« L'Europe doit devenir un pôle ou nous deviendrons des objets de l'Histoire », a déclaré Klaus Welle.
Un nouveau document stratégique, pas encore publié, souligne la complexité grandissante des affaires internationales et identifie quatre tendances que le Parlement européen et les autres institutions de l'UE devraient maîtriser pour éviter d'être en marge des événements.
La multipolarité de la mondialisation, la gouvernance multi-niveaux, la multiplication des acteurs en interaction avec les législateurs et la technologie qui accélère le changement sont des éléments qui affecteront directement ou indirectement le Parlement européen, peut-on lire dans ce document qui appelle à une gestion plus efficace de la crise.
Un avantage compétitif pour pallier la complexité
Le management ne peut pas juste penser en termes de périodes budgétaires, a expliqué M. Welle. Il doit envisager des structures sur 10 à 15 ans.
Concernant les structures de gouvernance multi-niveaux, le Parlement européen doit repenser ses relations avec les organismes nationaux tout en parvenant à gérer la complexité croissante du système mondial en développement, a-t-il affirmé.
« La complexité peut effrayer les organisations uniformes, mais nous sommes une organisation extrêmement complexe dont les membres font partie de toutes sortes de réseaux. Nous disposons d'un avantage compétitif », a-t-il ajouté, soulignant que les eurodéputés seraient prêts pour le changement à condition qu'ils renforcent leurs compétences en matière de contenu.
Pas de politique étrangère, mais de la Weltinnenpolitik
Le Parlement européen a renforcé sa capacité de production de contenu au cours des derniers mois, « afin que nous ne dépendions pas des lobbys et autres », a expliqué M. Welle.
Les divisions des différentes délégations permettent en outre aux législateurs de se spécialiser dans différentes régions du monde. Il y a deux ans, le Parlement a pris la « décision audacieuse » d'ouvrir un bureau à Washington.
Les relations UE-USA n'évoluent plus seulement sur le plan exécutif, mais aussi sur le plan législatif, a-t-il affirmé. La Weltinnenpolitik ou « politique nationale mondiale » est plus appropriée que la politique étrangère pour décrire l'actuel réseau de relations transatlantiques, a-t-il précisé.
Revoir la coopération avec les parlements nationaux
Il faut renforcer les liens entre le Parlement européen et les parlements nationaux et éviter la fragmentation politique et réglementaire, a déclaré le secrétaire général du Parlement européen.
Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne qui a accordé un plus grand rôle de contrôle aux parlements nationaux, le Parlement s'est investi dans la création d'une meilleure structure visant à stimuler les échanges.
« Il est crucial que les députés et les eurodéputés commencent à coopérer d'expert à expert », a fait remarquer M. Welle. Il a expliqué que les parlementaires en charge de l'agriculture devraient s'entretenir avec leurs homologues au lieu de communiquer via les comités d'affaires européennes.
« C'est la voie à suivre, mais les parlements nationaux n'y sont pas encore », a-t-il ajouté.
Dans le contexte de la crise de la dette et des changements institutionnels qui secouent l'Union, le secrétaire général a déclaré qu'il fallait mettre les choses en perspective.
« Je vous parie que les historiens diront un jour que ça s'est passé à la vitesse de la lumière », a-t-il expliqué en référence au processus de prise de décision intergouvernemental qui a mené à l'adoption du pacte budgétaire par les leaders européens cette année. « Nous trouvons des solutions par nécessité », a-t-il ajouté. D'après lui, ces changements institutionnels n'auraient pas été acceptés par les politiques dans le passé.
« Ce sont de grands pas en avant vers l'intégration européenne. »
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