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L'UE cherche un équilibre entre croissance verte et emploi pour 2020

Publié 03 février 2010 - Mis à jour 05 février 2010
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Les gouvernements, l'industrie et les représentants d'intérêt ont pesé dans le débat sur la nouvelle stratégie pour la croissance de l'UE, recommandant une plus grande dimension sociale et l'achèvement du marché intérieur.

Un certain nombre d'Etats membres ont appelé la Commission européenne à développer des liens entre les éléments économiques, sociaux et environnementaux du projet, et ont également demandé une amélioration des relations entre "UE 2020" et l'actuelle politique sociale. D'après la vue d'ensemble de l'UE sur les 1 500 contributions reçues dans le cadre du processus de consultation publique, plusieurs gouvernements ont mis en avant le besoin d'investissements nouveaux dans des sources de croissance pertinentes. Il existe une inquiétude largement répandue selon laquelle la crise de l'emploi va continuer à s'aggraver, ce qui rend le besoin d'une feuille de route détaillée encore plus pressant. Le rôle des industries de manufacture et des PME dans la création d'emplois est souligné par de nombreux Etats membres, et il existe un degré de consensus sur le besoin de structures de gouvernance robustes afin d'assurer la mise en œuvre de la stratégie de l'UE pour 2020. Les ONG sociales pour un dépassement du PIB Les parties prenantes spécialisées dans les questions sociales ont utilisé le processus de consultation pour réitérer leurs critiques à l'égard du projet de stratégie dont l'envergure serait trop étroite. Elles ont également suggéré l'instauration d'objectifs pour soutenir la reprise, expliquant que les indicateurs utilisés pour mesurer le succès devraient aller au-delà du PIB. D'après la Commission, la plupart des universitaires sont d'accord avec le défi identifié dans le projet de stratégie « UE 2020 » et soutiennent majoritairement les priorités thématiques. Cependant, plusieurs participants universitaires considèrent que l'actuel modèle de croissance européen n'est pas durable et que les bénéfices de la croissance doivent être partagés de façon plus équitable. Des propositions ont également été émises en dehors de l'UE, les gouvernements du Japon et de Norvège exprimant leur soutien, alors que le FMI et la chambre américaine de commerce ont souligné l'importance de la création d'un environnement « pro-libéral »  et d'une meilleure compétitivité.

Réactions : 

