La Finlande va accueillir des centres d'excellence internationaux, établis comme des sociétés à responsabilité limitée à but non lucratif, dans des domaines-clés pour la science et l'innovation tels que l'énergie et l'environnement ou la santé. En parallèle, une modernisation rapide de l'enseignement supérieur s'est amorcée.
Le Conseil finnois de la politique scientifique et technologique a proposé en juin dernier la création et le développement de centres d'excellence internationaux dans cinq domaines-clés pour la science, la technologie et l'innovation : énergie et environnement; métaux et ingénierie mécanique; forêts; santé et bien-être; industrie et services de communication et d'information.
Ces centres devraient fournir des recherches précompétitives de grande qualité ainsi que des résultats technologiques qui pourraient essentiellement être utilisés par les entreprises pour renforcer leur positionnement sur le marché international. Ces centres devraient attirer des entreprises et des experts internationaux venus de l'étranger pour travailler en Finlande.
Martti af Heurlin, directeur général de Tekes, principal organisme public de financement pour le développement et la recherche industrielle et les projets innovants en Finlande a déclaré : "un petit pays comme la Finlande ne peut pas être doué dans tout - nous devons faire des choix".
Raimo Väyrynen, président de l'Académie de Finlande qui finance la recherche fondamentale, a ajouté : " l'idée de base de ces centres est de rassembler des ressources différentes - connaissance, R&D, entreprises, universités, instituts de recherche - et d'essayer une nouvelle manière de combiner les ressources d'un petit pays".
Selon Väyrynen, cette "nouvelle manière" se traduit par la création de ces centres, en tant que sociétés à responsabilité limitée sans but lucratif, au sein desquelles des acteurs divers s'engagent sur le long terme. "Dans une société, l'engagement des acteurs est plus fort que dans de vagues collaborations temporaires". Il a ajouté que ces nouvelles sociétés ne seraient pas de grosses structures mais plutôt de petites sociétés pratiques, composées d'une équipe d'environ 6 personnes pour coordonner la coopération des acteurs. Tekes et l'Académie de Finlande partagent la responsabilité d'initier la réunion des acteurs.
Interrogés sur l'existence ou non d'un fossé entre l'industrie et le monde universitaire en Finlande, les dirigeants des deux organisations n'ont pas semblé comprendre la question. Heurlin a réagi : "A chaque fois que nous menons un programme de projets avec une entreprise, notamment une grande compagnie, les universités sont toujours impliquées comme partenaires de programme ou universités coopérantes. En Finlande, même les PME coopèrent plus activement avec les universités que dans d'autres pays".
Väyrynen a poursuivi : "Il y a trois ans, la Finlande a modifié sa législation sur les universités; les relations entre la société et l'université (notamment celles entre l'université et les entreprises) ont alors été inscrites dans la loi comme étant la troisième mission des universités, après l'enseignement et la recherche. Par conséquent, les universités ont pour obligation de regarder autour d'elles pour voir comment elles peuvent promouvoir le développement et le bien-être régional de la société". Il a ajouté que "pendant longtemps, on avait interdit aux universités de prendre part au démarrage des entreprises, et ce n'est que récemment qu'on a modifié la législation afin de leur permettre de devenir ainsi des partenaires actifs des entreprises".
Une autre avancée dans la législation finnoise sur les universités est en cours. Le conseil d'Etat a proposé, le 8 novembre 2006, d'accroître les possibilités pour les universités de s'autofinancer en leur accordant leur propre budget externe, qui ne serait pas lié au financement public de l'Etat aux universités. Les universités auront ainsi le droit d'accepter un financement philanthropique de la part de fondations ou d'entreprises, de décider et de gérer elles-mêmes leur budget. La loi devrait entrer en vigueur en 2007. Les universités resteront des universités d'Etat et leur fonctionnement sera garanti par des fonds publics.
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