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L'UE promet des "ennuis" pour les pays qui contreviendraient aux objectifs d'UE 2020

Publié 11 mars 2010
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EU 2020
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Le fonctionnaire en charge de la nouvelle stratégie économique décennale de l'Europe a déclaré que la Commission européenneutiliserait des tableaux d'indicateurs etn’hésiterait pas à dénoncer publiquement les gouvernements nationaux pour les inciter à atteindre les objectifs sur la réforme et les investissements en matière de recherche.

La Commission sera plus franche que dans le passé dans son évaluation des progrès et sera disposée à émettre des avertissements politiques, bien que ce soit en dernier ressort, d'après Gerard de Graaf, un acteur clé dans la rédaction de la stratégie "Europe 2020" du secrétariat général de l'exécutif de l'UE.

S'exprimant lors d'un briefing organisé par Eurochambres, un groupe qui chapeaute les chambres de commerce de l'UE, M. De Graaf a dit que les dommages sur la réputation engendrés par un avertissement politique et le facteur "embarras" inciteraient les Etats membres à ne pas dérailler.

Il a dit que la Commission utiliserait le tableau d'indicateur pour évaluer les performances des pays et que certains chefs d'Etat et de gouvernement devraient se trouver embarrassés par les résultats, "sinon il n'y a pas d'intérêt".

La Commission cherche de nouveaux critères pour la R&D

L'un des indicateursclés de la réussite selon la stratégie "Europe 2020" est l'engagement à investir 3 % du PIB dans la recherche – un objectif de longue date que la plupart des pays sont loin d'avoir atteint.

L'objectif de 3 % a été l'objet de controverses, les critiques estimant qu'il s'agit d'un instrument mal taillé qui mesure seulement les contributions. La commissaire à l'innovation Máire Geoghegan-Quinn a défendu les critères controversés mais a indiqué qu'elle rassemblerait un panel d'experts afin de rédiger une nouvelle série d'indicateurs (EurActiv 09/03/10).

M. De Graaf a affirmé qu'utiliser cet objectif  "de contributions" était loin d'être idéal mais était actuellement le meilleur objectif disponible. Nous sommes déterminés à élaborer une meilleure évaluation des rendements, a-t-il dit, ajoutant que des critères internationaux comparables seraient indispensables.

Le président des Etats-Unis Barack Obama a déjà adopté l'objectif de 3 %, mais le Japon vise les 4 % et la Corée a en vue un objectif de 5 %.

D'après M. De Graaf, les réformes liées à l'innovation seront primordiales à la stratégie pour 2020 et la commissaire Geoghegan-Quinn présentera une recherche détaillée et des projets d'innovation en septembre.

Un modèle similaire sur l'Agenda numérique est également en cours d'élaboration, mais M. de Graaf a prévenu que certaines recommandations dérangeraient certainement les Etats membres. Si ces choses-là étaient faciles, les Etats membres les auraient déjà réalisées, a-t-il affirmé.

Appel à un renforcement du leadership du Conseil de l'UE

M. de Graaf a dit qu'il fallait qu'il y ait des conséquences pour les Etats membres qui ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs et que la réussite de la stratégie dépendrait de l'aptitude des plus grands Etats membres à les adopter.

Il a dit que le succès incomplet de l'agenda de Lisbonne ne pouvait pas être toléré une seconde fois et acritiqué l'échec du Conseil de l'UE, qui n'a pas pris la dernière stratégie décennale au sérieux.

L'économie a rarement été débattue par les chefs de gouvernement avant la crise économique, a-t-il dit, ajoutant que les conclusions du Conseil étaient habituellementrédigées à l’avance et que les dirigeants trouvaient toujours un prétexte pour parler d'autre chose.

Nous avons besoin d'un fort leadership politique et nous investissons le Conseil de l'UE de cette responsabilité.

Les dirigeants de l'UE devant se retrouver plus tard dans le mois pour débattre d'Europe 2020, un certain nombre d'Etat membres souhaite avoir plus de temps pour consulter les gouvernements régionaux tels que les Länder allemands, dont l'adhésion au projet est à reculons.

M. de Graaf a également révélé que les objectifs sur la réduction de la pauvreté et l'éducation étaient toujours chaudement controversés par de nombreux Etats membres et qu'ils seraient une question clé du sommet de l'UE à venir.

Barroso révèle des "vérités pas bonnes à dire"

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a présenté un diaporama aux dirigeants de l'UE lors d'un sommet informel à Bruxelles le 11 février dans le but de bien faire comprendre les risques existants si l'on n'agit pas de façon radicale.

M. de Graff a comparé cette présentation au documentaire d'Al Gore sur le changement climatique, qui mettait en avant les dangers du réchauffement global.

M. Barroso a dessiné les contours de différentes trajectoires de croissance possibles, prévenant que l'UE sera confrontée à une "décennie perdue"  de chômage persistant et d’affaiblissement de son pouvoir au niveau mondial si sa croissance continuait à stagner à 1 %.

Politiquement et socialement, c'est véritablement inadmissible, a dit M. de Graaf.

L'UE face à une bataille dantesque

De nombreuses "faiblesses fondamentales" auxquelles l'Europe a fait face avant la crise, telles que le vieillissement de la population et la concurrence mondiale, restent des menacent fortes, a dit M. de Graaf, alors que les paquets de relance fiscale ont porté un coup dur aux finances publiques.

Il a affirmé qu'on avait besoin de gains de productivité de toute urgence si l'Europe voulait s’attaquer aux défis grandissantsvenus de Chine et de Corée, qui ont fortement investi dans l'économie verte et sont au premier rang du développement des voitures électriques.

M. de Graaf, qui sera indispensable à la mise en œuvre d'Europe 2020, a encouragé les Etats membres, groupes d'entreprises et ONG à faire leur cette stratégie.

 Prenez le taureau par les cornes, ne restez pas sur le côté à critiquer, a-t-il dit.

Prochaines étapes : 
  • 25-26 mars 2010 : Le sommet de l'UE doit discuter de l'approche d'ensemble de la stratégie et des objectifs principaux proposés par la Commission.
  • 17-18 juin 2010 : Le sommet de l'UE doit adopter des détails plus précis de la stratégie, y compris des objectifs spécifiques aux pays.
  •  Automne 2010 : Les Etats membres doivent remettre leurs programmes de convergence et de stabilité, ainsi que les programmes de réformes nationales.
Contexte : 

La nouvelle stratégie de l'UE pour la croissance durable et l'emploi, appelée Europe 2020, arrive au beau milieu de la pire crise économique connue depuis des décennies.

Elle remplace l'Agenda de Lisbonne, adopté en 2000, qui a largement échoué à faire de l'UE l'économie de la connaissance la plus compétitive du monde en 2010.

La nouvelle stratégie met l'innovation et la croissance verte au cœur de son modèle de compétitivité et propose une surveillance plus sévère des programmes de réforme nationaux, l'une des grandes faiblesses de la Stratégie de Lisbonne.

Lors d'un sommet du 11 février, les dirigeants de l'UE ont largement approuvé un document du président du Conseil Herman Van Rompuy, qui a appelé à une mise en œuvre plus rigoureuse et un contrôle des procédures pour la nouvelle stratégie (EurActiv 11/02/10).

La Commission a dévoilé son nouveau projet le 3 mars, qui fixe un nombre limité d'objectifs en matière d'éducation, de R&D et de réduction de la pauvreté. Elle envisage également la possibilité de "dénonciations publiques " pour les pays européens qui ne respecteraient pas ces objectifs (EurActiv 03/03/10).

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