Ben Butters, directeur des affaires européennes à Eurochambres, a déclaré que le nouveau projet devrait être mieux bâti que le précédent. La stratégie de Lisbonne 2000-10 était forte en ambition, mais faible en action. Aujourd'hui, il est plus clair que jamais que la réforme n'est pas une option, elle est indispensable. La stratégie UE 2020 doit être construite sur des fondations plus solides que son prédécesseur, basée sur une appropriation forte, une mise en œuvre efficace et un contrôle et une coordination robustes. Il a qualifié la méthode ouverte de coordination de défectueuse, affirmant qu'elle doit être renforcée et renommée afin d'assurer sa mise en application. UE 2020 devrait également être approuvée par toutes les parties prenantes à tous niveaux (de Bruxelles au local), d'après Eurochambres, qui considère qu'une stratégie de communication efficace jouera un rôle important pour assurer le soutien à la nouvelle feuille de route. Eucomed, qui représente le secteur technologique médical, veut voir davantage d'encouragement pour l'innovation dans la stratégie. Dans sa proposition à la Commission européenne, le groupe a dit qu'il saluait les objectifs du projet mais a mis l'accent sur la nécessité que toutes les politiques soient en accord avec UE 2020. Il est important que les procédures de passation de marché soient conduites pour encourager l'innovation et soient dédiées à aider en particulier les PME à déclencher leur potentiel d'innovation en lançant de nouveaux produits sur le marché. Cela s'applique également aux plans de remboursement qui ne reconnaissent pas toujours la totalité du processus de soin et les résultats à long terme sur les patients, a expliqué John Wilkinson, directeur exécutif d'Eucomed. L' European Builders Confederation (ECB) a fait part de sa déception vis-à-vis du document de consultation publié par la Commission européenne, dans lequel plusieurs éléments fondamentaux pour l'agenda politique de l'UE pour les dix ans à venir manqueraient. L'ECB –qui représente les petites entreprises et les artisans du secteur de la construction – a déclaré qu' UE 2020 devrait englober le SBA (Small Business Act) plutôt que d'ajouter de nouvelles priorités floues. Le SBA, qui a eu un an récemment, est mis de côté au profit de nouvelles priorités peu claires. Nous pensons que les trois axes du SBA – moins de charges administratives, meilleur accès aux financements et meilleurs accès aux marchés pour les PME – doivent être maintenus et renforcés dans toutes les futures lois et politiques de l'UE, toujours basées sur le principe « penser d'abord aux petits », selon Andrea Marconi, le président de l'ECB. L'Union des étudiants d'Europe (ESU) a salué l'attention portée à l'éducation dans le projet de stratégie pour 2020. L'ESU s'est cependant montrée inquiète du fait que le document ne réussisse pas à capter l'essence de la stratégie, à moins que des objectifs précis soient proposés, a dit la présidente de l'ESU Ligia Deca. L'Union souhaite qu’une meilleure mobilité des étudiants, que le changement des besoins de compétence et que l'investissement public dans les études supérieures soient tous prises en compte par les législateurs qui ébauchent une évolution à long terme pour l'Europe. Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) soutient les objectifs proposés pour UE 2020, mais il préconise une plus grande attention sur l'inclusion sociale et les droits des consommateurs. Il pense également qu'on devrait donner plus de pouvoirs aux citoyens. Le marché unique devrait être renforcé et la protection des consommateurs devrait être une priorité transversale de la nouvelle stratégie. Plusieurs organisations nationales de consommateurs ont également contribué à la consultation. Elles partagent les idées générales exprimées par le BEUC sur l'importance de la politique des consommateurs dans la nouvelle stratégie. Elles soulignent également qu'il est primordial de garantir une protection juridique adéquate. La Confédération européenne des syndicats (CES) a qualifié la stratégie de Lisbonne d' « approche trop libérale » et espère que cela sera changé par le renforcement du « profil social » de l'UE, avec notamment le développement d'un programme social (construit autour des acquis sociaux et de la demande dans les politiques du marché du travail). La gouvernance des entreprises ne doit surtout plus se faire à court terme. La CES veut se concentrer sur une croissance intelligente et verte. Tous les partenaires sociaux se sont mis d'accord sur l'amélioration de l'enseignement et le développement des compétences. L'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME) et BusinessEurope demandent toutes deux le retrait des barrières restantes au marché interne et davantage de réduction de la charge administrative sur les entreprises. Ils souhaitent que les législateurs « pensent d'abord aux petits » lorsqu'ils élaborent la réglementation, l'accès aux financements et la « flexécurité ». BusinessEurope préconise une réforme structurelle en profondeur pour stabiliser la croissance, l'emploi et pour parvenir à des finances publiques viables. UEAPME souligne les défis auxquels sont confrontés les PME et appelle à un meilleur accès au marché (marché interne et marché des pays tiers), à une concurrence juste et à une concurrence équitable. Elle a mis en avant l'importance de mettre en œuvre les engagements politiques de façon efficace, se référant au Small Business Act. Eurosystème a apporté sa contribution, soutenant pleinement l'intégration d'objectifs sociaux et environnementaux dans la stratégie UE 2020, tout en maintenant l'attention d'ensemble sur la croissance et l'emploi. Une attention particulière devrait être portée au bon fonctionnement du marché de l'emploi, aux politiques du marché intérieur, à la concurrence et à l'innovation, à un système financier intelligent, et à la stricte mise en œuvre du Pacte de stabilité et de croissance. Les objectifs sociaux et environnementaux devraient se reposer autant que possible sur les instruments basés sur le marché. L'Eurosystème est largement d'accord avec les structures de gouvernance proposées par la Commission. Le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (CEDEFOP) estime que la stratégie UE 2020 devrait comprendre des mesures détaillées sur l'innovation et la créativité et tout particulièrement en matière d'éducation et de formation, y compris la formation professionnelle. Les partenariats entre les entreprises et les instituts de recherche devraient impliquer les autorités d'éducation et de formation afin de faire en sorte que les compétences correspondent aux emplois. Le Conseil européen de la recherche met en avant qu'il est primordial de générer un leadership de la connaissance comme une base pour l'innovation, pour rendre l'économie plus verte, pour la compétitivité et la prospérité. Il appelle au développement d’infrastructures de connaissance de classe mondiale et également à retenir ou rapatrier les scientifiques talentueux de l'UE et d'ailleurs. Les organismes de normalisation européens (CEN, CELELEC, ETSI) ont souligné le rôle que peut jouer la normalisation dans le soutien des objectifs de la stratégie UE 2020 et en particulier dans un développement plus fort du marché unique.  

Contexte : 

L'UE prépare une stratégie pour remplacer l'Agenda de Lisbonne sur la croissance et l'emploi, qui expire cette année (2010). Un nouveau document, UE 2020, a été présenté pour être soumis à consultation. Un large éventail de points de vues a été exprimé, notamment celui selon lequel le temps alloué aux réactions était trop court. La Commission européenne a reçu plus de 1 500 réponses de parties prenantes. Le nouveau projet arrive un moment où le chômage augmente en Europe suite à la récession profonde qui a épuisé une énorme partie des richesses. UE 2020 a également une teinte plus verte que l'Agenda de Lisbonne, car elle met l'accent sur la croissance économique à travers l'innovation.

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