Cette annonce est survenue suite à une réunion extraordinaire du Groupe « Terrorisme » (TWP) et du Groupe sur le contre-terrorisme (COTER) du Conseil organisée à Bruxelles par la présidence polonaise, avec la participation des autorités norvégiennes.
Les représentants norvégiens ont apporté des informations à leurs homologues européens sur la fusillade et l'attentat à la bombe qui ont fait 76 morts, puis ont présenté les termes de la « Commission 22 juillet » que le premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, compte mettre en place pour enquêter sur ce massacre.
Le débat, qui a impliqué des représentants d'Europol, du Service européen pour l'action extérieure et de la Commission, ainsi que des groupes de lutte antiterroriste, avait pour objectif de donner aux représentants l'opportunité de présenter leurs condoléances et d'exprimer leur solidarité à la Norvège et au peuple norvégien.
Solidarité et répression
Toutefois, le but était également d'échanger des informations et des analyses, mais aussi de commencer à tirer les leçons de cette stratégie afin de mieux prévenir et répondre à ce genre d'attaques à l'avenir.
Timothy Jones, le représentant du coordinateur de la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, a dit aux journalistes qu'une série de mesures avait été envisagée lors de la réunion, notamment l'utilisation d'un nouveau réseau Europol, voué à coordonner les renseignements liés au terrorisme.
Il a déclaré que d'autres mesures suivraient lorsque la Commission 22 aurait rendu ses conclusions en Norvège. Il s'agira notamment de contrôles plus stricts sur la fabrication et la vente de matériaux tels que les engrais, utilisés par des terroristes, comme Anders Breivik, pour fabriquer des bombes artisanales,
Le Conseil avait déjà envisagé de telles mesures, a précisé M. Jones, mais elles deviendront une priorité étant donné les récentes attaques.
Des psychologues à la rescousse
Il a ajouté que des conseillers sur la lutte antiterroriste, originaires de différents Etats membres, seraient également invités en temps utile pour tenter de déterminer la meilleure manière de prévenir et de gérer le genre d'impulsions psychologiques qui ont perturbé M. Breivik, afin d'identifier ce genre de cas avant qu'une catastrophe ne se produise.
Lorsqu'un journaliste lui a demandé s'il était convaincu que M. Breivik avait agi seul, M. Jones a répondu : « Il est clair qu'il était en contact avec d'autres personnes, mais l'ampleur et la nature de ces contacts ne sont pas encore clairement établies. Nous devons attendre les résultats de l'enquête de police et de la commission norvégienne ».
La Commission 22, approuvée par tous les partis politiques norvégiens, analysera les faits et notamment la rapidité de la police lors de la seconde attaque d’Anders Behring Breivik sur l'île d'Utoeya. Leur rapidité d'action a en effet été remise en question.
Le TWP rassemble des experts des Etats membres pour les questions du terrorisme intérieur et représente surtout les ministères de l'intérieur. Les experts du COTER viennent des ministères des affaires étrangères et se concentrent quant à eux sur les questions du terrorisme extérieur. Ces deux groupes se réunissent séparément sur une base régulière et organisent des réunions conjointes tous les trois mois.
Le bureau du coordinateur de la lutte contre le terrorisme participe aux réunions des deux groupes, et il est responsable de la coordination de l'action globale de l'UE sur le terrorisme.




