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Unité européenne avant Pittsburgh [FR]

Publié 18 septembre 2009
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L’UE va se rendre à la rencontre du G20 la semaine prochaine à Pittsburgh avec une position claire, ont annoncé hier soir (17 septembre) les dirigeants de l’UE, après un sommet extraordinaire organisé à Bruxelles.

Coordonner les stratégies de sortie 

Le premier ministre suédois Fredrick Reinfeldt, dont le pays occupe la présidence tournante de l’UE, a affirmé que les nations de l’UE ne devraient pas perdre de vue les menaces pesant toujours sur l’économie.

L’Europe veut une stratégie de sortie coordonnée des incitants fiscaux en place pour le moment, mais la stratégie ne doit pas être mise en oeuvre avant d’être sur de la réalité de la relance, lit-on dans la déclaration finale du sommet.

Les perspectives d’avenir sont incertaines, et les risques demeurent, a déclaré M. Reinfeldt, expliquant qu’on voyait des signes de stabilisation mais qu’on pouvait s’attendre à de grands déficits publics en 2010 – environ 10 % du PIB pour les pays du G7.

Les stratégies pour sortir de la crise doivent être adoptées maintenant, mais seront mises en œuvre plus tard, une fois que la relance sera bien présente, a expliqué M. Reinfeldt, expliquant que la coordination des stratégies de sortie allait être une sujet central au sommet de Pittsburgh. 

Des données inquiétantes sur le chômage 

M. Reinfeldt a déclaré que le chômage dans l’UE devrait atteindre environ 11 % en 2010, ce qui est un record depuis l’après-guerre. On estime que le nombre de chômeurs devrait augmenter de 9,5 millions de personnes entre 2008 et 2010, ce qui représente davantage que la population de son pays, la Suède. 

C’est un drame personnel pour ceux qui en souffrent, mais aussi une perte pour la société tout entière. Toute personne au chômage est une opportunité perdue pour la croissance et la prospérité, a-t-il poursuivi. Nous devons agir et prendre en compte cette réalité, a dit le premier ministre suédois, ajoutant que l’on discuterait à Pittsburgh de la nécessité d’une réponse commune. 

Explosion de la « bulle des bonus »

L’autre point central du sommet était de résoudre la question de la culture des bonus excessifs, qui règne dans les institutions bancaires.

La bulle des bonus explose ce soir, a annoncé M. Reinfeldt au début du sommet.  Trop c’est trop, a-t-il ajouté, affirmant que les citoyens de l’UE n’accepteraient plus que les profits des banques demeurent dans les mains de particuliers tandis que leurs pertes sont épongées par les deniers du contribuables.

Il a aussi soutenu l’idée de limiter les bonus. Nous savons que les Etats-Unis s’opposent à cette idée, mais je persiste à penser que cela serait une mesure adéquate, a-t-il dit.

Cependant, les plafonds de rémunération n’apparaissent pas dans la position commune informelle convenue par les dirigeants avant le sommet de Pittsburgh. Les conclusions du sommet exhortent le G20 à explorer de nouvelles pistes pour limiter la rémunération variable totale dans une banque par rapport soit à la rémunération totale, soit aux performances de la banque.

Le texte appelle aussi à fixer les bonus à un niveau adéquat en relation à la rémunération fixe et à le mettre en relation avec les résultats de la banque, de l’unité entreprise et des personnes en particulier.

M. Reinfeldt a confirmé sa position radicale lors de la conférence finale du sommet, avertissant que les banques, qui doivent leur survie à l’argent du contribuable, ne devraient pas pouvoir à l’avenir prendre avantage des bons résultats, en prétendant que la crise n’était qu’un évènement mineur.

Tous les autres dirigeants, y compris le premier ministre britannique Gordon Brown, ont soutenu une approche sévère à l’égard des banques et des bonus. Il nous faut un accord international sur les bonus, parce que les gens pourraient se rendre dans les pays où les structures de bonus ne suivent pas les accords internationaux, a déclaré M. Brown.

