Les dirigeants européens doivent débattre d'un nouveau Projet pour la recherche et l'innovation lors de leur rencontre à Bruxelles cet automne, avec une attention toute particulière pour la propriété intellectuelle, le financement de la recherche, les marchés publics et l'infrastructure d'innovation.
La version finale de ce projet doit être approuvée lors d'un sommet en décembre, laissant tout le temps à l'industrie nationale et aux ministres de la recherche d'examiner en détail la proposition de la Commission.
Ce sera la première fois qu'un sommet de l'UE sera consacré à la politique d'innovation, mais l'instabilité actuelle de la zone euro pourrait reléguer cette question en bas de l'agenda – tout comme la crise grecque avait capté toute l'attention au détriment de la stratégie Europe 2020 lors du sommet de printemps de la présidence espagnole de l'UE.
Un travail de taille a été mené sur la stratégie depuis que la commissaire à la recherche et l'innovation Máire Geoghegan-Quinn a pris ses fonctions en janvier, les ministres de la recherche pressant l'exécutif européen de faire de la question du financement de l'innovation une priorité (EurActiv 28/05/10).
Restaurer la compétitivité, priorité des priorités
La Belgique fait partie d'un trio de nations européennes qui gèrent l'agenda des rencontres ministérielles sur une période de 18 mois. En accord avec le programme convenu avec l'Espagne et la Hongrie, la Belgique a fait de la compétitivité une priorité essentielle de son mandat.
Des progrès sur un brevet européen et l'achèvement du marché commun – sur la base du rapport de l'ancien commissaire européen Mario Monti – seront au centre de leurs efforts, de même que la révision de la politique industrielle.
Lier la stratégie de croissance Europe 2020 avec le développement de marchés leaders et la lutte contre la contrefaçon font partie de la liste des domaines prioritaires dans lesquels le trio et la Belgique doivent faire des avancées.
La R&D sera au centre du sommet d'automne alors que les Etats membres devraient fixer leurs objectifs nationaux individuels en matière de dépenses pour la recherche. La Commission européenne veut que les gouvernement dépensent une moyenne de 3 % de leur PIB en R&D, mais des Etats membres plus avancés auront des objectifs plus élevés que ceux qui ont traditionnellement des niveaux d'investissements plus faibles.
Des sources diplomatiques ont affirmé que les gouvernements avaient insisté pour qu'il n'y ait pas d'aspect "partage de la charge" venant mettre à mal l'objectif communautaire de 3 % proposé par la Commission – ce qui signifie que la moyenne des objectifs nationaux pourrait au final être en dessous du seuil de 3 %.
Le rapport du groupe de travail Van Rompuy va-t-il voler la vedette ?
Bien que l'on insiste pour dire que l'innovation sera la pierre centrale du débat politique en automne, la capacité des dirigeants à se concentrer sur les objectifs de long terme reste un point d'interrogation.
Le président de l'UE Herman Van Rompuy devrait présenter les conclusions de son groupe de travail sur la gouvernance économique lors du sommet d'automne, ce qui va inévitablement faire les gros titres en octobre.
Tout comme le sommet d'adieu de la présidence espagnole de la semaine dernière (17 juin), qui a vu les dirigeants acter le projet Europe 2020 tout en consacrant le gros de leur énergie à pousser les réformes économiques, les Belge pourraient batailler pour faire de l'innovation le cœur de l'agenda du prochain sommet.




