Lors d'une présentation devant la presse, Goran Färm, porte-parole du S&D pour la politique budgétaire, a dit que le groupe avait décidé que l'actuel contexte politique et économique rendrait difficile d’augmenter les ressources propres de l'UE et d’adopter la réforme budgétaire de la bonne manière.
Nous devons prouver que les dépenses de l'UE sont bonnes pour tout le monde, a affirmé M. Färm, ajoutant qu'une majorité de citoyens considèrent les négociations du budget de l'UE comme un processus imprégné de maquignonnage politique et d'intérêts acquis plutôt qu'un processus qui s'occupe des besoins des européens ordinaires.
La crise économique a incité de nombreux Etats membres à appeler à une approche plus restrictive du budget de l'UE, bien qu'ils aient donné à l'Union de nouvelles compétences avec le traité de Lisbonne et les nouvelles priorités politiques de la stratégie Europe 2020.
Nous l'avons vu en première lecture du budget pour 2011 : certains Etats membres veulent réduire le budget de l'UE, a dit M. Färm, ajoutant que réduire le budget de l'UE était irréfléchi car en moyenne, les budgets nationaux ont augmenté plus rapidement que le budget européen.
D'après le groupe S&D, le fossé entre le plafond des ressources propres de l'UE et le niveau de dépenses du budget de l'UE depuis 2000 a considérablement augmenté. Cela signifie qu'entre 28 et 40 milliards d'euros par an pourraient être mobilisés pour service des objectifs et politiques communes sans augmenter la pression fiscale générale, selon le document du groupe.
Trouver plus d'argent, mais pas dans l’immédiat
Bien que de nombreux eurodéputés aient appelé à une augmentation des ressources propres de l'UE via de nouveaux moyens fiscaux (par exemple des taxes sur les transactions financières, les opérations bancaires ou émissions de carbone), ce n'est pas le moment pour un tel conflit, a dit M. Färm.
Le groupe souhaite plutôt que la Commission européenne et le Conseil de l'UE maintiennent le budget de l'UE à son niveau actuel tout en respectant le plafond des ressources propres de l'UE (1,29 % du revenu national brut de l'UE des 27 en engagements et 1,23 % en paiements).
Nous devons faire comprendre à tous les Etats membres que ce n'est pas de l'argent perdu, mais qu'il s'agit d'argent bien investi dans les infrastructures, l'éducation et la recherche, a souligné M. Färm, déclarant que la nouvelle commission parlementaire se concentrerait sur les priorités en supposant qu'elles devront être financées.
En effet, mettre en place un modèle pour les nouvelles ressources propres de l'UE nécessiterait de modifier le traité et nous avons besoin de stabilité en ce moment, a fait remarqué l'eurodéputé.
Une meilleure synergie entre le budget et les objectifs de l'Union
D'après un rapport demandé par la commission des budgets du Parlement européen, la synergie entre les objectifs politiques stratégiques de l'UE et les politiques budgétaires a été assez faible par le passé. Une part modeste du budget de l'UE seulement a été dépensée dans des activités qui ont contribué à atteindre les objectifs de la stratégie de Lisbonne (EurActiv 02/06/10).
Le projet européen se met en œuvre à travers un budget. Si nous réduisons le budget de l'UE, nous abdiquons le projet européen, a dit Stéphane Le Foll, président du S&D responsable de la politique budgétaire et du budget.
Le groupe S&D a mis en garde contre la renationalisation des politiques dites traditionnelles de l'UE, selon le document du S&D - telles que la Politique agricole commune, la politique de cohésion ou la politique sur les pêcheries - qui servirait d'autres priorités.
Ces politiques doivent rester adéquatement financées par le budget de l'UE, selon le document du S&D, qui contient également des propositions pour rendre ces trois politiques traditionnelles encore plus compatibles avec les nouvelles priorités : le changement climatique, la sécurité énergétique et les réformes financière et économique.
Commençons par le début : simplifier l'accès aux financements de l'UE
La nouvelle commission parlementaire sur la réforme budgétaire devrait rendre un rapport qui doit être approuvé par le Parlement avant juillet 2011, date à laquelle la Commission doit également présenter sa proposition pour les prochaines perspectives financières pluriannuelles.
La commission devra se concentrer tout d'abord sur les éléments de base, a dit M. Färm, c'est-à-dire notamment améliorer la complémentarité des budgets nationaux et de l'UE, expliquer clairement la valeur ajoutée du budget de l'UE en traitant les problèmes des citoyens et en trouvant des moyens de faciliter l'accès aux financements communautaires.
De plus en plus de bénéficiaires déplorent que l'accès aux financements européens soit trop compliqué, ce qui est principalement du à la complexité des procédures de candidature et du contrôle des dépenses […] On doit trouver un nouvel équilibre entre le combat contre la fraude et l'amélioration des dépenses, selon le document politique du S&D.