Le premier ministre italien Silvio Berlusconi a soutenu l’idée d’un plafond des bonus, mais a souligné l’importance de lutter contre la spéculation. Les limites placées sur les bonus sont importantes ;  toutefois, s’il s’agit d’une mesure d’importance, je pense que s’attaquer à la spéculation serait cent fois plus efficace. L’Italie a férocement milité pour inclure dans le texte commun une référence à la lutte contre la spéculation alimentaire, en parallèle aux engagements à limiter la spéculation dans les marchés pétrolier et gazier.

Les leaders ont aussi convenu que le paiement d’une part importante de rémunération variable doit être reporté à un moment plus approprié, et pourrait être annulée en cas de déroulement négatif des résultats de la banque, selon le communiqué final du sommet.

M. Reinfeldt a confié que si l’UE était capable de parler d’une seule voix, cette unité ferait la différence au niveau mondial. On ne devrait pas sous-estimer le fait que, avec une population de 500 millions de personnes, qui représentent plus de 22 % de la production économique mondiale totale, l’UE est le premier acteur et la première économie du monde, a dit M. Reinfeldt. 

Des négociations sur le changement climatique bien trop lentes  

Sur la question du changement climatique, l’autre sujet majeur discuté lors de la rencontre d’hier, M. Reinfeldt a déclaré que les progrès réalisés dans les négociations internationales étaient bien trop lents.

Le monde a la fièvre, comme nous le savons tous. Nous devons arrêter de jouer la comédie et commencer à agir, a déclaré le président en rotation de l’UE, ajoutant que cela serait le message qu’il délivrerait à Pittsburgh.

Les ressources financières devront être revues à la hausse de manière urgente et substantielle afin de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, ont déclaré les dirigeants de l’UE.

Se référant aux économies émergentes comme la Chine et l’Inde, ils ont ajouté que tous les pays, excepté les moins développés de tous, devraient contribuer à financer la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement. Ces pays, ont déclaré les dirigeants, doivent mettre en œuvre les actions d’atténuation appropriées, particulièrement ceux qui sont économiquement plus avancés.

La Commission européenne estime que le coût total net marginal de l’atténuation et de l’adaptation dans les pays en développements pourrait atteindre jusqu’à 100 milliards d’euros par an en 2020, qui devront être partagés entre les financements internes, les financements issus des marchés du carbone et le soutien international.

Les dirigeants de l’UE ont convenu que le financement public devrait être partagé sur la base d’une clef de contribution universelle, détaillée et spécifique, reflétant la capacité de payer et la responsabilité pour les émissions.

De plus, ils se sont mis d'accord pour pousser en faveur d'un engagement visant à apporter 5-7 milliards d'euros par an pour un financement anticipé entre 2010 et 2012 à Pittsburgh, selon les recommendations de la Commission.

Il nous reste 80 jours jusqu’à Copenhague, 15 jours de négociations à Bangkok [où se déroule le travail préparatoire au sommet de décembre], et 2 500 points à résoudre dans les documents de négociation, a affirmé M. Reinfeldt.

Le monde en développement a besoin de notre aide pour payer la facture, une facture que nous avons aidé à créer à travers nos émissions, a dit M. Reinfeldt, ajoutant que dans les 80 jours à venir, le changement climatique sera au sommet de son agenda.

Contexte : 

Pour s’attaquer à ce cataclysme financier sans précédent, un premier sommet du G20 sur la réforme de l’architecture financière mondiale fut organisé à Washington en novembre 2008. Un second sommet du G20 a été organisé à Londres en avril 2009.

Tout au long de la crise, les gouvernements du monde entier ont dépensé des milliers de milliards de dollars dans des paquets de relance de l’économie afin de combattre la récession, lançant le débat sur la manière de liquider ce soutien au final.

Mettre fin aux paquets de relance trop tôt pourrait entraîner une rechute des économies, alors que les laisser trop longtemps ferait courir un risque de pressions inflationnistes. C’est pourquoi le besoin de coordination des stratégies de sortie figure au sommet du programme de Pittsburgh.

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