médias, ce qui a réduit l’attention sur des crises permanentes, telles que le changement climatiques et les pressions non durables sur les écosystèmes mondiaux ». Cependant, le rapport a félicité la présidence belge pour son rôle dans les progrès accomplis lors des conférences de Nagoya et de Cancún sur la biodiversité et le changement climatique : la réunion de la convention sur la biodiversité à Nagoya a mené à un accord mondial très important sur le combat contre la perte de la biodiversité et à Cancún, les parties à la convention sur le climat ont obtenu, après l’échec de Copenhague, des avancées de petite échelle mais importantes vers un accord mondial à conclure l’année prochaine. De nombreux acteurs ont contribué à ces résultats, mais le fait que, dans les deux cas, les États membres de l’UE et la Commission aient bien travaillé a restauré la confiance dans l’UE en tant que leader mondial. « Le rapport a révélé que « l’incapacité des partis politiques belges à former un nouveau gouvernement » était « plus que compensée par l’accord des trois gouvernements régionaux (Flandres, Wallonie et Bruxelles) qui joueraient un large rôle dans la présidence ».

Bruno Lété et Thomas Castrel du Fonds Marshall pour l’Allemagne des Etats-Unis ont reconnu la « diplomatie modeste, mais solide » de la présidence ». « Au total, plus de 50 contrats étaient sur le point d’être scellés en seulement six mois. Parallèlement à un maigre résultat de la Stratégie UE 2020, le dysfonctionnement d’un contrat sur le rêve de brevet unique européen et une révision insuffisante du conflit sur les Roms de l’été dernier, il y un consensus général sur l’idée que la présidence a été positive ». Il ont ajouté : « Le ministre des affaires étrangères, Steven Vanackere, a tenu parole lorsqu’il a dit que la Belgique montrerait sa loyauté envers le nouveau Traité et les institutions de Lisbonne ».

Après avoir pris le relais, le ministre des affaires étrangères hongrois, Janos Martonvi, a dit qu’il essaierait de suivre l’exemple belge : « Nous cherchons des contributions, la coordination, la coopération, les compromis, le consensus et souhaitons travailler sur la substance, et non sur la forme. Les problèmes d’estime personnelle ne nous intéressent pas ».

Sur la présidence hongroise de l’UE à venir, voir notre nouveau LinksDossier 

Dates clés

  • 1er juillet 2010 : Début de la présidence belge de l'UE (voir le calendrier prévu).
  • 7 juillet 2010 : Présentation officielle du programme de la présidence au Parlement européen.
  • 28-29 oct. 2010 : Sommet de l'UE, la politique d'innovation et la gouvernance économique sont au programme.
  • 16-17 déc. 2010: Sommet de l'UE sur un mécanisme de crise permanent et une modification limitée du traité.
  • 31 déc. 2010 : Fin de la présidence belge de l'UE.

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