EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

Sommet spécial de l’UE sur l’économie et l’emploi [FR]

Publié 05 janvier 2010
Version imprimableSend by email

Lors de son premier jour en tant que président du Conseil européen, Herman Van Rompuy a convoqué un sommet spécial destiné à trouver une solution pour sortir de la crise actuelle et à commencer à dessiner l’agenda économique et social pour la prochaine décennie.

A l’initiative de M. Van Rompuy, les dirigeants européens vont se rencontrer à Bruxelles le 11 février pour s’attaquer à la crise économique et sociale.

Ceci est mon premier jour de travail officiel, a déclaré M. Van Rompuy dans un message vidéo lundi (4 janvier). Je prépare d’ores et déjà le prochain Conseil européen du 11 février, a-t-il dit, insistant : je prends l’initiative de convoquer ce Conseil.

Nous avons besoin de plus de croissance économique afin de financer notre modèle social sur une base saine et de préserver la manière de vivre à l’européenne, a-t-il expliqué.

Le chômage devrait s’envoler en 2010, Eurostat prédisant un pic d’environ 10,3 % pour l’UE des 27 d’ici la fin de l’année (EurActiv 16/12/09).

Les pays baltiques, l’Irlande et l’Espagne sont les Etats membres de l’UE qui ont été les plus touchés, avec un doublement des taux de chômage, parfois davantage, depuis que la crise économique a commencé. Le chômage des jeunes en particulier a atteint de nouveaux sommets historiques ces derniers mois, selon un rapport récent de l’UE (EurActiv 25/11/09).

L’état des finances publiques de certains pays européens a également commencé à soulever des inquiétudes. Les déficits en Grèce devraient s’élever au-delà de 120 % du PIB en 2010, devançant ceux de l’Italie pour la première fois depuis des années. Cela a conduit l’agence de notation Fitch à baisser la note de la dette grecque, qui obtient un « B » pour la première fois depuis dix ans (EurActiv 10/12/09).

La stratégie de l’UE 2020

J’estime que les questions économiques – comment coordonner pour le mieux pour contrecarrer l’impact négatif de la crise sur l’emploi et les finances publiques, comment prévoir des stratégies pour la prochaine étape une fois la reprise garantie – seront au sommet de l’agenda des chefs d’Etat et de gouvernement dans les mois à venir, a déclaré M. Van Rompuy.

En novembre dernier, la Commission européenne a lancé une consultation sur la nouvelle stratégie économique et sociale de l’UE lors de la prochaine décennie. Cette nouvelle stratégie remplacera la stratégie phare de l’UE, l’Agenda de Lisbonne, adoptée dans la capitale portugaise en 2000 et qui expire cette année.

Dans son document de consultation, la Commission invite les Etats membres à mener l’Europe vers une économie verte et basée sur la connaissance d’ici 2020, avec quatre priorités mises en avant : l’innovation et la connaissance, le combat contre l’exclusion, la croissance verte et un nouvel agenda numérique pour l’Europe (EurActiv 19/11/09).

Les autres questions au menu de ce sommet seront notamment les suites à donner à la conférence de Copenhague sur le changement climatique, les défis énergétiques et l’aspiration de l’Europe à une plus grande sécurité et une meilleure justice, a déclaré M. Van Rompuy.

Un premier test pour M. Van Rompuy

Le sommet de février sera également le premier test de M. Van, Rompuy en tant que président du Conseil européen, un poste créé par le traité de Lisbonne qui est entré en vigueur à la fin de l’année dernière.

Certains analystes ont prévenu que la création de cette nouvelle fonction, qui s’ajoute à d’autres postes importants déjà existants, allait seulement semer la confusion et conduire à un « chaos institutionnel » (EurActiv 08/12/09).

Mais M. Van Rompuy a mis en avant qu’il allait apporter davantage de focus politique au sein du Conseil européen, qui réunit les 27 chefs d’Etat et de gouvernement.

Nous devons former un groupe, un cercle, qui s’accorde à l’intérieur et travaille pour la même cause, l’Union européenne. Nous devons également insister sur les décisions politiques qui vont au-delà des conclusions traditionnelles. Nous devons envoyer à l’opinion un message clair et visible. Nous avons déjà travaillé sur ces questions, et nous continuerons à le faire.

Réactions : 

Le premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a affirmé qu’il chercherait à donner à la politique économique de l’UE une plus grande dimension politique lorsque son pays prendrait la présidence de l’UE pendant le premier semestre 2010 (EurActiv 29/04/09).

Lorsqu’il s’est exprimé en avril dernier, il a affirmé que l’UE avait besoin d’un gouvernement économique bien plus solide […] utilisant des outils qui lui permettent d’agir en tant que bloc sur le front économique. Je ne peux pas envisager un marché unique, une monnaie unique, sans envisager un gouvernement économique ayant un réel pouvoir et des instruments adéquats, a-t-il déclaré.

Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche estime que l’Europe devrait impérativement rechercher de nouvelles sources de croissance, citant l’économie du savoir, l’innovation et les technologies vertes comme vecteurs de croissance.

S’adressant en décembre 2009 à d’autres ministres nationaux chargés de la compétitivité, il a dit que la nouvelle stratégie de l’UE pour 2020 devrait également laisser place à une dimension sociale en anticipant la restructuration industrielle, en investissant dans les systèmes d’éducation et en soutenant la reconversion des travailleurs licenciés.  

Il a également appelé l’UE à opter pour une approche plus pragmatique de la politique commerciale, estimant que l’Union devrait appliquer le principe de réciprocité aux pays qui restreignent l’accès aux marchés publics, réduisant ainsi la capacité des entreprises européennes à rivaliser sur les marchés mondiaux.

La question n’est pas de savoir si la concurrence est parfaitement garantie entre la France et l’Allemagne, mais de savoir si l’Europe dispose ou non des instruments nécessaires pour lutter contre la très forte concurrence de l’Asie du sud est, de la Chine, de l’Inde ou du continent américain, a-t-il dit.

Il a également mis l’accent sur le fait que la nouvelle stratégie de 2020 ne devrait pas se contenter de résumer 27 stratégies nationales, mais devrait être plus politique, ambitieuse, et tirer pleinement avantage des changements institutionnels offerts par le traité de Lisbonne. Selon lui, la stratégie devrait être définie par les chefs d’états et de gouvernements, et sa « stratégie de direction » devrait être évaluée par les dirigeants de l’UE.

Fabien Zuleeg, analyste politique senior au European Policy Centre, un think-tank basé à Bruxelles, a affirmé que le successeur de l’agenda de Lisbonne ne traiterait probablement pas des défis majeurs causés par la détérioration des finances publiques, du changement démographique et de la demande croissante pesant sur les systèmes de protection sociale.

Il semblerait qu’il y ait un petit appétit, à Bruxelles ou dans les capitales des Etats membres de l’UE, pour aborder la responsabilité des changements structurels, a écrit M. Zuleeg dans une note de novembre pour la chambre de commerce américaine à Bruxelles. Les Etats membres de l’UE se montrent également réticents à envisager de nouveaux mécanismes pour mettre en place des réformes structurelles au niveau européen, bien qu’il soit évident que le fait que la stratégie de Lisbonne ne repose pas sur des mesures contraignantes soit l’un de ses plus grandes faiblesses.

Politiquement, de nombreux gouvernements ont peur de pousser aux changements. Une réforme structurelle demanderait une restructuration et une transition, créant des coûts pour des segments de la population qui souffrent déjà de la crise. L’impact de tels changements sur la santé, l’éducation, les bénéfices sociaux et les pensions affecte directement une grande partie de la population et pourrait avoir une incidence sur les perspectives électorales, a-t-il ajouté. 

Prochaines étapes : 
  • 15 Jan. 2010: Clôture de la consultation sur la stratégie de l’UE pour 2020.
  • Jan. 2010: Proposition finale de la Commission européenne pour la stratégie de l’UE pour 2020.
  • 11 Fev. 2010: Sommet informel de l’UE pour combattre la crise économique et dessiner la stratégie de 2020.
  • Mars/juin 2010: Approbation attendue par un sommet européen de la stratégie finale. 

Le 8 septembre 2009, la Fondation EurActiv a organisé un atelier de travail sur les priorités de la nouvelle Commission européenne et le remplacement de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi ( lire le programme ici ). Alors que la nouvelle Commission se met en place, EurActiv continuera de traiter du renouvellement de l’Agenda de Lisbonne dans sa section «  Propriétés et opinion dans l’UE » et pendant la « semaine couverture spéciale » ( lire le programme ici ).

Contexte : 

Lors d’un sommet le 20 novembre, les chefs d’Etat et de gouvernement ont choisi le premier ministre belge Herman Van Rompuy en tant que premier président permanent du Conseil européen et la britannique Catherine Ashton en tant que Haute représentante aux Affaires étrangères (EurActiv 20/11/09).

Ces deux postes ont été créés par le traité de Lisbonne, qui est entré en vigueur le 1er décembre 2009 suite à la ratification de la République tchèque.

La principale tâche de M. Van Rompuy en tant que président du Conseil sera de présider les réunions au sommet pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois, et de représenter l’Union sur la scène internationale.

Il a commencé à exercer ses fonctions le 1er janvier 2010.

More in this section

Publicité

Publicité

Publicité