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Entretien : l’industrie poursuit son propre agenda sur la santé en ligne [FR]

Publié 11 février 2008
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Daniel Mart, du comité des médecins européens, affirme que les médecins se sentent exclus de la politique européenne en matière de santé en ligne. D’après le comité, la compétitivité de l’industrie européenne de la santé en ligne a pris le dessus sur les avantages pour les patients et les systèmes de santé.

« Au début, sans aucun doute, le concept de santé en ligne n’était pas motivé par l’idée d’améliorer les soins de santé ou la relation entre le patient et le médecin, mais plutôt par l’idée de rationaliser le secteur de la santé et de le rendre plus efficace et plus productif, ainsi que par les illusions selon lesquelles les soins de santé sont de plus en plus coûteux », a déclaré le Dr Daniel Mart du Comité permanent des médecins européens (CPME).

« Nous avons l’impression que l’industrie est beaucoup trop influente et poursuit son propre agenda », a-t-il dit, ajoutant qu’aujourd’hui seulement, les gens demandent la preuve que la santé en ligne améliore en fait la qualité des soins en réduisant les incidences des maladies et si la durée de vie de la population s’allonge ou s’améliore en conséquence. « Le problème est que nous devons tout d’abord mettre quelque chose en œuvre et ensuite examiner si c’est réellement bénéfique », explique le Dr Mart.

D’après lui, les médecins ont également le sentiment qu’ils ont jusqu’à présent été exclus du processus de développement de la santé en ligne et demandent que la profession soit entendue. « Il serait véritablement intéressant d’organiser, pour une fois, un brainstorming dans les hôpitaux pour qu’ils soient impliqués. Nous ne voulons pas d’une technologie qui fonctionne dans un autre cadre et ne mette pas nos besoins en œuvre ».

Il a constaté que la médicine n’est pas comparable à beaucoup d’autres applications ou technologies en ligne, tout en insistant sur le fait qu’il s’agit d’une question sensible avec des besoins spécifiques concernant la protection des données, la protection de la vie privée et la confidentialité de la transmission des données. « En ce sens, nos besoins sont beaucoup plus importants que dans le secteur financier par exemple. Le contrôle de l’accès devrait être la priorité principale et le contrôle des données devrait appartenir aux patients », a-t-il ajouté. 

« Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation dans laquelle seules les technologies sont financées et non la fiabilité, la sécurité, la disponibilité et la protection des données », déclare le Dr Mart. 

De plus, les médecins soulignent la nécessité de préserver la relation patient-médecin ainsi que d’une « stratégie et une certaine planification ». La planification stratégique concernant la structure organisationnelle des soins de santé devrait, selon le Dr Mart, faire l’objet d’une discussion avec la profession – tout d’abord pour insister sur les avantages qu’elle comporte. Les avantages doivent également être analysés, évalués et réincorporés dans le système « pour voir très rapidement si travailler dans cette direction en vaut la peine ou non », affirme-t-il.

« L’évaluation et le retour d’information que nous obtenons ne sont pas suffisants pour constater si cela bénéficie à d’autres secteurs que le secteur européen des TIC, et nous estimons que cet argument ne nous incite pas à nous impliquer dans ce système ».

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.

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