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L'opinion publique européenne, favorable aux nanotechnologies, pourrait permettre à l'UE d'être à la pointe dans ce domaine prometteur. Une récent sondage montre en effet qu'une majorité d'Américains trouve ces technologies moralement inacceptables, en raison de croyances religieuses.
Il semble y avoir d’importantes différences entre les Etats-Unis et les pays européens qui sont des acteurs clés dans les nanotechnologies en termes de rapports à ces technologies, a expliqué le professeur Dietram A. Scheufele, lors de la réunion annuelle de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS
) le 15 février 2008.
M. Scheufele, professeur de communication sur les sciences biologiques à l’université du Wisconsin, Madison, estime que la raison sous-jacente à cette différence est la religion. Les résultats du sondage montrent des parallèles clairs entre les différences en termes d’acceptation des nanotechnologies et en termes de morale. La religion joue un rôle important dans la vie des gens aux Etats-Unis, tandis que les Européens ont une perspective nettement plus laïque.
D’après M. Scheufele, les personnes ayant de fortes convictions religieuses considèrent les chercheurs comme des démiurges lorsqu’ils créent des nouveaux matériaux ou moyens visant à améliorer les qualités humaines par les nanotechnologies, les biotechnologies ou encore les cellules souches.
En revanche, le professeur Scheufele a souligné que l’ignorance n’avait aucun rapport avec les doutes moraux sur les nanotechnologies, dans la mesure où le sondage montre que les interrogés sont bien informés sur les nanotechnologies et ses avantages potentiels. Pour lui, il n’est donc pas utile d’informer les gens, puisqu’ils le sont déjà, et malgré cela, toujours opposés à ces technologies pour des raisons religieuses.
M. Scheufele pense que les résultats de ce sondage influenceront la manière dont les experts expliquent les technologies et ses applications à l’avenir. Cela signifie également que la communauté scientifique doit mieux placer les technologies dans leur contexte et mieux comprendre l’opinion du public américain.
Cette étude menée par le Madison Survey Center de l’université du Wisconsin a révélé que seuls 29,5 % des Américains trouvaient les nanotechnologies moralement acceptables, tandis que des pourcentages significativement plus élevés ont été enregistrés en Europe. 54 % des interrogés au Royaume-Uni, 63 % en Allemagne et 72 % en France n’ont pas d’objections morales contre les nanotechnologies.
Une récente enquête
de l’Eurobaromètre sur les biotechnologies et les sciences biologiques a également mis en exergue des différences frappantes entre les opinions publiques européennes et américaine sur les aliments génétiquement modifiés et les nanotechnologies. Alors que les Européens sont vivement opposés aux OGM et soutiennent largement les progrès dans les nanotechnologies, considérées comme utiles à la société et moralement acceptables, aux Etats-Unis les opinions sont inversées.
D’après la Commission européenne, l’opinion publique peut faire obstacle à l’innovation technologique et être à l’origine de fossés technologiques spécifiques entre les Etats-Unis et l’Europe.
Début février 2008, la Commission a adopté un code de bonne conduite pour une recherche responsable en nanosciences (EurActiv 12/02/08).
L’éxecutif européen espère que les Etats membres utiliseront ce document pour promouvoir le dialogue sociétal sur les nanotechnologies afin d’améliorer la compréhension et l’implication du grand public dans le développement de nouvelles technologies, par exemple.