Le gouvernement danois a déjà inclus le rabais anticipé dans ses projets de réforme fiscale pour 2013 et ils manqueraient de cohérence sans ce rabais, a déclaré la première ministre danoise.
« Nous obtiendrons notre rabais, et si ce n'est pas le cas, nous utiliserons notre droit de veto. C'est vraiment très simple », a-t-elle ajouté lors de la commission parlementaire danoise sur les affaires européennes jeudi (25 octobre), selon l'agence de presse Ritzau.
Le Danemark est l'un des principaux contributeurs nets au budget de l'UE, en comparaison à la taille relativement petite du pays.
En 2011, le Danemark a versé 2,12 milliards d'euros dans les caisses de l'UE. Le pays a collecté 437 millions en droits de douane et en prélèvements agricoles pour le compte de l'UE dont il peut retenir 25 %, au titre des frais administratifs, selon des données de l'UE sur les contributions par pays.
D'autres États membres de l'UE avec des contributions nettes importantes comme l'Allemagne, l'Autriche, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Suède ont déjà obtenu des rabais sous la forme de montants forfaitaires ou de taux d'appel réduits de la TVA. (>> Lire le résumé de la Commission européenne sur les mécanismes de compensation)
Dans la pratique, Copenhague affirme qu'il finance ces remboursements.
Un rare veto européen
La présidence chypriote concrétise un projet de proposition sur le budget pour 2014‑2020, en collaboration étroite avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Chypre a pris note des intentions du Danemark.
« Nous prenons en compte les déclarations des États membres. Il n'y a pas à en douter », a déclaré le porte-parole Nikos Christodoulides.
Tous les États membre de l'UE doivent accepter le budget pour sept ans et si le Danemark bloque les négociations, ce budget ne pourra pas être adopté. Le veto est donc un instrument important pour un État membre.
Le premier ministre britannique, David Cameron, a également souligné qu'il pourrait s'opposer au budget de l'UE pour 2014-2020 « si nécessaire » et que des mesures seraient prises afin de s'assurer que les immigrants des pays européens ne prennent pas les emplois des Britanniques.
Le porte-parole a refusé de révéler si le Danemark obtiendrait un rabais ou non.
« Personne ne le sait pour le moment », a ajouté M. Christodoulides.
Soutien du parlement danois
Les déclarations de la première ministre danoise ont immédiatement été soutenues par d'autres partis du parlement danois.
« C'est tout à fait nouveau et réellement positif », a déclaré Nicolaj Villumsen, un rapporteur sur les affaires européennes du Parti eurosceptique de l'Alliance rouge-verte.
La rapporteure sur les affaires européennes du Parti de l'Alliance libérale, Merete Riisager, a également apporté son soutien aux déclarations d'Helle Thorning-Schmidt.
« Il est temps que le Danemark s’impose. Il est totalement insensé que des pays doivent procéder à des réductions alors que l'UE continue à dépenser », a-elle déclaré. « Je serai ravie que nous ayons enfin un premier ministre qui puisse dire non à l'UE. »
Le dirigeant du Parti eurosceptique du peuple danois, Kristian Thulesen Dahl, saluait ces déclarations.
« Je pense qu'il serait formidable que Mme Thorning-Schmidt, grâce à son message, nous garantisse l'obtention d'un rabais raisonnable », a-t-il déclaré au journal Politiken.
La rapporteure sur les affaires européennes du Parti libéral, Lykke Friis, a souligné que le message de la première ministre pourrait avoir des conséquences sur l'influence du Danemark dans les discussions sur le budget et compliquer la situation diplomatique du pays.
« Elle joue un jeu dangereux », a-t-elle ajouté.
>> Lire le LinksDossier d'EurActiv : Budget européen 2014-2020 : l'accord à mille milliards d'euros




