Ces commentaires, donnés lors d'un discours au Bundestag (chambre basse du Parlement), constituent le premier appel explicite d'un dirigeant européen pour un tel changement, bien que le ministre des finances de Mme Merkel Wolfgang Schaeuble ait brisé un tabou plus tôt dans le mois et encourager des avancées similaires.
A l'avenir, nous aurons besoin d'une disposition dans le traité qui rendraitpossible, en dernier ressort, d'exclure un pays de la zone euro si les conditions ne sont pas remplis de façon répétée sur le long terme, a déclaré Mme Merkel.
Elle a également affirmé que la crise de la dette grecque avait confronté l'euro au plus grand défi de son histoire mais qu’une assistance rapide des autres Etats membres de la zone euro n'était pas la bonne stratégie.
L'euro fait face au plus grand défi qu'il ait eu à gérer, a-t-elle dit. Nous devons trouver une solution qui vise la stabilité à long terme de l'euro.
Un acte de solidarité rapide n'est définitivement pas la bonne réponse. La bonne réponse serait plutôt de prendre le problème à la racine, et il n’y a donc pas d'alternative au programme d’économies de la Grèce, a-t-elle ajouté lors de son discours.
M. Schaeuble a préconisé la création d'un Fonds monétaire européen (FME), qui pourrait soutenir les membres de la zone euro qui sont en difficulté, mais a accompagné cette proposition d'une suggestion selon laquelle il serait possible pour les membres de la zone euro de la quitter.
L'idée a gagné le soutien provisoire de Mme Merkel et d'autres pays, mais elle est considérée comme une solution à long terme qui nécessiterait des changements au traité de Lisbonne de l'UE (EurActiv 16/03/10).
Wolfgang Schaeuble n'a pas fait de propositions pour la Grèce, a dit Mme Merkel. Wolfgang Schaeuble a émis des propositions pour que nous n'ayons pas besoin de solliciter le FMI dans des situations potentielles pour lesquelles ce serait la solution de sortie.
L'UE aidera financièrement la Grèce si nécessaire
D'autre part, la Commission européenne a réaffirmé à la Grèce mercredi (18 mars) que l'Union était prête à aider Athènes à régler ses problèmes financiers sans pour autant expliquer comment cela se passerait.
La Commission européenne a travaillé activement avec les Etats membres de la zone euro pour définir un mécanisme d'assistance coordonnée, a déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
S'exprimant à Bruxelles après des discussions avec M. Barroso, le premier ministre grec George Papandreou a déclaré qu'Athènes comptait sur l'adoption d'un programme d'aide de l'UE ou de la zone euro en cas de besoin pour aider son pays, mais il n'a pas exclu d'autres options comme rechercher l'aide du Fonds monétaire international.
Toutes les options restent ouvertes mais nous pensons que la zone euro peut gérer ce problème, qui pourrait ne jamais se produire, a-t-il dit lors d'une conférence de presse conjointe.
Il a déclaré qu'il pourrait avoir à chercher d'autres solutions si les coûts d'emprunt deviennent intenables pour la Grèce. Il a aussi promis de mener à bien le plan d'austérité de son gouvernement, malgré la douleur que cela cause au peuple grec.
Il a ajouté que les problèmes de la Grèce devraient ouvrir la voie à un renforcement de la coordination des politiques économiques dans la zone euro.
Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a déclaré que la zone euro devrait considérer l'adoption d'une règle telle que la loi sur le "frein à la dette" en Allemagne, afin de s'assurer que les pays gardent leurs déficits budgétaires sous contrôle, sans pour autant préciser les sanctions auxquelles s'exposeraient les contrevenants.
J'apprécie beaucoup le frein à la dette allemand, a déclaré M. Juncker, qui préside les rencontres mensuelles des ministres des Finances de la zone euro. Nous allons devoir considérer une telle règle ou des mesures similaires pour la zone euro, a-t-il dit.
Une nouvelle loi "frein à la dette" va forcer le gouvernement allemand à réaliser des réductions substantielles en termes de prêts nouveaux à partir de 2011.
Dans le cadre de cette législation introduite par l'ancienne grande coalition de la chancelière Merkel, les nouveaux prêts fédéraux seront plafonnés à 0,35 % du PIB à partir de 2016.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv).




