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Merkel veut pouvoir exclure les trouble-fêtes de la zone euro

Publié 18 mars 2010 - Mis à jour 22 mars 2010
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Les règles européennes devront être changées de sorte que les pays qui contreviennent de façon répétée aux orientations économiques de l’Union puissent être exclus de la zone euro, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel hier (17 mars).

Ces commentaires, donnés lors d'un discours au Bundestag (chambre basse du Parlement), constituent le premier appel explicite d'un dirigeant européen pour un tel changement, bien que le ministre des finances de Mme Merkel Wolfgang Schaeuble ait brisé un tabou plus tôt dans le mois et encourager des avancées similaires.

A l'avenir, nous aurons besoin d'une disposition dans le traité qui rendraitpossible, en dernier ressort,  d'exclure un pays de la zone euro si les conditions ne sont pas remplis de façon répétée sur le long terme, a déclaré Mme Merkel.

Elle a également affirmé que la crise de la dette grecque avait confronté l'euro au plus grand défi de son histoire mais qu’une assistance rapide des autres Etats membres de la zone euro n'était pas la bonne stratégie.

L'euro fait face au plus grand défi qu'il ait eu à gérer, a-t-elle dit. Nous devons trouver une solution qui vise la stabilité à long terme de l'euro.

Un acte de solidarité rapide n'est définitivement pas la bonne réponse. La bonne réponse serait plutôt de prendre le problème à la racine, et il n’y a donc pas d'alternative au programme d’économies de la Grèce, a-t-elle ajouté lors de son discours.

M. Schaeuble a préconisé la création d'un Fonds monétaire européen (FME), qui pourrait soutenir les membres de la zone euro qui sont en difficulté, mais a accompagné cette proposition d'une suggestion selon laquelle il serait possible pour les membres de la zone euro de la quitter.

L'idée a gagné le soutien provisoire de Mme Merkel et d'autres pays, mais elle est considérée comme une solution à long terme qui nécessiterait des changements au traité de Lisbonne de l'UE (EurActiv 16/03/10).

Wolfgang Schaeuble n'a pas fait de propositions pour la Grèce, a dit Mme Merkel. Wolfgang Schaeuble a émis des propositions pour que nous n'ayons pas besoin de solliciter le FMI dans des situations potentielles pour lesquelles ce serait la solution de sortie.

L'UE aidera financièrement la Grèce si nécessaire

D'autre part, la Commission européenne a réaffirmé à la Grèce mercredi (18 mars) que l'Union était prête à aider Athènes à régler ses problèmes financiers sans pour autant expliquer comment cela se passerait.

La Commission européenne a travaillé activement avec les Etats membres de la zone euro pour définir un mécanisme d'assistance coordonnée, a déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

S'exprimant à Bruxelles après des discussions avec M. Barroso, le premier ministre grec George Papandreou a déclaré qu'Athènes comptait sur l'adoption d'un programme d'aide de l'UE ou de la zone euro en cas de besoin pour aider son pays, mais il n'a pas exclu d'autres options comme rechercher l'aide du Fonds monétaire international.

Toutes les options restent ouvertes mais nous pensons que la zone euro peut gérer ce problème, qui pourrait ne jamais se produire, a-t-il dit lors d'une conférence de presse conjointe.

Il a déclaré qu'il pourrait avoir à chercher d'autres solutions si les coûts d'emprunt deviennent intenables pour la Grèce. Il a aussi promis de mener à bien le plan d'austérité de son gouvernement, malgré la douleur que cela cause au peuple grec.

Il a ajouté que les problèmes de la Grèce devraient ouvrir la voie à un renforcement de la coordination des politiques économiques dans la zone euro.

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a déclaré que la zone euro devrait considérer l'adoption d'une règle telle que la loi sur le "frein à la dette" en Allemagne, afin de s'assurer que les pays gardent leurs déficits budgétaires sous contrôle, sans pour autant préciser les sanctions auxquelles s'exposeraient les contrevenants.

J'apprécie beaucoup le frein à la dette allemand, a déclaré M. Juncker, qui préside les rencontres mensuelles des ministres des Finances de la zone euro. Nous allons devoir considérer une telle règle ou des mesures similaires pour la zone euro, a-t-il dit.

Une nouvelle loi "frein à la dette" va forcer le gouvernement allemand à réaliser des réductions substantielles en termes de prêts nouveaux à partir de 2011.

Dans le cadre de cette législation introduite par l'ancienne grande coalition de la chancelière Merkel, les nouveaux prêts fédéraux seront plafonnés à 0,35 % du PIB à partir de 2016.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv).

Prochaines étapes : 
  • 16 mars : Soumission par la Grèce d'un calendrier pour la mise en oeuvre des mesures budgétaires pour 2010.
  • 25-26 mars : Rencontre des dirigeants de l'UE à Bruxelles.
  • D'ici le 15 mai : Présentation par la Grèce des mesures pour réduire ses déficits.
  • Rapports trimestriels à soumettre
Contexte : 

La Grèce est assise sur une montagne de dettes, qui devrait se monter à 290 milliards d'euros cette année, et son déficit budgétaire représente 12,7 % de son PIB, soit quatre fois plus que les limites européennes.

Le coût des échéances de remboursement de cette dette a augmenté, portant un coup à l'euro et déclenchant des spéculations sur un éventuel plan de renflouage (EurActiv 04/02/10).

Les dirigeants européens ont souhaité motiver la Grèce avec des mots de soutien lors d'un sommet jeudi (11 février) mais ils ne sont pas parvenus à offrir de propositions concrètes pour aider le pays, citant des raisons stratégiques (EurActiv 11/02/10).

Le 3 mars, la Grèce a dévoilé un plan d'austérité draconien de 4,8 milliards d'euros ciblant les fonctionnaires, les riches et l'Eglise, une initiative destinée à s'assurer l'aide européenne pour combattre son importante charge de la dette (EurActiv 04/03/10).

Les ministres des Finances des 16 pays de la zone euro ont convenu le 15 mars de mobiliser une aide financière si la Grèce en avait besoin rapidement, sans pour autant en dire beaucoup sur les modalités de mise en œuvre de cet éventuel plan en faveur du pays criblé de dettes (EurActiv 16/03/10).

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