L’ambiance était à la fête hier soir à Bruxelles à la suite de l'accord décisif conclu dans la matinée sur la surveillance bancaire.
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Les dirigeants ont pris le temps de savourer du turbot frit, un poisson plat déplaisant, mais qui donne envie ainsi qu’un gâteau au chocolat comme dessert.
« Une sorte d'ennui planait [toutefois] dans l'air », a indiqué Jeremy Fleming, le correspondant d'EurActiv.
Les discussions de fin de soirée entre les chefs d'État et de gouvernement se sont focalisées sur la feuille de route à long terme afin de renforcer l'intégration économique et politique de la zone euro. Les débats sur un budget séparé pour l'union monétaire étaient animés.
Alors que tout le monde dégustait sa part de gâteau au chocolat et profitait de la douce sensation précédant Noël, personne n'avait envie de casser cette ambiance.
La discussion s'est fondée sur un rapport du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Ce rapport comprend des propositions pour un budget de la zone euro, une « capacité budgétaire » dans le jargon de l'UE, afin d'aider les pays en difficulté à mener des réformes économiques.
L'Espagne, la France et l'Italie ont tenté de concentrer leurs efforts en vue d'introduire une formulation plus précise dans les conclusions du sommet quant à la solidarité de la zone euro et la « capacité budgétaire », ont indiqué des diplomates à EurActiv.
Ces efforts ont été vigoureusement contrés par l'Allemagne et la cabale méditerranéenne a décidé de ne pas insister davantage.
Mario Monti félicité
Le véritable engouement s’est manifesté comme souvent en marge du sommet.
Mario Monti, le premier ministre italien qui a promis de démissionner après l'approbation du budget 2013 de son pays, a reçu les félicitations de ses homologues qui l'ont sommé de se présenter aux élections.
Lors de la conférence de presse, des journalistes ont demandé à Angela Merkel, la chancelière allemande, s'il fallait encourager Mario Monti à rester. Sa réponse était très diplomate, mais sans équivoque :
« En tant qu'Allemande, je n'interfèrerai pas dans la politique italienne interne en ce qui concerne les candidats et les élections. Nous nous retenons tous de discuter des affaires internes des autres. Tous les dirigeants ont toutefois indiqué que le gouvernement italien recevait leur large soutien. Ce gouvernement a fait un travail très utile pour renforcer la confiance en l'Italie sur les marchés internationaux et dans le monde. »
Le soutien public de M. Monti, et le rejet implicite de la tentative de retour de Silvio Berlusconi, se sont également ressentis lors de la réunion préalable au sommet des dirigeants conservateurs membres du Parti populaire européen (PPE).
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a félicité M. Monti et salué les « progrès considérables » accomplis dans l'amélioration de la compétitivité et du potentiel de croissance du pays.
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La cote de popularité de M. Monti a atteint des sommets grâce à la reconnaissance implicite de ses idées sur l’économie et de ses compétences politiques, il apparaît clairement comme un gagnant incontestable lors du sommet.
Grâce à la pression du premier ministre italien, le projet des conclusions du sommet stipule au deuxième paragraphe que les investissements publics dans les projets d'infrastructures peuvent ne pas être pris en compte dans le calcul du déficit public.
« Les possibilités offertes par le cadre budgétaire existant de l'UE afin d'équilibrer les besoins en investissements publics productifs et les objectifs de discipline budgétaire peuvent être exploitées dans le volet préventif du pacte de stabilité et de croissance », peut-on lire dans ce projet de conclusions.
En d'autres termes, les programmes de mise en application des investissements publics de l'Italie, comme la construction de route ou d'autres projets importants d'infrastructures, pourraient être acceptés sans conséquence sur le déficit du pays.
M. Monti formulait cette demande depuis longtemps, mais Angela Merkel s'y opposait jusqu'à présent.




