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Rehn va proposer un “haut représentant” pour l’économie [FR]

Publié 12 janvier 2010
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Le rétablissement de l’économie européenne dépend d’une meilleure coordination fiscale et de l’existence d’une voix unique dans les forums économiques mondiaux, a déclaré Olli Rehn, le commissaire entrant à l’Economie et aux affaires monétaires, aux eurodéputés dans le cadre de l’audition parlement d’hier (11 janvier).

Deux observations concrètes émergent de l’audition : l’insistance de M. Rehn pour l’adoption d’un nouveau superviseur financer pour l’UE et la création d’un représentant unique de l’UE pour participer aux forums économiques internationaux comme le G20.

M. Rehn a dit qu’il rendrait une recommandation pour un représentant unique dans les mois qui viennent.

L’idée d’un « haut représentant pour les affaires économiques », comme l’a formulé un eurodéputé, en référence au poste de Catherine Ashton de haute représentante aux Affaires étrangères, a été envisagée pendant un certain temps,  la France et l’Allemagne étant farouchement opposées à l’idée.

M. Rehn a également encouragé les eurodéputés à approuver la proposition de la Commission concernant la supervision économique, le Comité européen du risque systémique (CERS) et les trois Autorités européennes de supervision (AES) le plus rapidement possible, pour qu’ils puissent devenir opérationnels avant l’automne 2010.

Nous avons une faille dans la surveillance du risque systémique et nous devons la combler, a dit M. Rehn à la Commission économique et monétaire du Parlement européen.

Un acte de répétition

M. Rehn a été interrogé par des eurodéputés de tous les bords politiques sur ses capacités à maintenir non seulement le Pacte de stabilité et de croissance de l’UE mais aussi les régulations financières à venir.

L’eurodéputé vert Sven Giegold l’a attaqué à la jugulaire et lui a demandé s’il avait une proposition concrète pour combattre les déséquilibres dans l’UE et la dette publique excessive.

M. Giegold ainsi que d’autres députés ont accusé M. Rehn d’esquiver la question en revenant sur son opinion selon laquelle le Pacte de stabilité et de croissance produirait les résultats escomptés en temps et en heure.

La réponse est dans « UE 2020 »

M. Rehn veut relancer l’agenda de Lisbonne pour l’emploi et la croissance sous la forme de la stratégie de l’UE pour 2020, qui selon lui, repose principalement sur la mise en application du Pacte de stabilité et de croissance.

Ce pacte, qui permet à la Commission de contrôler la santé fiscale des pays de la zone euro, instaure un seuil pour la dette publique à 3 % du PIB.

En octobre, 20 des 27 Etats membres, dont 13 de la zone euro, étaient sur la liste de la Commission des pays étant soumis à des procédures disciplinaires pour avoir excédé le plafond des déficits (EurActiv 15/10/09).

Le commissaire sortant Joaquin Almunia a été vivement critiqué pendant la crise pour ne pas avoir encouragé les pays à fournir plus d’efforts pour corriger leurs déficits publics excessifs.

Les eurodéputés, renfrognés par le manque de courage de M. Rehn en charge du portefeuille de l’élargissement, ont argué qu’il n’aurait pas la volonté de forcer les Etats membres à corriger leurs dégradations fiscales (EurActiv 12/01/10).

Interrogé sur l’éventuel renvoi de l’UE des économies qui sont au-dessus du seuil, comme le prévisible déficit de 12,7 % de la Grèce en 2009, M. Rehn a répondu que c’était inenvisageable.

L’Espagne, qui a pris la présidence tournante de l’UE le 1er janvier, a selon certaines informations cherché à sanctionner les pays qui n’ont pas agit pour réduire leurs déficits.

 Cela a causé une tempête de controverses en Allemagne, où le ministre des Finances du pays, Rainer Brüderle, a mis en garde contre la création d’une bureaucratie supplémentaire dans l’UE.

Contexte : 

En 2000, l’UE a lancé son ambitieuse « stratégie de Lisbonne » dans le but de devenir l’économie de la connaissance la plus dynamique au monde d’ici 2010.

Après cinq ans et un résultat limité, les dirigeants européens ont relancé la stratégie en mars 2005. En réponse aux inquiétudes du public sur le changement climatique, le vieillissement de la population et l’exclusion sociale, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont convenu de détourner l’Agenda de Lisbonne du pur objectif « croissance et emploi » des trois dernières années, en préférant mettre l’environnement et les citoyens au premier plan (EurActiv 18/03/08).

Etant donné la tourmente économique d’aujourd’hui, on assiste à un retour de balancier, faisant de la création d’emplois et l’augmentation de la compétitivité les priorités clefs des Vingt-sept (voir le LinksDossier  d’EurActiv « Croissance et emploi : remodeler la Stratégie de Lisbonne »).

Le pacte de  stabilité et de croissance, conçu avec le traité de Maastricht de 1992, permet à la Commission européenne et le Conseil de contrôler la santé fiscale des Etats membres qui ont adopté l’euro.

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