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Vote à bulletin secret du Parlement sur le budget de l’UE

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Publié 08 février 2013, mis à jour 11 février 2013

Le Parlement européen organisera un vote à bulletin secret sur le budget de l’UE pour 2014-2020, ont déclaré hier (7 février) le président de centre-gauche Martin Schulz et Joseph Daul, le président du Parti populaire européen de centre-droit.

Lors d'une conférence de presse en fin de nuit, Martin Schulz a confirmé le communiqué de Joseph Daul qui prévoyait l'utilisation de la procédure spéciale.

Conformément aux procédures parlementaires, 20 % des eurodéputés peuvent demander de tenir un vote à bulletin secret au lieu d'un vote enregistré. Ce vote devrait avoir lieu d'ici trois mois puisque 80 actes législatifs qui accompagnent le budget de l'UE doivent être préparés entre-temps.

EurActiv a cru comprendre que le but de cette procédure inhabituelle est d'éviter que les gouvernements nationaux n’intimident les eurodéputés en menaçant d’exposer leurs votes.

M. Schulz a expliqué aux chefs d'État de l'UE qu'un accord éventuel ne serait pas « le point final », mais la « base pour des négociations » avec le Parlement afin de rendre le budget de l'UE plus flexible.

« Comme tout État membre, l'Union européenne doit pouvoir s'adapter avec souplesse à l'évolution des conditions économiques et politiques. Par exemple, si nous en restons à ce système rigide, nous ne serons pas capables de réagir aisément à des événements imprévus tels que l'actuelle situation au Mali», a-t-il déclaré.

Il a également affirmé qu'il ne serait pas juste de présenter une proposition de budget pour sept ans qui transmette à la Commission et au Parlement des budgets beaucoup moins élevés que ceux disponibles à l'heure actuelle.

La souplesse, priorité absolue

M. Schulz a indiqué que cette approche ne faisait pas œuvre de prévision.

« [Nous refusons] de regarder en face une situation à laquelle il faut réagir d'une manière dynamique. Permettez-moi par ailleurs de faire observer que nous prendrions date pour une période au cours de laquelle au moins un État membre n'exclut pas de quitter l'Union », a-t-il expliqué aux dirigeants de l'UE.

Il a ajouté qu'il était nécessaire d'avoir une souplesse entre les catégories de dépenses et les budgets annuels ainsi qu’une clause de révision juridiquement contraignante qui pourrait être adoptée par une majorité qualifiée. Jusqu'à présent, les budgets rectificatifs sont soumis à un vote majoritaire.

M. Schulz a également averti que si la proposition de budget d'Herman Van Rompuy restait telle quelle, elle pourrait provoquer des déficits de croissance impossible à gérer d'ici 2020.

Il a précisé que M. Van Rompuy avait cédé au point de vue britannique, juridiquement contraignant seulement sur les plafonds des paiements, et non sur les engagements. Il a déclaré que les paiements pour la période 2014-2020 seraient réellement gelés au niveau du budget de 2011. Les coupes seraient considérables en termes réels, a-t-il ajouté. En ce qui concerne les engagements, il a précisé que les plafonds appliqués en 2020 seraient les mêmes qu'en 2005.

M. Schulz a indiqué aux journalistes qu'il ne « signerait » aucun accord sans l'introduction de souplesse qui permettrait de gérer les déficits.  Il a répété qu'il considérait l'accord éventuel sur le budget non pas comme un point final, mais comme le début des négociations avec le Parlement européen.

Réactions : 

Au Parlement, le Groupe des conservateurs et réformistes européens (CRE) s’est opposé à la tenue d’un vote à bulletin secret, en affirmant que les eurodéputés entreprendraient un geste « hautement cynique et injustifiable ».

« Les eurodéputés devraient avoir le courage de leurs convictions sur le budget de l’UE et ne devraient pas se cacher derrière un vote à bulletin secret », a indiqué le groupe des CRE dans un communiqué.

Martin Callanan, eurodéputé et dirigeant du groupe des CRE, a ajouté : « Ce type de comportement jette le discrédit sur l'UE et ses responsables politiques. Mon groupe plaidera en faveur d'un vote par appel nominal pour tout accord conclu de telle sorte que tous les eurodéputés puissent [...] expliquer à leurs électeurs pourquoi ils ne peuvent pas soutenir leur premier ministre ».

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Aubry Touriel

COMMENTS

  • il faut espérer que ce nouvel et pénible épisode d'adoption du CFP sera le dernier sous cette forme ; il est urgent de réviser une procédure qui donne un droit de veto à chacun des 27 États, contraint le PE à accepter ou rejeter en bloc la position du Conseil et laisse la Commission (qui exécutera le budget année après année) totalement en dehors de la négociation. Le CFP est juridiquement un "règlement" : il doit être voté selon la procédure normale de co-décision PE/Conseil. D'autre part, la période sur laquelle porte le CFP devrait être raccourcie (5ans au lieu de 7ans) et coïncider avec le mandat du PE et de la Commission. Jean-Guy GIRAUD

    By :
    Jean-Guy Giraud
    - Posted on :
    08/02/2013
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
Contexte : 

Les dirigeants de l'UE se rencontrent à Bruxelles les 7 et 8 février afin de conclure un accord sur le budget pour 2014-2020.

Des diplomates ont affirmé que les chefs d'État et de gouvernement devaient trouver un accord « maintenant ou jamais » avant les différentes élections en 2013 [plus d'infos].

Le Parlement a donc joué le rôle de défenseur d'une Union qui doit se donner les moyens de ses ambitions. Conformément au traité de Lisbonne, les eurodéputés ont désormais la possibilité d'approuver ou de rejeter le budget de l'UE que pourrait adopter le Conseil européen.

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