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Dépenses de santé et économie [FR][en][de

Publié: mercredi 19 avril 2006    | Mis à jour: vendredi 4 juillet 2008   

Dans une Europe vieillissante, une société en bonne santé et une population active seront les éléments essentiels à la productivité durable et à la croissance économique, et donc les conditions essentielles pour que l'agenda européen de Lisbonne donne des résultats. Le capital humain est reconnu depuis longtemps comme contribuant à la prospérité économique mais on oublie que les gens ne peuvent accumuler et offrir du capital humain que s'ils sont en bonne santé à la fois sur le plan physique et mental. Les hommes politiques considèrent bien trop souvent la santé comme un coût et non comme un investissement sur le long terme dans le capital humain.

A lire aussi:

Prochaines étapes:

Sommaire Liens

  • L'UE des 25 consacre en moyenne 7,76% de son PIB à la santé. La moyenne dans l'UE des 15 est de 8,6% et de 5,8% dans les nouveaux Etats membres. Pour des informations sur les dépenses de santé de chaque pays, cliquer iciexternal .
  • Les maladies cardiovasculairesPdf external (MCV) sont la première cause de mortalité en Europe et dans les pays industrialisés, et les MCV coûtent environ 3% du PIB annuel de l'UE (soit 135 milliards d'euros) et 500 miilions de jours de travail sont perdus chaque année en raison d'accidents ou de problèmes de santé liés à l'activité professionnelle.
  • Les maladies mentalesexternal touchent chaque année plus de 27% des adultes européens et peuvent coûter aux économies européennes jusqu'à 4% de leur PIB en termes de perte de productivité et autres coûts sociaux.
  • Le tabacPdf external est la principale cause de mortalité évitable dans l'UE. Selon des estimations, les maladies et les décès provoqués par le tabac coûtent aux pays européens un peu plus d'1% de leur PIB par an (soit 100 milliards d'euros).
  • De récentes estimations suggèrent que, dans les pays occidentaux, entre 2% et 8% du total des frais de santé sont attribuables à l'obésitéPdf external . Les coûts qui lui sont associés varient entre 70 et 150 milliards d'euros par an en Europe.

Le lien entre la santé et l'économie a fait l'objet de nombreuses études qui prouvent, par exemple, que les dépenses de santé représentent une part beaucoup plus importante (entre 16% et 27%) des taux de croissance que les dépenses pour l'enseignement (environ 3%) (Beraldo, Montolio and Turati), et suggèrent que l'intervention du gouvernement ne doit pas être axée sur des politiques en faveur de la croissance mais plutôt sur des politiques visant à améliorer la santé (Garland L. Brinkley).

Le processus de Lisbonne (2000) conclut que la santé contribue à la productivité, la participation au monde du travail et la croissance économique, et que les mesures et investissements dans le domaine de la prévention des maladies sont nécessaires pour améliorer aussi bien la santé que l'économie.

En 2004, un processus de réflexionPdf external sur la future politique européenne de santé a établi que l'un des principes essentiels pour guider l'élaboration d'une politique européenne de santé dans les prochaines années est le rôle d'un bon état de santé en tant que moteur de l'économie. Le processus a également souligné le besoin d'exploiter les synergies entre les différentes politiques et d'introduire le facteur santé dans toutes les politiques de l'Union.

La propositionPdf external de la Commission (2005) pour une stratégie en matière de santé et de protection du consommateur pour la période 2007-2013 indique qu'un mauvais état de la santé fait augmenter les coûts et pèse sur l'économie et que, par conséquent, améliorer la santé contribue à une meilleure productivité, une plus grande participation au monde du travail et une croissance durable en Europe.

Enjeux:

Le lien entre santé et développement économique dans les pays en développement, à faibles revenus, a déjà été démontré. Ces pays peuvent obtenir d'importants profits sur le plan économique en investissant dans les systèmes de soins. La Direction générale "Santé et protection du consommateur" de la Commission a publié, en août 2005, une étude intitulée "La contribution de la santé à l'économie dans l'Union européenne" ( The contribution of health to the economy in the European Union Pdf external ), dans laquelle elle prouve qu'un lien semblable existe également dans les pays développés, à revenus élevés, tels que les Etats membres de l'UE.

Un des principaux messages de la publication est que l'amélioration de la santé peut avoir des effets positifs sur différents résultats économiques et n'est pas simplement un sous-produit automatique du progrès économique. Cet argument donne du poids aux arguments utilisés par les décideurs politiques pour justifier le fait d'investir davantage dans la santé afin d'atteindre leurs objectifs économiques.

