Après plusieurs reports et de longues consultations internes, la Commission a finalement publié sa proposition de directive relative à l’application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers le 2 juillet 2008.
D’un point de vue général, la directive clarifie le droit des patients de chercher à recevoir des soins de santé dans un autre pays de l’UE tout en étant remboursé par leur système national.
La proposition a trois objectifs principaux :
- préciser la façon dont les patients peuvent exercer leurs droits à des soins de santé transfrontaliers ;
- garantir la qualité et la sécurité des soins transfrontaliers, et ;
- contribuer à la coopération entre les systèmes nationaux de santé pour effectuer des économies d’échelle.
La proposition, une fois adoptée, accorderait aux citoyens européens le droit de recevoir des soins de santé non hospitaliers, comme les soins dentaires, les visites chez l’opticien ou les consultations médicales, dans un autre Etat membre sans autorisation préalable. Le patient devrait s’acquitter du montant des soins la première fois et chercherait ensuite à se faire rembourser par son système national obligatoire. Le remboursement sera effectué pour les coûts des soins qui, s’ils avaient été administrés sur le territoire national, auraient été réglés par le régime de sécurité social.
En ce qui concerne les soins hospitaliers, qui selon la Commission sont définis comme des soins nécessitant au moins une nuit d’hospitalisation, les Etats membres peuvent mettre en place un système d’autorisation préalable pour le remboursement dans deux cas. Tout d’abord, le traitement aurait pu être dispensé et remboursé sur leur territoire national et ensuite, le flux sortant de patients est tel qu’il est susceptible de porter atteinte aux finances des régimes nationaux de sécurité sociale ou à la planification de la capacité hospitalière.
Dans les versions précédentes de la proposition, les patients n’avaient pas besoin d’une autorisation préalable de leurs systèmes nationaux, que ce soit pour les soins hospitaliers ou non hospitaliers. Cependant, la Commission a senti qu’une telle proposition pourrait ne pas obtenir le soutien nécessaire au Parlement européen ou au Conseil pour être définitivement adoptée.
Le projet de directive demande aux Etats membres d’établir des points de contact nationaux pour les soins de santé transfrontaliers et d’informer les citoyens de leur droit à recevoir des soins à l’étranger. Le texte stipule également que les ressortissants provenant d’autres Etats membres jouissent des mêmes droits d’accès aux soins de santé que les ressortissants de l’Etat membre et interdit donc toute forme de discrimination fondée, notamment, sur la nationalité.
Pour ce qui est de promouvoir la coopération entre les systèmes nationaux de santé de l’UE des 27, le document propose la reconnaissance mutuelle des prescriptions émises dans un autre Etat membre et la création de réseaux européens de référence qui dispensent des soins afin d'autoriser l’accès aux soins spécialisés pour tous et de dégager des économies d’échelle. Les Etats membres devraient également encourager la coopération en matière de santé en ligne en adoptant des mesures destinées à travailler à l’interopérabilité des systèmes nationaux de TIC liés aux soins de santé et à unir leurs efforts concernant la gestion des nouvelles technologies de la santé, notamment l’évaluation des technologies de santé (HTA).



