Ce rapport, dévoilé lors d'un séminaire au Parlement européen, a examiné la concomitance des résultats semestriels et de la stratégie 2020 de l'UE.
Les conclusions du rapport indiquent que l'UE manquera de 2,6 % son objectif de 75 % pour l'emploi, et n'atteindra pas son objectif de consacrer 3 % du PIB à la recherche. Les Etats membres ne parviendront pas non plus à atteindre l'objectif prévu par la stratégie 2020 d'améliorer de 20 % leur efficacité énergétique.
Les intiatives phares ont disparu du paysage
Les objectifs en matière d'éducation et de pauvreté ne seront pas atteints non plus, car ils n'ont pas été mis en place dans tous les pays, et leur portée n'est pas assez générale, selon le rapport.
D'après ce même rapport, l'analyse annuelle de la croissance (AAC) établie par la Commission est fondée sur un trop grand nombre de critères et contient trop de doubles effets et d'incohérences.
La consolidation des finances publiques est devenue l'objectif premier, selon les auteurs du rapport. Ceux-ci affirment que l'AAC a mis de côté la stratégie 2020 et marginalisé certains domaines comme l'éducation, le changement climatique ou les objectifs énergétiques.
Les sept initiatives phares de l'UE pour 2020 ont complètement disparu du paysage, ont-ils fait remarqué.
Selon le rapport, l'AAC n'affiche aucune cohésion interne, et traite sur un pied d'égalité les pays les plus performants dans certaines catégories (tels que la Suède et les Pays-Bas en matière d'éducation) et les pays qui se trouvent en bas du classement, comme l'Irlande et la Slovaquie.
Il avance également que le Conseil, qui représente les 27 Etats membres de l'UE, dilue le contenu de ses recommandations et les supprime parfois de ses rapports finaux pour des raisons politiques. Ce fut par exemple le cas des références à la congestion des routes aux Pays-Bas.
Un déficit démocratique dangereux
Le rapport affirme également que l'AAC et le « pacte pour l'euro plus » consacré à la coordination des politiques économiques ont pratiquement éclipsé la stratégie 2020.
En outre, l'AAC et le pacte pour l'euro plus sont mis en œuvre sans aucune intervention directe de la part du Parlement, aussi bien au niveau européen que national, et sans aucun contact avec les partenaires sociaux ou les syndicats. C'est ainsi que s'accumule un « déficit démocratique » important, qui empêchera l'élaboration de réformes nécessaires de la gouvernance économique dans la zone euro.
Le rapport contient diverses recommandations, et souhaiterait notamment que la stratégie 2020 soit rendue juridiquement contraignante et que l'AAC soit renommée et éloignée de la forte influence de la direction générale des affaires économiques et financières de la Commission européenne (DG ECFIN). L'emprise de la DG ECFIN sur le semestre européen pour la coordination des politiques économiques devrait être supprimée, selon le rapport. Les autres directions générales de la Commission impliquées dans la stratégie 2020 devraient également être consultées au cours de l'élaboration des propositions semestrielles.
« L'Union européenne se moque des objectifs qu'elle s'assigne à elle-même », a déclaré l'eurodéputé belge du parti vert Philippe Lamberts.
Un représentant de la Commission participant au séminaire, qui a jugé ce rapport intéressant, a affirmé que l'exécutif européen devrait prendre en compte ses recommandations et que la mise en place du prochain semestre devrait inclure certaines réformes.




