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4 juillet 2008
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Le financement de la recherche sur les cellules souches divise l'UE [FR][en][de

Publié: lundi 24 juillet 2006   

Les ministres européens de la recherche doivent décider d'allouer ou non des fonds européens à la recherche sur les cellules souches. Des considérations éthiques et religieuses concernant le status des embryons humains sont à l'origine de divisions et rendent incertaine l'issue de la réunion.

Contexte:

A la suite des amendements votés par le Parlement, la Commission a présenté, le 29 juin 2006, une proposition révisée pour le programme de l'UE dans le domaine de la recherche pour la période 2007-2013 (voir EurActiv 29 juin 2006).

Les ministres européens de la recherche se réuniront à Bruxelles le 24 juillet 2006 afin de décider de donner ou non leur feu vert au 7ème programme-cadre de recherche d'une valeur de 54,5 milliards d'euros. Cependant, l'essentiel du débat portera sur la décision d'autoriser le financement de la recherche sur les cellules souches dans l'UE. 

La proposition actuelle autorise le financement au cas par cas de projets de recherche sur des cellules souches, après examen de ces projets par des comités éthiques nationaux et européens. 

Cependant, l'Allemagne a pris la tête d'un groupe d'Etats membres qui estime que cette proposition est intolérable et que le budget de l'UE ne doit en aucun cas servir à financer des recherches qui sont interdites dans certains Etats membres. 

Dans le même temps, aux Etats-Unis, le Président Bush a, le 19 juillet 2006, utilisé son droit de veto contre un projet de loi du Congrès qui autorise le financement, par des fonds fédéraux, de recherches sur des cellules souches embryonnaires. 

Autres articles:

Une cellule souche est une cellule primaire qui peut se développer dans la plupart des différents types de cellules du corps humain (cellules sanguines, cellules du coeur, cellules cérébrales, etc.).

Les cellules souches peuvent être extraites de tissus adultes sans pour autant blesser le sujet. Cependant, les chercheurs reconnaissent que les cellules souches 'adultes' ont une utilité limitée car elles sont peu nombreuses et ne peuvent produire qu'un nombre limité des 220 cellules humaines. 

Les cellules souches peuvent désormais être aussi développées en laboratoire, ce qui signifie que des recherches peuvent être faites en utilisant des cellules souches existantes. Cependant, de telles cellules se dégradent progressivement et deviennent alors inutiles pour la recherche. 

Ce sont en fait les embryons humains qui constituent la source la plus riche en cellules souches. Les chercheurs peuvent utiliser les embryons congelés restants dans les cliniques après une tentative de fécondation in vitro (FIV).

Cependant, la recherche sur les embryons humains est un sujet de controverse car l'extraction des cellules souches provoque la mort de l'embryon. De nombreuses associations de défense de la vie considèrent donc de telles pratiques comme meurtrières. 

Selon les défenseurs de la recherche sur les embryons humains, celle-ci pourrait permettre aux scientifiques de trouver des remèdes à des maladies telles que la maladie de Parkinson, le diabète ou les crises cardiaques. 

Selon les résultats d'une étude Eurobaromètre sur les biotechnologies et les sciences de la vie, publiée en juin 2006, une majorité de citoyens européens sont favorables à la recherche sur les cellules souches (59%), même si la plupart souhaitent une réglementation plus stricte. Seuls 9% des personnes interrogées refusent dans tous les cas la recherche sur les cellules souches (Voir EurActiv, 21 juin 2006). 

Positions:

Le commissaire européen en charge de la recherche, Janez Potočnik, a souligné son "profond respect pour l'opinion personnelle de chacun". Il a ajouté que la Commission européenne était "convaincu que, considérant la diversité des approches existant en Europe, nous ne pouvons que proposer une approche responsable, prudente et concrète, qui passe par une évaluation et une sélection au cas par cas des projets de recherche et qui exclut certains domaines spécifiques de recherche". 

L'Allemagne s'oppose vivement à cette idée. Sa ministre en charge de la recherche, Annette Schavan, a envoyé, le 20 juillet, une lettre à la présidence finlandaise déclarant que "le programme communautaire dans le domaine de la science ne doit pas servir à proposer des incitations financières pour tuer des embryons", et que "la proposition actuelle de la Commission et du Parlement n'exclut pas ce genre de pratique". 

Jusqu'ici, l'Allemagne a obtenu le soutien de l'Autriche, de la Pologne, de la Lituanie, du Luxembourg, de la Slovaquie et de Malte, totalisant 87 voix au Conseil, soit trois voix de moins que la minorité de blocage. 

La Slovénie a pour l'instant une position hésitante. Sa décision est capitale étant donné qu'elle dispose de quatre voix, ce qui suffirait pour rejeter le projet ou non. 

L'Irlande, l'Italie, l'Espagne et la France, où l'église catholique est assez forte, ne se sont pas encore opposées à cette proposition, et ce étant donné que le texte précise que les législations nationales priment et que par conséquent les recherches sur les cellules souches financées par l'UE ne pourront avoir lieu dans des pays interdisant de telles pratiques. Néanmoins, un revirement de dernière minute de ces Etats n'est pas exclu étant donné le lobbying intense de l'Allemagne. 

Lord Martin Rees, président de la Britain's Royal Society, a écrit au ministre britannique en charge des questions scientifiques, afin d'apporter son soutien à la proposition actuelle d'autoriser le financement européen de recherches sur les cellules souches. Selon lui, "la semaine dernière, les Etats-Unis ont décidé de rester en retrait sur cette question, empêchant ainsi de développer au niveau mondial des remèdes dont pourraient bénéficier des millions de gens, [...] Il semble désormais que certains pays souhaitent également ralentir la progression de l'UE sur cette question". 

A la suite de son refus de signer le projet du Congrès autorisant l'utilisation de fonds fédéraux dans la recherche sur les cellules souches embryonnaires, le Président Bush a déclaré : "Ce projet dépasse une frontière morale que notre société doit respecter, j'y ai donc mis mon veto". 

Prochaines étapes:

  • 29 juin 2006 : La Commission a présenté sa proposition amendée au Conseil et au Parlement.
  • 24 juillet 2006 : Réunion du Conseil Concurrence.
  • La seconde lecture au Parlement aura probablement lieu le 29 novembre 2006.

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