Les effets de la santé sur :

  • l'éducation : les enfants en bonne santé ont des taux de présence scolaire et une capacité de développement cognitif plus élevés, et donc une accumulation de capital humain plus importante.
  • la productivité au travail : les travailleurs en bonne santé sont plus productifs que les travailleurs qui sont comparables à tous les niveaux sauf celui de la santé. 
  • l'offre de main d'oeuvre : l'importante évolution démographique que l'UE connaît actuellement aura un effet conséquent sur le volume de la population active. De plus, les problèmes de santé de la population vieillissante pourraient les forcer à prendre leur retraite plus tôt que prévu, entraînant une diminution de la population active pour faire fonctionner l'économie, compte tenu de la baisse des taux de natalité.

Remèdes possibles :

  • Réduction du poids des maladies évitables : le poids des maladies dans les pays développés est principalement du aux maladies non transmissibles telles que l'obésité ou les maladies cardio-vasculaires, qui sont souvent "évitables". Il faut donc se concentrer davantage sur la prévention efficace de ces maladies afin de de limiter le nombre de traitements.
  • Investissement dans la santé au sein du gouvernement : Beaucoup de maladies non transmissibles et évitables sont en fait souvent liées à des facteurs relatifs au style de vie, ce qui signifie que les facteurs culturels, éducatifs et de santé sont étroitement liés, et que les investissements dans la santé doivent impliquer un ensemble d'initiatives traitant de questions tranversales au gouvernement, au-delà des systèmes de santé traditionnels.

Positions:

Pfizer estime que les systèmes de santé publique peuvent obtenir un meilleur retour sur investissement grâce à l'utilisation efficace de médicaments novateurs susceptibles de réduire la morbidité et le besoin de soins hospitaliers onéreux. Pfizer souligne également l'importance de soutenir davantage la recherche sur les maladies importantes comme les MCV, le diabète et les maladies mentales.

GlaxoSmithKline (GSK), autre entreprise pharmaceutique, souligne le rôle essentiel de l'industrie pharmaceutique en tant que partenaire-clé des gouvernements, médecins et patients pour améliorer la santé du plus grand nombre de personnes. GSK rappelle également la contribution éventuelle de la recherche médicale, l'innovation et l'utilisation de technologies de pointe dans le perfectionnement des soins cliniques. L'entreprise estime que le défi auxquels tous les gouvernements seront confrontés à l'avenir consistera à trouver une approche équilibrée afin de récompenser l'innovation, de gérer les coûts et d'offrir aux patients un accès rapide à des traitements optimaux.

La Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques (EFPIA) souligne que l'industrie pharmaceutique contribue à améliorer la santé et à répondre aux attentes des patients en développant de nouveaux traitements permettant de sauver des vies et d'améliorer la qualité de vie.

L'Association européenne du médicament générique (EGA) soutient que les futurs coûts de santé publique, lesquels devraient connaître une augmentation considérable en raison des évolutions démographiques, peuvent être limités en renforçant l'utilisation de médicaments génériques dont les prix sont, selon l'EGA, "en général 20% à 80% inférieurs à ceux des médicaments de marque".

L'Alliance européenne pour la santé publique (EPHA) estime que l'appel de la Commission à des investissements de santé ne doit pas être interprété comme une demande d'investissement dans les infrastructures ou dans l'industrie pharmaceutique, mais plutôt comme l'allocation de ressources supplémetaires à la promotion et la prévention. Le budget de l'UE 2007-2013, selon l'EPHA, ignore le lien crucial entre une population en bonne santé et une économie prospère, le titre 3b, qui comprend les programmes relatifs à la jeunesse, la culture, l'éducation, la politique de santé et de consommation, le dialogue entre citoyens et une réponse rapide à leurs interrogations, et l'instrument préparatoire pour les urgences majeures, ayant été réduit significativement.

L'Union européenne de l'hospitalisation privée (UEHP) souligne le rôle du secteur privé pour réduire les listes d'attente, souvent trop longues, des hôpitaux dans beaucoup de pays européens.

Le Comité permanent des médecins européens (CPME) considère qu'il est nécessaire de renforcer le rôle et les activités de la DG "Santé et protection du consommateur" de la Commission pour s'assurer que les questions relatives à la santé reçoivent toute l'attention qu'elles méritent. Selon le CPME, la DG SANCO doit disposer du droit et de la responsabilité d'influencer toutes les politiques relatives à la santé.

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Lettres à l'éditeur
Concerns over mercury use in dental amalgam
<a href="http://www.env-health.org/" rel="nofollow">Genon Jensen, Executive Director, Health and Environment Alliance</a>
Is Aquanova doing nanotech or not?
<a href="http://www.bund.net/" rel="nofollow">BUND / Friends of the Earth, Germany</a>
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