'La malnutrition coûte plus cher que l'obésité' [FR] [en] [de]

Publié: 24 November 2006 | Updated: 29 January 2010
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La politique actuelle mettant l'accent sur l'obésité et la réduction de notre consommation quotidienne de graisses, de sucre et de sel, le problème de la malnutrition est souvent oublié et sous-estimé. Toutefois, des experts estiment que les personnes âgées mal nourries coûtent plus cher à l'UE que l'obésite.

Background

La malnutrition est un état médical dû à une alimentation insuffisante ou inadaptée (déséquilibre énergétique, protéique ou de tout autre nutriment), qui peut avoir des effets négatifs mesurables sur la santé des individus. Dans les pays développés, la malnutrition et les carences en minéraux et nutriments touchent surtout les personnes âgées.

La question de la malnutrition a été traitée pour la première fois au niveau européen sous la présidence néerlandaise, en septembre 2004. Une conférence de suivi sur le sujet s'est tenue lors de la conférence de la présidence britannique de septembre 2005. 

Le Livre vert de la Commission sur le thème "Alimentation saine et activité physique" et la plateforme européenne d’action en matière d’alimentation, d’activité physique et de santé n'abordent pas le thème de la malnutrition. Toutefois, certains projets de recherche financés par l'UE dans le domaine de la nutrition et du vieillissement en bonne santé traitent du problème de la malnutrition chez les personnes âgées.

En 2003, le comité des ministres du Conseil de l'Europe a adopté une résolution  sur l'alimentation et la nutrition dans les hôpitaux.

Lors d'une conférence intitulée 'De la malnutrition à la bonne nutrition' (From Malnutrition to Wellnutrition) le 22 novembre 2006, des participants venus de toute l'Europe ont débattu des moyens de placer la question de la malnutrition au rang des priorités de l'agenda européen. Ils ont défini des actions à des fins de sensibilisation pour que la malnutrition soit reconnue dans le cadre de la famille, des maisons de retraite et des hôpitaux.

Frank de Man, secrétaire général de l'Alliance européenne de nutrition pour la santé (ENHA), a déclaré : "Il est clair qu'une action doit être entreprise au niveau national. La Commission peut naturellement nous aider à sensibiliser le public à la malnutrition au niveau européen".

Jean-Pierre Baeyens, président de l'ENHA : "Selon une étude britannique, la malnutrition coûte 10,5 milliards d'euros par an au Royaume-Uni. Si nous extrapolons ces chiffres à l'échelle de l'Europe, le coût annuel de la malnutrition s'élève à environ 60 milliards d'euros pour la seule UE". Ces coûts sont occasionnés par de plus fréquentes hospitalisations et des séjours prolongés à l'hôpital, les patients mettant plus de temps à se rétablir. J.P. Baeyens, qui souhaite que le commissaire européen à la santé, M. Kyprianou, propose un Livre vert sur la malnutrition afin de l'inscrire parmi les priorités de l'UE, ajoute : "Les coûts de santé pourraient être réduits de 20% dans l'UE si la question de la malnutrition était résolue".

Des actions concrètes pourraient consister entre autres à peser les personnes à leur entrée à l'hôpital ou en maison de retraite et à suivre régulièrement leur poids par la suite. Des cours appropriés en nutrition pourraient également être introduits dans le programme de formation des professionnels de santé et d'assistance sociale.

Positions

Le comité d'experts du Conseil de l'Europe sur la nutrition, la sécurité alimentaire et la santé du consommateur indique que "dans tous les pays européens, il est clairement établi que la dénutrition liée aux maladies atteint des niveaux considérables (20 à 50%) dans les hôpitaux, ce qui peut entraîner l'allongement de l'hospitalisation, des complications médicales et par conséquent augmenter les souffrances et les coûts économiques."

La plateforme européenne des personnes âgées (AGE) "regrette que la communication de la Commission sur la promotion d'une alimentation saine et de l’activité physique ne considère l’obésité que comme la conséquence d’une alimentation non saine et qu’elle ne traite pas la malnutrition comme un des éléments d'une mauvaise alimentation. Le Livre vert ignore un important facteur, à savoir la le manque de micronutriments et de minéraux qui sont indispensables pour répondre aux besoins fonctionnels et  psychologiques de tout un chacun".

L'AGE appelle par conséquent la Commission à "réagir en développant des programmes physiques et nutritionnels, non seulement à destination des enfants mais également des personnes âgées, et en évaluant les bénéfices (à court et moyen termes) de telles interventions".

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