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Des salaires plus élevés contribuent à attirer les chercheurs de haut niveau [FR]

Publié 09 avril 2009
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Des salaires élevés, une charge d’enseignement modéré et des infrastructures de haute qualité sont des éléments essentiels pour convaincre les meilleurs professeurs de venir mener des recherches dans les universités européennes. C’est ce qu’a déclaré un chercheur français de haut niveau basé aux Etats-Unis, lors d’un entretien avec EurActiv. 

Le Pr. Jean-Claude Latombe, professeur au Artificial Intelligence Laboratory de l’Université de Stanford, a déclaré qu’il était presque impossible d’être simultanément chercheur et professeur de haut niveau.

Toutefois, il a rejeté l’idée que le financement et les structures organisationnelles sont au centre de l’excellence et de l’innovation dans l’enseignement supérieur. 

« Dans l’ensemble, je ne pense pas que le fait que l’université soit privée ou d’Etat soit le problème clé. Ce qui compte vraiment pour une université de recherche est de recruter les meilleurs professeurs et d’admettre les meilleurs étudiants, afin d’encourager non seulement la diversité des personnes, mais aussi celle des idées, et de créer une atmosphère pleine de vie, dans laquelle l’excellence, l’impact et la créativité sont valorisées par tous, au bénéfice de tous », a-t-il déclaré à EurActiv. 

Le Pr. Latombe, qui a été membre d’un groupe d’experts externes qui a évalué la recherche à l’INRIA, l’Institut français de recherche en informatique et en automatique, a décrit la disparité entre les salaires européens et américains comme importante, mais a déclaré qu’il existait une série de facteurs contribuant à l’attrait d’un institut de recherche. 

« Les salaires ne sont qu’un détail du tableau. A l’INRIA et dans les universités de recherche, la qualité des collègues et des étudiants est même plus essentielle pour attirer de nouvelles personnes excellentes », a-t-il indiqué. 

Certains professeurs d’université de chaque côté de l’Atlantique sont surchargés, donnant des centaines d’heures de cours par an, rendant difficile toute compétition avec d’autres chercheurs de haut niveau, selon l’expert français en intelligence artificielle. 

« Il est quasiment impossible de faire de la recherche de pointe et d’être un excellent professeur, lorsque la charge de cours d’un professeur approche des 200 heures annuelles. La qualité de l’infrastructure est également très importante ». 

« Au final, toutefois, les salaires jouent un grand rôle. Ils reflètent la valeur qui est attribuée au travail d’un professeur. Au fil du temps, les bas salaires sont démoralisants, car ils envoient aux professeurs – même s’ils aiment leur travail – le message qu’ils ne sont pas suffisamment appréciés », a expliqué le Pr. Latombe. 

Il a ajouté que des salaires plus hauts encouragent les personnes à se dépasser afin de justifier leurs salaires, et que la rémunération dans les universités américaines de recherche de haut niveau était plus élevée que celle de leurs homologues européens. 

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici

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