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Selon le responsable en charge de la recherche chez Microsoft, le succès du transfert de technologie provient d'un certain nombre de talents aux idées intelligentes soutenus par les bonnes mesures incitatives pour qu'ils contribuent au développement de leurs entreprises. Il s'explique dans un entretien à EurActiv.
L’Europe est aussi compétente que les autres pays dans le domaine du transfert de technologie mais en termes de quantité et d’intensité, elle fait pire, a déclaré Andrew Herbert du pôle de recherche de Microsoft basé à Cambridge. On entend par « quantité et intensité » le nombre de grandes entreprises qui entretiennent de bons rapports avec les universités, les universités délivrant des licences d’exploitation de technologie ou créant de nouvelles entreprises, a-t-il ajouté.
De plus, aux Etats-Unis et en Chine, « un grand nombre d’acteurs concernés dans ce domaines sont impatients que les personnes actives dans la recherche à l’université et envisageant une perspective universitaire réfléchiront également à la façon d’exploiter leurs idées, soit en s’associant avec une industrie soit en créant des entreprises », a-t-il déclaré.
Les Etats-Unis ont également une plus forte culture de la prise de risque dans le domaine de l’entreprise, alors que les universitaires considèrent qu’il est plus facile de prendre du temps libre pour créer une entreprise afin d’expérimenter leurs idées – et d’être toujours bien accueilli de retour à l’université pour travailler sur leur prochain projet. M. Herbert estime que « dans de nombreux systèmes universitaires européens, une fois intégré dans le système, il peut être dangereux d’en partir et difficile de le réintégrer ».
Il a également affirmé que jusqu’à présent, l’Europe a été relativement dépendante des grandes entreprises représentant les industries principales et poursuivant leurs propres activités de recherche en interne, parce que les universités sont considérées comme ayant des fonctions administratives de type gouvernementales caractérisées par un objectif principalement universitaire et pédagogique plutôt que par un objectif économique changeant ». Par conséquent, selon M. Herbert, la différence de performance en termes de transfert de technologie entre l’UE et les Etats-Unis est « un phénomène culturel à bien des égards ».
Afin de stimuler le transfert de technologie en Europe, M. Herbert recommande que le monde universitaire vise tout d’abord à atteindre les normes internationales les plus élevées afin de garantir l’excellence et la qualité de l’enseignement et de la formation des étudiants et, ensuite, à étudier les universités qui réussissent dans le transfert de technologie dans la mesure où « de nombreuses idées peuvent être copiées ».
Il a surtout ajouté que « le plus important est d’avoir un certain nombre de talents aux idées intelligentes et les bonnes mesures incitatives pour qu’ils contribuent à la création et au développement de ces entreprises ».
Les mesures politiques destinées à promouvoir le transfert de technologie sont les suivantes : assouplir les procédures de création d’entreprises et aider les jeunes entreprises à être agiles en assouplissant la législation en matière d’emploi et d’autres réglementations ainsi que par des incitations fiscales.
Concernant les entreprises, « les grandes entreprises peuvent y contribuer énormément en reconnaissant qu’elles sont en mesure de soutenir de nombreux écosystèmes de plus petites entreprises si elles pensent en termes de fournisseurs, en aidant les entreprises plus petites à développer leurs activités et en s’associant avec elles ».
Andrew Herbert discutera davantage des conditions concernant le transfert efficace de technologie en Europe lors d’une conférence
organisée par l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) à Bruxelles ce mercredi (28 mai 2008).