Deux observations concrètes émergent de l’audition : l’insistance de M. Rehn pour l’adoption d’un nouveau superviseur financer pour l’UE et la création d’un représentant unique de l’UE pour participer aux forums économiques internationaux comme le G20.
M. Rehn a dit qu’il rendrait une recommandation pour un représentant unique dans les mois qui viennent.
L’idée d’un « haut représentant pour les affaires économiques », comme l’a formulé un eurodéputé, en référence au poste de Catherine Ashton de haute représentante aux Affaires étrangères, a été envisagée pendant un certain temps, la France et l’Allemagne étant farouchement opposées à l’idée.
M. Rehn a également encouragé les eurodéputés à approuver la proposition de la Commission concernant la supervision économique, le Comité européen du risque systémique (CERS) et les trois Autorités européennes de supervision (AES) le plus rapidement possible, pour qu’ils puissent devenir opérationnels avant l’automne 2010.
Nous avons une faille dans la surveillance du risque systémique et nous devons la combler, a dit M. Rehn à la Commission économique et monétaire du Parlement européen.
Un acte de répétition
M. Rehn a été interrogé par des eurodéputés de tous les bords politiques sur ses capacités à maintenir non seulement le Pacte de stabilité et de croissance de l’UE mais aussi les régulations financières à venir.
L’eurodéputé vert Sven Giegold l’a attaqué à la jugulaire et lui a demandé s’il avait une proposition concrète pour combattre les déséquilibres dans l’UE et la dette publique excessive.
M. Giegold ainsi que d’autres députés ont accusé M. Rehn d’esquiver la question en revenant sur son opinion selon laquelle le Pacte de stabilité et de croissance produirait les résultats escomptés en temps et en heure.
La réponse est dans « UE 2020 »
M. Rehn veut relancer l’agenda de Lisbonne pour l’emploi et la croissance sous la forme de la stratégie de l’UE pour 2020, qui selon lui, repose principalement sur la mise en application du Pacte de stabilité et de croissance.
Ce pacte, qui permet à la Commission de contrôler la santé fiscale des pays de la zone euro, instaure un seuil pour la dette publique à 3 % du PIB.
En octobre, 20 des 27 Etats membres, dont 13 de la zone euro, étaient sur la liste de la Commission des pays étant soumis à des procédures disciplinaires pour avoir excédé le plafond des déficits (EurActiv 15/10/09).
Le commissaire sortant Joaquin Almunia a été vivement critiqué pendant la crise pour ne pas avoir encouragé les pays à fournir plus d’efforts pour corriger leurs déficits publics excessifs.
Les eurodéputés, renfrognés par le manque de courage de M. Rehn en charge du portefeuille de l’élargissement, ont argué qu’il n’aurait pas la volonté de forcer les Etats membres à corriger leurs dégradations fiscales (EurActiv 12/01/10).
Interrogé sur l’éventuel renvoi de l’UE des économies qui sont au-dessus du seuil, comme le prévisible déficit de 12,7 % de la Grèce en 2009, M. Rehn a répondu que c’était inenvisageable.
L’Espagne, qui a pris la présidence tournante de l’UE le 1er janvier, a selon certaines informations cherché à sanctionner les pays qui n’ont pas agit pour réduire leurs déficits.
Cela a causé une tempête de controverses en Allemagne, où le ministre des Finances du pays, Rainer Brüderle, a mis en garde contre la création d’une bureaucratie supplémentaire dans l’UE.



