Dans une tentative de lutter contre ce que les représentants de l’UE ont qualifié de campagne médiatique négative, qui a dépeint les économies d’Europe centrale et orientale comme étant en pleine débâcle, le Premier ministre tchèque et actuel président de l’UE, Mirek Topolánek, a relevé que les nouveaux Etats membres ne voulaient pas d’un plan de relance pour leur région.
Il a déclaré que la situation économique a mis en évidence le besoin de solidarité des ces pays, soulignant qu’ils assumaient toutefois les responsabilités. Il a souligné que l’UE ne laissera personne dans une situation difficile, insistant sur le fait que l’UE continuera de respecter les règles du marché intérieur.
La Hongrie a appelé à la création d’un fonds de 160 à 190 milliards pour les Etats d’Europe de l’Est afin de fournir des liquidités et de permettre le rééchelonnement de la dette. Ces Etats subissent actuellement leur pire récession économique depuis la Seconde Guerre Mondiale (EurActiv 01/03/09).
Au cours de cette réunion, les leaders européens se sont accordés sur le fait que l’Europe ne pouvait affronter la crise économique qu’en continuant d’agir de concert et de manière coordonnée dans le cadre du marché intérieur et de l’union économique et monétaire, peut-on lire dans la déclaration finale du sommet.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé que la situation était très différente dans chaque pays de l’UE et que l’aide devait par conséquent être attribuée au cas par cas. Elle a ajouté que cela n’aurait aucun sens de faire des suppositions générales sur la situation. Les commentaires cinglants et virulents émis par la chancelière avant le sommet auraient amenuisé les espoirs de voir l’UE proposer un plan unifié pour affronter la crise économique en Europe centrale et orientale.
La Pologne a fait écho à la position tranchée de Mme Merkel. Mikolaj Dowgielewicz, ministre polonais des Affaires européennes, a déclaré que chaque fois que des plans spécifiques avaient été évoqués pour l’Europe de l’Est, celle-là n’en avait pas besoin.
Il a ajouté que l’aide devait prendre en compte les véritables conditions du terrain, et non construire une barrière ou un nouveau mur entre les nouveaux et les anciens Etats membres.
L’UE portera toute son attention sur l’évolution économique et financière de tous ses Etats membres, a expliqué le président de la Commission, José Manuel Barroso. Il a ajouté que davantage sera fait, mais sur une base individuelle, afin de refléter les différentes situations.
L’idée d’une entrée accélérée des nouveaux Etats membres dans la zone euro n’est pas soutenue
Les leaders européens ne se sont pas attardés sur la question d’accélérer l’adhésion des nouveaux Etats membres à la zone euro afin d’aider à la relance de leurs économies. Ils ont indiqué que ceux qui voulaient adopter la monnaie unique devraient satisfaire aux critères d’adhésion.
Le président Barroso a reconnu le fait que l’euro était considéré comme un facteur de protection. Il a toutefois souligné qu’il revenait aux Etats membres de convenir d’un sommet sur l’euro. Il a déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce qu’un sommet de ce type soit tenu prochainement.
La priorité, selon Mme Merkel, c’est de se défaire de cette opinion publique selon laquelle on ne fait plus montre de solidarité dans l’UE. Elle a indiqué qu’en aucun cas, ils n’assoupliraient le Pacte de stabilité et de croissance, ni les critères de l’euro.
Le ministre polonais des Affaires étrangères, quant à lui, a accusé certains membres de l’eurozone. Nous ne demandons aucune condition spéciale pour la Pologne, a-t-il affirmé, soulignant que certains pays de l’eurozone ne remplissaient pas les critères relatifs à l’eurozone.
24,5 milliards d’euros demandés par les institutions financières internationales
Parallèlement, vendredi (27 février), des institutions financières majeures ont annoncé un plan d’action conjoint pour soutenir le secteur bancaire en Europe centrale et orientale, ainsi que des prêts allant jusqu’à 24,5 milliards d’euros en 2009-2010.
- La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a proposé de financer jusqu’à 6 milliards d’euros sur les deux prochaines années sous la forme de prises de participation et d’instruments de soutien du capital. Cette mesure vise à garantir que ses clients disposent d’un niveau approprié de capital. L’accent sera mis sur le financement de la dette à long terme pour soutenir les prêts à l’économie réelle, en particulier au secteur des PME, a indiqué la banque.
- La Banque européenne d’investissement (BEI) a dédié 5,7 milliards d’euros aux facilités de prêt pour les PME, qu’elle mettra à la disposition des banques d’Europe centrale et orientale. 11 milliards supplémentaires sont attendus pour la période 2009-2010 dans le cadre du plan européen de relance économique adopté par les leaders européens au sommet de décembre. Un soutien additionnel de 2,8 milliards d’euros devrait être approuvé avant la fin avril 2009.
- La Banque mondiale a indiqué avoir l’intention de proposer au secteur bancaire et à l’économie réelle de la région une aide au niveau du prêt et des garanties de près de 7,5 milliards.



