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Il est impossible de concevoir l’Europe de la défense comme un projet pour l’ensemble des 27 Etats membres étant donné que tous ne partagent pas la « même ambition ». C’est ce qu’a déclaré Hervé Morin, ministre français de la Défense, dans un entretien exclusif à EurActiv France.
Néanmoins, il y a des motifs justifiant une coopération accrue entre chacun des Etats membres. « Notre idée a donc été de mettre sur la table une série de propositions tout en sachant que certaines s’adressent plus à un certain nombre qu’aux 26 autres », a indiqué M. Morin, soulignant que c’est ainsi que l’Europe se construit dans de nombreux autres domaines politiques.
M. Morin est toutefois confiant quant à un accord parmi les 27 pour sensibiliser le public et l’armée face au besoin d’une capacité de défense européenne ou d’un « Erasmus militaire ». Le projet devrait se concentrer sur la formation militaire en encourageant les échanges entre les jeunes officiers européens, sur la coordination des plans d’évacuation des ressortissants européens et sur la surveillance des zones maritimes européennes.
« Tout ce que nous avons mis sur la table aboutira », a affirmé M. Morin, expliquant que la présidence française de l’UE avait reçu un retour positif par rapport aux mesures envisagées.
M. Morin s’est aussi déclaré optimiste à propos des informations envoyées par l’administration Bush, qui a changé selon lui sa position par rapport à la défense européenne. Reprenant les paroles de son homologue américain Robert Gates, il a en outre affirmé « qu’il n’y a plus d’hostilité des Américains à l’Europe de la défense, ils ont bien compris qu’elle constituait un moyen d’améliorer les capacités globales de la défense ».
Le ministre français de la Défense a expliqué qu’en concevant « un système sur lequel personne ne bloque », la présidence française a fait en sorte que chaque Etat membre puisse décider de s’engager « comme il l’entend ». Par exemple, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie ne prendront pas part à la flotte aérienne multinationale basée sur l’A400M, mais ces pays y trouveront « un moyen de compenser leurs insuffisances en termes de transport », a-t-il indiqué.
Pour lire l’entretien dans son intégralité sur le site d’EurActiv France, cliquez ici.