Herman Von Rompuy, président du Conseil européen – qui réunit les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE – a été forcé de retirer de l'agenda du sommet européen des 25 et 26 mars une discussion sur l'objectif de l'UE en matière d'éducation.
Wolfgang Reinhart, ministre des Affaires européennes pour le Land allemand de Baden Württemberg, a déclaré à EurActiv Allemagne que cette décision avait été prise après une rencontre à Bruxelles entre ministres des Affaires européennes de plusieurs Länder allemands.
Le système fédéral allemand, a souligné M. Reinhart, garantit que les Länder conservent leur propre compétence en matière d'éducation et que davantage d'implication de l'UE sur cette question créerait des problèmes en Allemagne. L'Autriche se montre également réticente et soutient la position allemande, a-t-il dit.
M. Van Rompuy respecte l'attitude des Länder allemands parce qu'il vient également d'un pays fédéral, a-t-il ajouté.
La réticence des 16 Länder allemands est ressentie par Berlin, a indiqué M. Reinhart, affirmant que cette position lui avait été confirmée par la chancellerie fédérale. Il s'agit donc d'une position commune et l'Allemagne parle d'une seule voix, a-t-il déclaré.
Une décision concernant l'objectif éducation devrait désormais être prise en juin ou même en octobre, a dit M. Reinhart.
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a dévoilé ses projets Europe 2020 le 3 mars, proposant une série limitée d'objectifs sur l'emploi, l'éducation, la R&D et la réduction de la pauvreté, ainsi que des avertissements politiques en cas de non respect par les Etats membres de ces objectifs (EurActiv 03/03/10).
Concernant l'éducation, la Commission a proposé de réduire la part de ceux qui quittent l'école prématurément, pour la faire passer de 15 % aujourd'hui à moins de 10 % en 2020, et pour faire en sorte qu'au moins 40 % des jeunes aient un diplôme.
Cette querelle sur les objectifs en matière d'éducation porte un nouveau coup à la proposition de la Commission européenne d'une stratégie Europe 2020. Les ministres des Finances ont rejeté l'objectif de dépenser 3 % du PIB en R&D, demandant un indicateur de succès davantage tourné vers les résultats (EurActiv 17/03/10).
L'Allemagne est également réticente à voir l'évaluation de la stratégie Europe 2020 réalisée en conjonction avec la surveillance des conditions du Pacte de stabilité et de croissance, qui limite les déficits publics à 3 % du PIB. Plus tôt ce mois ci, la chancelière allemande Angela Merkel a exprimé ses craintes quant au fait de lier si étroitement ces deux éléments, ce qui selon elle rendrait la surveillance fiscale bien trop politique (EurActiv 03/03/10).




