Le leader des Tories David Cameron, qui a dévoilé son programme politique hier (13 avril) en s'engageant à rendre son pouvoir au peuple, a promis d'organiser des référendums pour tous les futurs traités de l'UE qui transfèrent le pouvoir du Royaume-Uni à Bruxelles.
Toutefois, les conservateurs n'ont pas été jusqu'à promettre de revoir la ratification du traité de Lisbonne, qui a été réalisée en juillet 2008.
Nous travaillerons de façon constructive avec l'UE, mais nous ne transmettrons pas d'autre domaine de pouvoir et nous ne rejoindrons jamais l'euro, déclare le programme des Tories, ajoutant qu'une union qui consiste en une association de ses Etats membres servirait au mieux les intérêts du Royaume-Uni.
Les Tories ont qualifié le fait que leurs rivaux du parti travailliste ait procédé à la ratification du traité de Lisbonne sans référendum de "trahison des traditions démocratiques de leur pays", et ont promis dans leur programme -dévoilé à la Battersea Power Station de Londres- de s'assurer que cet épisode honteux ne puisse plus jamais se produire.
Le parti travailliste de Gordon Brown, pendant ce temps, a avertit qu'une résistance et un désengagement renfrognés ne menaient à rien, et s'est dit fier que le Royaume-Uni soit une fois de plus un acteur dirigeant dans l'Europe.
La pauvreté de la vision des Tories se résume à leur faux choix entre une alliance avec les Etats-Unis ou avec l'Europe. En Europe, ils se sont pas seulement isolés, ils sont marginalisés dans un petit groupe de partis d'extrême droite qui approuve des visions extrêmes et qui reste bloqué dans la négation du changement climatique, selon leur programme, lancé par le premier ministre Gordon Brown au Queen Elisabeth hospital de Londres lundi.
Blocage référendaire
Nous ferons en sorte que légalement aucun futur gouvernement ne puisse transférer des pouvoirs à l'UE ou rejoindre l'euro sans une décision par référendum du peuple britannique, selon le programme des conservateurs, qui comprend un engagement à amender le "European Communities Act" de 1972, pour que tout futur traité qui transfère des pouvoirs à Bruxelles soit soumis à un référendum – un "blocage référendaire".
Promettant de ne jamais entraîner le Royaume-Uni dans la monnaie unique de l'UE, le programme des Tories insiste sur le fait que l'amendement à l'acte de 1972 empêchera tout futur gouvernement d'agir ainsi sans un référendum.
L'intrusion incessante et irresponsable de l'Union européenne dans la plupart des aspects de nos vies est allée trop loin, poursuit le document.
Les travaillistes rivaux, quant à eux, essaieront de diriger l'agenda vers une Union européenne tournée vers l'extérieur qui permet de créer des emplois, de garantir la prospérité ainsi qu'une influence mondiale.
Nous croyons que le Royaume-Uni est plus fort dans le monde que ne l'est l'Union européenne, et que notre pays réussit lorsqu'il dirige en Europe et qu'il établit l'agenda pour le changement, affirme le programme.
Les clauses de "ratchet" de traité de Lisbonne
Les conservateurs ont avertit que le traité de Lisbonne contenait des clauses de "ratchet", qui permettent aux pouvoirs de l'UE de s'étendre à l'avenir sans exiger de nouveau traité, et prévoient l'éventuel établissement d'un Ministère public européen comme exemple.
Tout important transfert de pouvoir via ces clauses sera soumis à un référendum, ont affirmé les Tories, s'engageant à ne jamais permette qu'un ministère public européen ou aucune juridiction ne soit au dessus du Royaume-Uni.
Les Tories ont également promis de récupérer leurs pouvoirs clé en matière de droit pénal, de justice criminelle et de législation relative à l'emploi de Bruxelles au Royaume-Uni.
Les travaillistes ont catégoriquement exclut toute possibilité de ce type, déclarant dans leur programme : nous rejetons toute tentative de renégocier ou défaire les droits sociaux des Britanniques.
La force économique et la protection sociale vont de pair –une UE moderne doit améliorer la compétitivité et la croissance tout en garantissant la sécurité et des droits justes au travail- explique leur programme.
Concernant l'élargissement, les conservateurs vont mettre la pression pour laisser les portes de l'UE ouvertes à ceux, y compris la Turquie, qui souhaitent la rejoindre, à condition que leur candidature remplisse les rigoureux critères d'adhésion.
Les travaillistes soutiennent également la candidature de la Turquie et appellent tous les Etats des Balkans occidentaux à ouvrir leurs négociations d'adhésion d'ici 2014.
Pendant ce temps, le troisième plus grand parti britannique, le parti libéral démocrate, a lancé son programme ce matin, s'engageant à organiser un référendum pour rester ou sortir de l'UE la prochaine fois qu'un gouvernement britannique acceptera un changement fondamental dans la relation entre le Royaume-Uni et l'UE.
Le pouvoir au peuple
Les grands titres en interne s'attardent sur l'engagement des conservateurs à rendre le pouvoir au peuple britannique. Les parents pourraient faire fonctionner leurs propres écoles, les résidents locaux pourraient élire leurs propres dirigeants politiques et les électeurs pourraient renvoyer les députés qui travaillent mal.
Leur programme, qui porte le titre d'invitation à rejoindre le gouvernement britannique, propose d'organiser des référendums nationaux sur toute question soutenue par 5 % des résidents.
Tout le monde devra s'impliquer pour résoudre les problèmes du pays car le gouvernement ne peut pas agir seul, a dit M. Cameron lors du lancement du programme hier, appelant à l'établissement de la "grande société".
De son côté, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni s'est engagé dans son programme à ne pas aller à l'encontre des eurosceptiques engagés des autres paris, notamment de six Tories.




